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La cote de popularité du premier ministre de la Nouvelle-Écosse est en chute

durée 16h12
21 mars 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

HALIFAX — La cote de popularité du premier ministre de la Nouvelle-Écosse semble avoir fortement chuté à la suite de coupes budgétaires controversées, qu’il a partiellement annulées face au tollé et aux manifestations.

Un sondage Angus Reid publié cette semaine indique que la cote de popularité de Tim Houston est tombée à 39 %, son plus bas niveau depuis son élection au poste de premier ministre en 2021.

Le sondage en ligne, réalisé entre le 11 et le 17 mars 2026, a révélé que la baisse de 11 points de M. Houston était la plus importante enregistrée par un premier ministre au pays.

Au cours des dernières semaines, plusieurs manifestations ont eu lieu devant le Parlement pour dénoncer les coupes prévues dans les subventions par son gouvernement. Le premier ministre a aussi été hué lors d'événements publics.

Alex Marland, politologue à l'Université Acadia, estime qu'il est logique que le premier ministre revienne sur certaines coupes budgétaires et présente ses excuses face à cette levée de boucliers.

«Parfois, ce revirement peut en fait jouer en votre faveur (…), il peut vous apporter beaucoup d’authenticité et de crédibilité. Dans une démocratie, le fait qu’un dirigeant soit à l’écoute du public est une excellente chose», a-t-il expliqué lors d’une entrevue.

«J'ai l'impression qu'il a attendu un peu trop longtemps», a-t-il ajouté.

M. Houston se classe sixième sur les neuf premiers ministres provinciaux interrogés par Angus Reid.

Le sondage suggère que le premier ministre du Québec, François Legault, est le moins populaire avec un taux d’approbation de 26 %, tandis que Wab Kinew, du Manitoba, et Susan Holt, du Nouveau-Brunswick, affichent respectivement le taux d’approbation le plus élevé et le deuxième plus élevé.

L'organisme professionnel du secteur des sondages, le Conseil de recherche et d'intelligence marketing canadien, affirme qu'il est impossible d'attribuer une marge d'erreur aux sondages en ligne, car ils ne procèdent pas à un échantillonnage aléatoire de la population.

Des coupes qui font mal

Le budget présenté par le ministre des Finances de Houston le 23 février prévoyait 304,9 millions $ de coupes budgétaires, avec une réduction des effectifs de la fonction publique et une diminution de 130,4 millions $ du financement destiné aux arts et à la culture, aux programmes mi’kmaq et afro-néo-écossais, ainsi qu’aux services aux personnes handicapées.

Réagissant aux premières critiques du public, le premier ministre a déclaré aux journalistes le 4 mars qu’il ne pouvait imaginer apporter la moindre modification au budget.

Mais six jours plus tard, M. Houston s’est excusé d’avoir commis une erreur en supprimant des programmes et des services destinés aux Néo-Écossais vulnérables et a annoncé qu’il rétablirait 53,6 millions $ de financement.

«Comme (M. Houston) avait initialement déclaré qu’il n’y aurait pas de changements, alors qu’il y en a finalement eu, cela a donné l’impression que, plutôt que de faire preuve d’empathie, il se trouvait acculé», a souligné M. Marland.

M. Marland croit que le premier ministre n’a pas su prendre le pouls de la Nouvelle-Écosse et que la communication autour du budget «a été un véritable désastre».

Le politologue a expliqué que lorsque le public est indigné et choqué par les coupes budgétaires, cela peut signifier que le gouvernement n’a pas réussi à communiquer les perspectives financières sombres qui le poussent à réduire les dépenses.

«Ils n’ont pas réussi à faire comprendre aux gens qu’il n’y a plus d’argent et qu’ils doivent agir», a avancé M. Marland.

Claudia Chender, cheffe de file du NPD, a indiqué vendredi aux journalistes que le gouvernement de M. Houston devrait suspendre l’adoption de ce budget, le corriger et présenter un nouveau projet aux Néo-Écossais.

«Les coupes cruelles prévues dans ce budget sont pour la plupart toujours en place, et les ministres sont encore, pour la plupart, incapables de les expliquer (ces coupes) ou d’en décrire l’impact», a-t-elle soutenu.

L’Assemblée des chefs mi’kmaq de Nouvelle-Écosse a indiqué que les coupes restantes entraîneraient la suppression de programmes mi’kmaq mis en place pour lutter contre le racisme systémique.

Sidney Peters, chef de la Première Nation Glooscap et coprésident de l’assemblée, a déclaré que seuls 2 des 21 programmes spécifiques aux Mi’kmaq touchés par les coupes avaient été rétablis.

M. Peters a ajouté que ce revirement budgétaire partiel «a clairement mis en évidence une chose: lorsque la province a déclaré qu’elle rétablissait 53,6 millions $ pour "protéger certains des plus vulnérables", elle ne faisait pas référence aux Mi’kmaq».

Mme Chender a mentionné que ces programmes, ainsi que de nombreux autres, devaient être rétablis.

«Les coupes proposées dans ce budget confirment que même les Néo-Écossais les plus vulnérables sont sur la sellette», a-t-elle souligné, citant notamment toute une série de programmes communautaires et de financements destinés aux arts, à la culture, au tourisme et aux transports, entre autres.

Lyndsay Armstrong, La Presse Canadienne