Il faut vivre avec un ou plusieurs enfants hyperactifs pour comprendre ce que ça veut dire... De vraies petites boîtes à surprise ! Il ne faut surtout pas être trop « insécure », trop impulsif soi-même ou rêver d'une petite vie tranquille et prévisible...
Un papa me disait dernièrement qu'il ne faisait pas garder son fils atteint du T.D.A.H (trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité) parce qu'il trouvait cela trop difficile quand celui-ci revenait à la maison. Il goûte et savoure un calme bien mérité pendant quelques heures ou quelques jours puis, il retombe dans une atmosphère de stress intense en l'espace de quelques minutes. Il se sent alors envahi de façon très agressante car les enfants ayant un T.D.A.H. sont sensibles aux transitions et donc plus agités.
Des indices révélateurs
On reconnaît l'enfant atteint du syndrome du T.D.A.H. par l'observation de différents symptômes qui perdurent depuis au moins six mois et qui sont présents de façon constante. Bien entendu, on doit pouvoir répertorier au moins quelques signes révélateurs avant de penser au T.D.A.H. Les symptômes d'inattention font référence à l'enfant qui éprouve des difficultés à soutenir son attention pendant les jeux ou, pour les enfants plus âgés, pendant les périodes de devoirs.
C'est un enfant qui bouge beaucoup, virevolte d'une activité à l'autre et qui semble incapable de s'asseoir et rester tranquille pour un court laps de temps. Il a de la difficulté à écouter les consignes, à organiser ses activités, à faire des tâches parce que ça lui demande trop d'efforts soutenus et se laisse distraire par tous les stimuli environnants. C'est l'enfant qui oublie de faire certaines choses, qui perd des objets et qui semble avoir de la difficulté à écouter lorsqu'on lui parle personnellement.
Au niveau de l'hyperactivité, on remarque que l'enfant remue souvent les pieds et les mains ou alors il se tortille quand il est assis. Il se lève souvent en classe ou dans d'autres situations où il devrait rester assis. Il court, il grimpe partout alors que ce n'est ni le lieu ni le moment de le faire. Cette agitation est quotidienne. C'est souvent un enfant qui parle trop.
Du côté de l'impulsivité, on s'aperçoit que l'enfant a souvent du mal à attendre son tour, interrompt les jeux des autres et impose sa présence. Il peut vouloir répondre à des questions avant même qu'on ait fini de les poser. L'enfant impulsif n'a pas le temps de réfléchir avant d'agir et réagit souvent de façon inappropriée et finit par avoir toute l'attention.
Malheureusement, l'enfant reçoit surtout de l'attention négative et cela fini par avoir un effet désastreux sur son estime et sa confiance en lui. C'est pourquoi il faut trouver des solutions et chercher des intervenants qui comprennent bien l'ensemble de la problématique. En effet, les enfants qui souffrent du T.D.A.H. ont aussi d'autres difficultés qui s'y rattachent. On pense entre autres à l'impulsivité, l'immaturité, les comportements agressifs, les difficultés scolaires, l'obstination permanente et les problèmes de langage.
Plusieurs intervenants-es (orthophoniste, psychoéducateur, psychologue, travailleur social, ergothérapeute, pédopsychiatre, pédiatre, ...) peuvent être amenés à s'impliquer auprès de l'enfant et de sa famille. Car il faut se rappeler que pour un enfant atteint du T.D.A.H., il y a les membres de sa famille, ses professeurs, ses gardiens, ses amis, etc qui, eux aussi, finissent par être en détresse. Il faut donc s'assurer que chacun ait accès à un soutien adapté à ses besoins particuliers.
La médication fait partie de l'équation car, sans celle-ci, l'enfant n'arrive souvent pas à diminuer son niveau d'impulsivité et vit une série de frustrations qui s'accumulent de jour en jour. Il faut donc que le pédiatre de l'enfant puisse répertorier avec les parents les symptômes du T.D.A.H. et qu'il prescrive des doses minimales afin d'intégrer le traitement en douceur et vérifier les effets sur l'enfant. Jusqu'à sept ans, le diagnostic comme tel n'est souvent pas officiel car l'enfant est en plein développement et on peut réaliser au bout du compte qu'il souffre de d'autres problèmes, associés ou non.
La médication adéquate permet à l'enfant de garder sa vitalité et son énergie tout en ayant un effet régulateur sur sa capacité à contrôler son impulsivité, à pouvoir se concentrer, à pouvoir s'appliquer lorsqu'il effectue une tâche et à intégrer de nouveaux apprentissages. De plus, sa maturité peut se développer, ses liens avec son entourage s'améliorent et se solidifient, il vit de plus en plus de succès et arrive à se sentir fier de lui.
L'épuisement qui faisait partie du lot de sa famille peut enfin se résorber et la disponibilité parentale dans la recherche de solutions et dans l'application de celles-ci est enfin présente. La vie familiale s'en trouve améliorée et l'enfant sort gagnant grâce au traitement et aux services qui sont mis en place pour lui et les siens.
Je vous laisse avec une suggestion de lecture : « Apprivoiser l'hyperactivité et le déficit de l'attention », Colette Sauvé, Éditions de l'hôpital Sainte-Justine, 2000.

