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Quand le sommeil est problématique

Publié le 2 Juin 2012
Publié le 29 Mai 2012
Chantal David  RSS Feed
Sujets :
Bras de Morphée

Dormir est un besoin de base pour l’enfant mais aussi pour ses parents. Suite à ma dernière chronique sur le sommeil des tout-petits et sur l’importance de la routine pour le régulariser, des parents m’ont posé des questions face à des difficultés qu’ils rencontrent.

Mon enfant ne veut pas se coucher

Une mère me demande quoi faire avec sa fille de deux ans qui ne veut pas se coucher. Elle pleure et crie quand sa mère l’amène dans sa chambre. Elle se relève plusieurs fois en demandant de l’eau, elle veut aller aux toilettes, dit avoir peur, tous les moyens sont bons pour ne pas rester dans son lit. La petite finit par se retrouver dans le lit de sa mère et lorsqu’elle dort celle-ci va la reconduire dans sa chambre. Mais pendant la nuit, la petite peut se relever trois ou quatre fois en pleurant et aller se recoucher avec sa mère à nouveau. Elle réussit parfois à passer la nuit complète dans le lit de sa mère car cette dernière, épuisée, finit par céder pour avoir la paix et dormir! Ce qui est compréhensif!

Il n’est pas nécessaire pour moi de savoir pourquoi cela a commencé car peu importe les raisons, les résultats sont les mêmes! Souvent il suffit de quelquefois où le parent a cru inoffensif de laisser « gagner » l’enfant pour qu’il dorme enfin.   Dans un premier temps, le parent peut chercher des exceptions au problème. En effet, il peut retrouver les souvenirs de moments où l’enfant dort mieux, s’endort plus vite, reste dans son lit, etc. Lorsqu’il revoit ce ou ces moments, il faut alors décrire le contexte. Par exemple, la mère de la fillette pourrait réaliser que celle-ci dort mieux quand elle dépense plus d’énergie le soir avant de se coucher ou que quand Madame fait une routine avant le dodo, ça va mieux. Dans ces moments-là, elle lui lit une histoire après lui avoir donné le bain ou elle lui chante une ou deux chansons pour l’endormir en la frottant dans le dos. La mère de l’enfant peut observer également si l’heure à laquelle elle la couche est appropriée. En effet un quinze ou vingt minutes avant ou après l’heure habituelle du coucher peut convenir davantage. Il est important de coucher l’enfant aux mêmes heures tous les soirs tout en restant flexible. Ce sont les écarts de plus d’une demi-heure qui peuvent devenir nocifs. Surtout, il faut éviter de laisser l’enfant décider de l’heure à laquelle il se couche. Et quand ce moment est arrivé, il doit être clair qu’il n’est pas question de se relever (à moins d’urgence!) ce qui sous-entend que tous ses besoins ont été satisfaits avant. Le bout le plus difficile est la persévérance parentale, c’est-à-dire de retourner coucher l’enfant autant de fois qu’il le faut pour qu’il comprenne qu’il doit rester dans son lit. La nuit aussi, il faut le remettre dans son lit. Avec le temps, le parent le fera de moins en moins, jusqu’à ce que le problème soit réglé. L’idéal est de sécuriser l’enfant dans son propre lit, dans sa chambre.

Il y a un monstre dans le placard

L’enfant a peur parfois la nuit surtout à l’âge de l’imaginaire entre trois et six ans. Un père me racontait récemment que son enfant de quatre ans se réveillait toutes les nuits depuis deux mois en pleurant et en disait qu’il venait de faire un « mauvais rêve ». Souvent, il se souvient de son cauchemar en partie. Il y a toujours un « méchant » qui le menace dans sa sécurité. Il peut être difficile à consoler. Son père prend le temps de le bercer et de le rendormir dans son petit lit. En discutant avec lui, il se rend compte que son fils réagit ainsi depuis qu’il a commencé à travailler de soir. Il arrive à minuit et demi, et son fils se réveille vers les quatre heures du matin en sanglots. La conjointe de Monsieur se rend compte que son garçon est plus stressé quand vient le temps du coucher. Il a besoin d’être beaucoup rassuré.

C’est une situation qui revient souvent car les enfants vivent du stress face à toute situation de changements; un déménagement, une séparation des parents, un changement de garderie, des punitions, etc. Dans la situation qui nous concerne, les parents ont compris que leur enfant avait besoin d’être sécurisé avant le coucher mais aussi dans la journée. Avec sa propension à imaginer des monstres et des dangers possibles, l’enfant se fait des scénarios qu’il croit dur comme fer! Ce que ses parents font avec lui c’est de trouver des façons de se débarrasser des monstres de façon créative et amusante. Par exemple, il le met dans une toute petite boîte après l’avoir écrasé avec ses pieds. L’idée est d’expérimenter qu’il est plus fort que le monstre. L’enfant a besoin de devenir un acteur dans sa vie et de ne pas rester dans le sentiment d’impuissance ou de victime trop longtemps. Le cauchemar même s’il est effrayant est normal et nécessaire à l’enfant. Il permet à celui-ci d’évacuer les tensions amenées par des émotions fortes. Par contre, un enfant qui expérimente des terreurs nocturnes va avoir des manifestations physiques de peur telles des battements de coeur rapides, de la transpiration, des nausées, etc. Il est dans une phase de sommeil profond et ne se souviendra de rien au réveil. Ses gestes seront désordonnés et il pourra crier voire hurler de terreur. Le parent a avantage à ne pas le réveiller puisqu’il pourrait se sentir encore plus mal. Quand il s’agit d’un cauchemar, les parents peuvent consoler l’enfant et le rassurer.

Pour éviter les terreurs nocturnes, les spécialistes croient que d’éviter les sucres avant de se coucher et de respecter les besoins de sommeil prolongé peut aider. Dans tous les cas, d’apprendre à l’enfant à se défendre contre ceux qui lui veulent du mal dans ses cauchemars est gagnant pour lui. Que pourrait-il dire ou faire face à tel personnage de son rêve effrayant?

Comme parent, il est important de refaire les interventions qui ont déjà fonctionné pour l’enfant afin de l’aider à aller mieux. Une phrase rassurante avant le dodo permet à l’enfant de se laisser aller dans les bras de Morphée avec plus de calme. Voici une suggestion de livre pour enfant ;« Il y a un cauchemar dans mon placard » de Mercer Meyer, Folio Benjamin, 1998 (pour enfants de 4 ans et plus). 

Bonne nuit, beaux rêves !!

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