Chaque année, 13 000 jeunes de moins de 24 ans se blessent au travail au Québec et sept d'entre eux meurent. Chaque jour, 37 sont victimes d'un accident à leur emploi. Dans la région de Marieville, c'est un jeune par semaine qui se mutile, se coupe, s'estropie, tombe, etc. L'un des responsables ? Le manque de formation.
« Nous ne sommes pas conscients du danger. C'est parce que personne ne nous l'a expliqué. On est trop orgueilleux pour poser des questions. Il n'y a pas 10 solutions, il y en a une, c'est de demander une formation. Vous avez un rôle à jouer dans la prévention des accidents », a lancé le comédien et porte-parole de la CSST, Claude Legault, dans une vidéo présentée aux élèves de cinquième secondaire de l'école Monseigneur Euclide-Théberge, à Marieville.
Avant d'entrer dans le cœur du sujet, les deux intervenants venus sur place le 15 mars pour sensibiliser les jeunes aux risques et aux conséquences d'un accident de travail ont démystifié ce qu'était la CSST.
« La CSST offre du soutien aux travailleurs et aux employeurs dans leurs démarches pour éliminer les dangers présents dans les milieux de travail. Elle a aussi un volet d'indemnisation et de réadaptation. Ce sont seulement les employeurs qui paient pour ça », a expliqué le conseiller en prévention jeunesse, Martin Bergeron, en compagnie de sa collègue Geneviève Croteau.
Droits et obligations
Si 54 % des accidents chez les jeunes surviennent dans les six premiers mois du nouvel emploi, 75 % des blessures au travail surviennent chez les garçons. Ceux-ci sont plus présents dans les emplois physiques comme le domaine de la construction ou de l'entreposage.
Le manque d'expérience et de formation, le sentiment d'invincibilité ainsi que le désir de prouver leur capacité font en sorte que les jeunes se blessent.
« L'employeur est dans l'obligation de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé de ses employés. Il doit leur offrir des formations et de l'entraînement, les informer des risques et leur fournir de l'équipement pour être en sécurité », a continué M. Bergeron en précisant à un élève que son patron est obligé de lui fournir ses bottines de travail, ce qui n'est pas le cas.
De leur côté, les travailleurs ont la responsabilité de protéger leur sécurité et celle des autres tout en respectant les règles de santé et de sécurité. Ils doivent aussi participer à l'élimination des dangers et surtout porter leurs équipements de protection.
Les élèves réunis ont aussi appris que même si un étudiant travaille à temps partiel ou encore s'il est dans un stage non rémunéré, celui-ci est couvert par la CSST.
« En tant que parent, questionnez votre enfant sur son travail. En tant que jeune, posez les questions et exigez une bonne formation. En tant qu'employeur, sachez que la vie ou un membre, ça n'a pas de prix. Faites attention à vos employés », a conclu dans une vidéo Marc-André Chabot, qui à l'âge de 23 ans, a perdu sa main en lavant une machine industrielle.
Questions à poser au début d'un nouvel emploi
Quels sont les risques de cet emploi ?
Est-ce que je dois suivre une formation pour pouvoir faire mon travail en toute sécurité ?
Quelles sont les règles et les consignes de sécurité ?
Quelles sont les méthodes de travail sécuritaires ?
Dois-je porter des équipements (casque, lunettes, etc.) ou utiliser du matériel (diable, chariot, etc.) pour me protéger ?
Que dois-je faire en cas d'accident du travail ?
Quelles sont les mesures d'urgence (incendie, déversement de produits chimiques, etc.) à appliquer ?
À qui dois-je m'adresser si j'ai des questions concernant la santé et la sécurité du travail ?
(Source : jeunesautravail.com)