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N.-É.: le ministre des Dépendances ne contacte pas une Première Nation en crise

durée 18h10
12 février 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

HALIFAX — Le ministre des Dépendances et de la Santé mentale de la Nouvelle-Écosse a affirmé n'avoir pas encore communiqué avec la Première Nation de Sipekne'katik, qui a annoncé cette semaine qu'elle allait déclarer l'état d'urgence concernant une crise liée aux drogues illicites et à la toxicomanie.

Brian Comer a indiqué aux journalistes, après une réunion du cabinet jeudi, que son ministère met tout en œuvre pour soutenir les personnes aux prises avec des problèmes de toxicomanie et de santé mentale, mais a précisé n'avoir pas eu de contact direct avec la Première Nation de Sipekne'katik.

«Nous n'avons pas été contactés directement, mais nous restons ouverts à la discussion», a-t-il dit.

M. Comer a ajouté que la province finance trois thérapeutes cliniciens qui offrent des soins aux communautés mi'kmaq de la zone sanitaire du Nord, qui comprend le territoire de la Première Nation de Sipekne'katik, et qu'elle a récemment ouvert un centre de réadaptation à Truro offrant des services de réduction des méfaits et de soutien en matière de toxicomanie.

«Cela dit, si les besoins pour ce service augmentent, nous en discuterons certainement. Nous ferons tout notre possible pour apporter notre soutien», a-t-il fait valoir.

À la suite des propos de M. Comer, le ministère des Dépendances et de la Santé mentale a indiqué par courriel que la Première Nation de Sipekne’katik avait sollicité l’aide d’un de ses organismes partenaires pour obtenir des soins de base et de la naloxone, un médicament qui neutralise les effets d’une surdose d’opioïdes. Le porte-parole a précisé que le ministère collabore avec les services d’urgence et les autorités sanitaires afin de répondre à cette demande.

La Première Nation de Sipekne’katik a annoncé mardi que son conseil avait entamé les démarches en vue de déclarer l’état d’urgence face à une «crise croissante liée aux drogues illicites et aux dépendances».

«Nous sommes confrontés à un nombre bien trop élevé d’urgences, de surdoses et de tragédies. Nous ne pouvons ignorer la perte, la peur et le traumatisme vécus par nos familles, nos aînés, nos jeunes et nos intervenants de première ligne», peut-on lire dans la déclaration de la cheffe Michelle Glasgow et du conseil.

La Première Nation a précisé avoir avisé la Gendarmerie royale du Canada qu'elle offrira une récompense de 20 000 $ pour toute information menant à l'arrestation et à la condamnation des personnes vendant des drogues illicites au sein de la communauté, notamment de la cocaïne et des médicaments d'ordonnance distribués illégalement.

Elle a également indiqué qu'elle expulserait les résidents de leurs logements s'il existe des soupçons raisonnables qu'un domicile sert à la vente ou à la distribution de drogues illicites.

Mme Glasgow n'a pas répondu immédiatement à une demande de commentaires jeudi.

Claudia Chender, cheffe du Nouveau Parti démocratique de la province, parti d'opposition officiel, a déclaré jeudi que le gouvernement aurait dû communiquer immédiatement avec les dirigeants de Sipekne'katik pour leur offrir des ressources en santé mentale et en toxicomanie.

Le député libéral provincial Derek Mombourquette a qualifié la situation à Sipekne'katik de «dévastatrice» et a ajouté qu'il ne comprenait pas pourquoi la province n'avait pas tenté de contacter la Première Nation pour lui offrir de l'aide.

«Le gouvernement ne devrait pas attendre. Il devrait intervenir. C’est le rôle d’un gouvernement», a-t-il affirmé, ajoutant que la province n’attendrait jamais d’être sollicitée pour offrir son aide en cas de catastrophe naturelle, par exemple.

«Je suis vraiment surpris que le gouvernement n’ait pas encore pris contact. C’est sa première responsabilité: soutenir les Néo-Écossais les plus vulnérables qui sont dans le besoin», a ajouté M. Mombourquette.

Lyndsay Armstrong, La Presse Canadienne