Ottawa critiqué pour ne pas s'être opposé à une nomination de l'Iran à l'ONU

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Par La Presse Canadienne, 2026
OTTAWA — Les députés conservateurs ont critiqué le gouvernement du premier ministre Mark Carney après que ses représentants se sont abstenus de se joindre aux alliés pour s'opposer activement à la nomination de l'Iran au sein de deux organes des Nations Unies — dont l'un est chargé de réviser un traité historique sur les armes nucléaires.
Lundi, l'Iran a été proposé à la vice-présidence de la conférence d'examen de l'ONU du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), qui doit durer un mois.
Lors de l'Assemblée générale du 27 avril, les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Allemagne, la France, l'Australie et les Émirats arabes unis ont, soit opposé à la candidature de l'Iran à la conférence d'examen du TNP, soit pris leurs distances par rapport à celle-ci. Le Canada ne s'est pas exprimé.
Mardi, la ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, s'est adressée aux journalistes sur la Colline du Parlement pour apporter ce qu'elle a qualifié de clarification.
«Je tiens à préciser très clairement qu’il n’y a pas eu de vote sur la question et, en particulier, mes représentants qui se sont exprimés à deux reprises hier sur la question de l’Iran ont été tout à fait clairs: le gouvernement canadien n’apporte absolument aucun soutien au régime iranien ni à aucun des postes de direction qu’il occupe», a-t-elle affirmé mardi.
Mais le Canada n'a pas contesté directement la nomination de l'Iran à la conférence du TNP dans les deux vidéos envoyées par Affaires mondiales Canada à La Presse Canadienne.
Au lieu de cela, le directeur politique du ministère, Richard Arbeiter, a évoqué des questions plus générales de non-prolifération et les actions de Téhéran dans le détroit d’Ormuz après le début des bombardements américains.
«Le désarmement ne peut pas progresser si les garanties sont considérées comme facultatives, ou si le non-respect des engagements est traité avec ambiguïté», a-t-il déclaré le 27 avril depuis l'estrade en marbre de l'Assemblée générale.
«Le conflit actuel lié au programme nucléaire iranien souligne que ce ne sont pas là des débats abstraits, mais des réalités ayant de graves conséquences régionales et mondiales.»
Le même jour, devant le Conseil de sécurité de l’ONU, M. Arbeiter a évoqué le blocus du détroit d’Ormuz par l’Iran et ses attaques contre ses voisins, mais n’a pas fait référence au TNP.
«Le Canada exprime sa pleine solidarité avec les pays de la région qui ont subi le plus durement les attaques de l’Iran», a-t-il affirmé.
Au début du mois, UN Watch, un groupe qui défend principalement les intérêts d’Israël, a également noté qu’un bloc de pays asiatiques avait proposé le 8 avril la candidature de l’Iran au Conseil économique et social des Nations unies (CESNU), qui détermine le fonctionnement des programmes de l’ONU.
Le Canada et la plupart de ses alliés n’ont pas contesté cette décision. La délégation américaine a été la seule à s’opposer à la nomination de l’Iran le 8 avril.
Des députés conservateurs, dont Melissa Lantsman et Vincent Ho, ont soulevé la question à plusieurs reprises à la Chambre des communes ces dernières semaines. Huit jours après le vote du CESNU, le gouvernement fédéral a publié une réponse.
«Comme la candidature n'a pas été contestée, il n'y a pas eu de vote. Le vote pour élire les candidats désignés aura lieu à l'Assemblée générale des Nations unies en novembre», a expliqué la députée Mona Fortier, secrétaire parlementaire de Mme Anand, à la Chambre des communes le 16 avril.
«Le Canada travaille en étroite collaboration avec ses partenaires pour s'opposer activement aux candidatures de l'Iran au sein des organes de l'ONU et continuera de le faire en toutes occasions», a-t-elle ajouté.
Les opposants à la participation de l’Iran à l’ONU ont évoqué la répression menée par Téhéran contre les manifestants anti-régime et la diaspora iranienne à l’étranger, ainsi que ses attaques contre les pays du Golfe qui ont suivi l'agression d'Israël et des États-Unis.
«Le silence du gouvernement sur l’Iran équivaut à un vote en sa faveur, quoi qu’on vous dise, a affirmé M. Lantsman au Parlement. Les libéraux n’ont jamais eu de position sur l’Iran, simplement celle qui leur coûte le moins cher.»
Dylan Robertson, La Presse Canadienne