MacKinnon déçu du message de condoléances unilingue du PDG d'Air Canada

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Par La Presse Canadienne, 2026
OTTAWA — Le ministre fédéral des Transports, Steven MacKinnon, est déçu que le grand patron d'Air Canada, Michael Rousseau, ait publié une vidéo uniquement en anglais pour offrir ses condoléances aux proches des pilotes, dont un Québécois, décédés dimanche soir dans un accident à l'aéroport LaGuardia de New York.
«Non. Air Canada, ils savent mieux», a-t-il lancé, mardi, en répondant à une journaliste parlementaire qui lui demandait si l'unilinguisme de la vidéo était acceptable.
M. MacKinnon a poursuivi en réitérant qu'Air Canada a «une responsabilité de communiquer avec l'ensemble de la population, leurs intervenants dans les deux langues officielles».
Le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, s'est pour sa part limité à dire qu'il «souhaite» que le chef de la direction d’Air Canada s'exprime «plus souvent» en français.
M. Champagne a affirmé avoir communiqué avec M. Rousseau avant la publication de la vidéo pour exprimer son soutien à «la famille» d'Air Canada. Le ministre a cependant soutenu qu'il ne se souvenait pas de la langue dans laquelle il a transmis son message.
Dans la vidéo qui a été mise en ligne sur de multiples plateformes de réseaux sociaux, M. Rousseau évoque une «journée très sombre» pour le transporteur et indique être «profondément attristé» par le décès des deux pilotes.
En près de quatre minutes, M. Rousseau prononce cependant deux mots en français: un «bonjour» au tout début et un «merci» à la fin.
Plusieurs commentaires rédigés tant en français qu'en anglais soutiennent que le grand patron a manqué de respect en choisissant de ne s'exprimer qu'en anglais.
Plusieurs médias ont identifié l'un des pilotes comme étant Antoine Forest, originaire de Coteau-du-Lac, en Montérégie. L'autre serait Mackenzie Gunther, un diplômé de Seneca Polytechnic, à Toronto.
L'avion de la compagnie Jazz Aviation, transporteur d'Air Canada Express, arrivait de Montréal. Il est entré en collision avec un camion de pompiers sur la piste de l'aéroport. Plus de 40 passagers et membres d'équipage ont été blessés.
Ce n'est pas la première fois que Michael Rousseau se trouve dans l'eau chaude sur des sujets linguistiques, sans compter que son entreprise fracasse régulièrement de tristes records du Commissaire aux langues officielles.
En 2021, le patron du plus gros transporteur aérien au pays avait suscité un tollé après un discours qu’il avait livré essentiellement en anglais à Montréal. Il s’était également réjoui d’avoir pu travailler et vivre au Québec pendant 14 ans sans devoir apprendre le français.
M. Rousseau avait présenté ses excuses et avait déclaré qu’il ne voulait pas manquer de respect envers les Québécois et des francophones du pays. Il s’était également engagé à améliorer son français, mais, trois ans après la controverse, il demeurait incapable de répondre à des questions dans cette langue.
Air Canada a été une société publique fédérale avant d'être privatisée en 1988. L'entente prévoyait que le transporteur reste assujetti à la Loi sur les langues officielles.
Michel Saba, La Presse Canadienne