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Droits de douane: réactions mitigées au Québec face à la décision de la Cour suprême

durée 13h28
20 février 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — La décision de la Cour suprême des États-Unis invalidant les droits de douane du président Donald Trump est accueillie de manière plutôt mitigée au Québec, les secteurs de l’acier, de l’aluminium et du bois d’œuvre restant sous l'imposition de taxes douanières américaines.

Le ministre de l'Économie, Jean Boulet, a indiqué que le gouvernement analysera les impacts de la décision du plus haut tribunal des États-Unis.

«À première vue, ses effets pour le Québec semblent limités», a-t-il commenté vendredi sur le réseau social X, notant que les exportations québécoises conformes à l'Accord de libre-échange Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) étaient déjà exemptées.

«Les tarifs américains sur l’acier, l’aluminium, le bois d’œuvre et d’autres secteurs clés demeurent en place et continuent de fragiliser nos industries, nos emplois et nos régions», a souligné M. Boulet.

La Cour suprême a annulé l'usage par M. Trump de la Loi sur les pouvoirs économiques en cas d'urgence internationale (IEEPA) pour justifier ses droits de douane imposés à plusieurs pays dans le monde, et des droits liés au fentanyl imposés au Canada, au Mexique et à la Chine.

Le tribunal est venu ainsi limiter son recours généralisé à des dispositions sur la sécurité nationale pour réorienter le commerce international.

Ce revers pour le locataire de la Maison-Blanche ne l'empêche toutefois pas de recourir à d'autres mécanismes pour imposer des droits de douane sectoriels aux industries de l’acier, de l’aluminium, des automobiles, du bois et autres.

Des intervenants des milieux économiques et syndicaux du Québec ont souligné que le jugement rendu vendredi est loin de mettre un terme à la guerre commerciale avec nos voisins du Sud.

La présidente de la CSN, Caroline Senneville, est du nombre.

«Nous saluons cette décision de la Cour suprême des États-Unis, mais tout n’est pas réglé pour l’économie québécoise. Un nombre important de tarifs américains continuent de toucher plusieurs de nos secteurs, tels que l’aluminium, l’acier, le cuivre et des produits forestiers», a-t-elle réagi dans une déclaration écrite.

Si le jugement de la Cour suprême «donne une victoire aux consommateurs et aux partenaires commerciaux américains (...), l’accès futur au marché américain demeure incertain», mentionne pour sa part l'Institut économique de Montréal (IEDM).

«Bien que cette décision soit une excellente nouvelle pour le libre-échange, ses répercussions sur le Canada demeurent limitées et nous ne sommes pas encore sortis du bois», soutient l'analyste principal en politiques publiques, Gabriel Giguère, dans un communiqué.

De plus, la révision de l'ACEUM prévue cette année plane encore au-dessus des relations canado-américaines, rappelle l'IEDM.

Dans ce contexte de renégociation, la présidente de la CSN appelle Ottawa à défendre les secteurs toujours touchés par les droits sectoriels et à «augmenter son soutien aux industries et aux travailleuses et travailleurs touchés».

— Avec des informations de l'Associated Press

Frédéric Lacroix-Couture, La Presse Canadienne