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Sols contaminés: un comité demande au Port de respecter les règles municipales

durée 09h45
22 mars 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — L’Administration portuaire de Montréal (APM) ne confirme pas si elle respectera une motion adoptée unanimement par le Comité permanent des transports de la Chambre des communes, qui lui demande de se conformer à l’ensemble des règlements municipaux et des lois québécoises en matière d’environnement.

L’inventaire des terrains contaminés de la Ville de Contrecœur indique que les eaux souterraines et le sol de certains lots qui appartiennent au Port de Montréal sont contaminés par des produits pétroliers et différents métaux: cadmium, cuivre, nickel, plomb et zinc, en raison du passé industriel.

Le groupe Vigie Citoyenne Port de Contrecœur craint que ces produits contaminent le fleuve et la station d'eau potable, en raison du ruissellement qui surviendrait pendant les travaux d’agrandissement du port.

L’Administration portuaire de Montréal prévoit des travaux majeurs pour agrandir son terminal à Contrecœur afin d’augmenter la capacité annuelle du port de Montréal de 60 % et affirme que ces travaux seront réalisés selon un cadre réglementaire rigoureux, dans le respect des autorisations fédérales.

Mais si on se fie à l’article 33 du règlement sur les permis et certificats de Contrecœur, avant d’effectuer des travaux sur des terrains contaminés, un promoteur doit demander des permis à la Ville.

«On demande que ce processus soit respecté. À partir du moment où ces terrains sont identifiés comme étant contaminés, l'APM doit faire un plan de réhabilitation, approuvé par le ministre de l'Environnement du Québec», a fait valoir la porte-parole de Vigie Citoyenne Port de Contrecœur, Hélène Reeves.

Le Bloc québécois fait adopter une motion

Comme l’APM n’a, à ce jour, demandé aucun permis à la municipalité et en raison des craintes du groupe de citoyens, le député bloquiste Xavier Barsalou Duval a fait adopter au Comité permanent des transports une motion demandant à l’administration portuaire de rendre public et de transmettre au comité, dans un délai de 30 jours, son plan de réhabilitation des terrains contaminés liés à l’expansion du port.

La motion, adoptée à l’unanimité par les membres du comité, des députés du Bloc québécois, du Parti libéral du Canada et du Parti conservateur du Canada, le 11 mars dernier, «invite le port à se conformer aux règlements municipaux» et aux lois environnementales du Québec.

En réponse, le 13 mars, l'APM a publié un communiqué dans lequel elle affirme qu’elle «respecte l’ensemble des lois et règlements qui lui sont applicables» au sujet du projet d’expansion du Port de Montréal à Contrecœur.

«On comprend, entre les lignes, que ça veut dire qu'elle ne va pas faire de demande de permis» à la Ville de Contrecœur, a réagi le député Barsalou-Duval.

Dans un échange avec La Presse Canadienne, la directrice des communications de l'Administration portuaire de Montréal, Renée Larouche, a expliqué que le Port, «un mandataire fédéral», allait «d'abord répondre au Comité permanent des transports» et communiquera ensuite «publiquement» sa réponse.

«Il faut nous donner le temps d'évaluer tout ce que ça implique» et l'APM a jusqu’au 11 avril pour répondre à la motion, a tenu à préciser Mme Larouche.

À la question «comptez-vous respecter la réglementation municipale?», la directrice des communications a répondu que «l'administration portuaire respecte le cadre réglementaire rigoureux conforme aux exigences fédérales».

Un projet piloté par une entreprise de Dubaï

Pour Hélène Reeves, le «non-respect des règlements municipaux de la part du Port inquiète», d’autant plus que l'APM a confié à une entreprise étrangère la conception des travaux terrestres de l’expansion du port de Contrecœur.

DP World, une multinationale établie à Dubaï, pilotera la construction du terminal, notamment la cour de conteneurs, les bâtiments, les services publics et la connexion ferroviaire, en plus d’en assurer l’exploitation et l’entretien pour les 40 prochaines années.

«Il faut tout de suite mettre en place le respect des règlements municipaux et de la loi du Québec en environnement parce que, sinon, on va totalement perdre le contrôle», craint la citoyenne de Contrecœur.

L'APM souhaite utiliser le site de Contrecœur pour augmenter sa capacité de manutention de conteneurs. Elle estime que jusqu’à 1,5 million de conteneurs par année pourraient transiter par ce futur terminal et le site pourrait recevoir jusqu’à 1200 camions par jour.

Sur son site internet, l'APM a publié des informations sur l’avancement des travaux et l’échéancier du projet.

Deux postes à quai, une aire de manutention de conteneurs, une cour ferroviaire intermodale, un portail d’accueil pour les camions et des installations de soutien doivent notamment être construits.

L’agrandissement du port fait partie de la liste des projets d’infrastructure que le premier ministre Mark Carney souhaite voir approuvés et réalisés de façon accélérée.

Stéphane Blais, La Presse Canadienne