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Santé

Le jeûne intermittent pourrait profiter aux patients atteints d'une MII

durée 18h00
17 février 2026
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Par La Presse Canadienne

Le jeûne intermittent semble soulager les symptômes des patients atteints d'une maladie inflammatoire de l'intestin (MII) comme la maladie de Crohn, ont constaté des chercheurs canadiens.

Plus spécifiquement, les chercheurs de l'Université de Calgary et de l'Université de la Colombie-Britannique ont mesuré une réduction importante de l'activité symptomatique de la maladie et de l'inflammation systémique chez les sujets qui se sont alimentés à l'intérieur d'une fenêtre de huit heures, puis ont jeûné pendant les seize autres.

«Il y a quand même des données qui semblent suggérer que le jeûne intermittent peut être bénéfique à différents niveaux dans la population générale, a commenté le docteur Roy Hajjar, qui est chirurgien colorectal au Centre hospitalier de l’Université de Montréal.

«Mais c'est sûr que cette nouvelle évidence chez les patients qui sont atteints d'une maladie inflammatoire de l'intestin ouvre une porte vers d'autres façons d'approcher ces maladies chroniques.»

Ces maladies, a-t-il rappelé, «nécessitent des traitements à long terme pour contrôler l'inflammation, donc si une mesure non médicamenteuse comme le jeûne intermittent peut aider, pourquoi pas?»

L'étude a porté sur 35 sujets en situation de surpoids ou d'obésité, dont 25 qui ont adopté une alimentation à durée limitée. Chez ceux-ci, en 12 semaines, les auteurs de l'étude ont vu une réduction de 40 % de l'activité de la maladie (la fréquence des selles) et de 50 % de l'inconfort abdominal.

De plus, les patients qui ont adopté le jeûne intermittent ont perdu environ 2,5 kilos, tandis que les patients du groupe contrôle ont plutôt pris 1,7 kilo ― et ce, même si l'alimentation des deux groupes était comparable.

«Cet essai contrôlé randomisé fournit des preuves prometteuses qu'une alimentation à durée limitée peut réduire l'activité clinique de la maladie de Crohn chez les patients avec surpoids ou obésité, y compris chez les patients en rémission, ce qui suggère un rôle potentiel dans le maintien d'une rémission à long terme», écrivent les chercheurs canadiens.

De plus, poursuivent-ils, l'alimentation à durée limitée a «amélioré de manière significative la composition corporelle en réduisant l'indice de masse corporelle et l'adiposité viscérale, accompagnée de changements favorables dans les cytokines pro-inflammatoires et les adipokines».

Le profil du microbiome intestinal des patients qui ont jeûné s'est aussi amélioré ― ce qui soulève, comme c'est souvent le cas, la sempiternelle question de la poule et de l'œuf: est-ce que l'amélioration de la flore intestinale des patients est à l'origine de la perte de poids et de l'amélioration des autres marqueurs, ou bien ces améliorations ont-elles eu un impact favorable sur le microbiome?

«Les auteurs décrivent qu'il y a eu un changement dans le profil de microbiome vers des bactéries qui produisent des acides gras à chaîne courte, et moi, je suis un grand fan des acides gras à chaîne courte parce qu'on sait qu'ils sont bénéfiques contre l'inflammation, bénéfiques contre le cancer colorectal, bénéfiques en général pour la santé intestinale», a dit le docteur Hajjar.

Il importe toutefois d'apporter plusieurs bémols à cette étude, tout enthousiasmante soit-elle, ajoute-t-il. Dans un premier temps, les patients qui y ont participé étaient tous en rémission, à savoir que leur maladie était à ce moment quiescente et non en pleine poussée inflammatoire.

Les chercheurs ont également mesuré la quantité de calprotectine dans les selles de leurs patients, un «marqueur très sensible» qui est utilisé en clinique pour évaluer le degré d'inflammation intestinale, a dit le docteur Hajjar.

«Il n'y avait pas de différences entre les deux groupes, a-t-il fait remarquer. Ça n'invalide pas les résultats, peut-être que ça s'explique par le fait que la maladie était quiescente au moment de l'étude, mais ça nous donne beaucoup d'idées pour fouiller un peu plus loin pour voir ce qui se passe, exactement.»

Enfin, les participants à l'étude étaient tous en situation de surpoids ou d'obésité, et on ne peut pas savoir si les résultats obtenus seraient reproduisibles chez des sujets de poids normal.

De même, est-ce que les changements bénéfiques dans le microbiome «seraient reproduisibles chez tous les patients, ou seulement chez les patients dont le profil du microbiome n'était pas optimal à la base?», a demandé le docteur Hajjar.

«Des études comme ça, c'est très intéressant et très encourageant, ça donne un élan à investiguer parce qu'on sait qu'il y a un effet», a-t-il conclu.

Les conclusions de cette étude ont été publiées par le journal médical Gastroenterology.

Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne

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