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Un groupe défend le recours à une guillotine pendant une manifestation à Montréal

durée 05h31
4 mai 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — Malgré la condamnation de la classe politique, le groupe Alliance Ouvrière défend son utilisation d'une guillotine pendant la manifestation organisée samedi à Montréal à l'occasion de la Journée internationale des travailleuses et travailleurs.

Dans une vidéo qui a fait le tour des réseaux sociaux, on pouvait voir des manifestants se servir d'une guillotine pour décapiter une tête en papier mâché représentant le ministre du Travail, Jean Boulet.

Ce geste a été dénoncé par de nombreux politiciens, dont la première ministre Christine Fréchette, tandis que les grandes centrales syndicales s'en sont distanciées.

Dans une déclaration transmise aux médias lundi, le groupe Alliance Ouvrière a défendu son action, plaidant que cette «performance carnavalesque» rappelait un «symbole historique de la colère populaire contre des élites déconnectées».

Le groupe a affirmé qu'il pense que «la grande majorité des personnes présentes a compris et soutenu» son message, à savoir qu'il est temps que «le peuple demande des comptes au pouvoir avant que la situation ne s'aggrave».

Il a notamment reproché au ministre Boulet d'avoir «laissé Amazon jeter à la rue plus de 4500 travailleurs» lors de la fermeture de ses entrepôts au Québec, l'an dernier.

«La classe ouvrière a fini de s’excuser», a conclu Alliance Ouvrière dans son communiqué.

Au cours de la fin de semaine, des politiciens de tous les horizons ont dénoncé cette mise en scène et ont réclamé des excuses de la part des personnes qui y ont pris part.

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, s'est dit «autant dégoûté que sous le choc», tandis que le chef du Parti libéral, Charles Milliard, a déclaré que «ce type d’action n’a pas sa place dans notre société».

La porte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal, a pour sa part souligné que «la violence politique n'a pas sa place en démocratie, peu importe d'où elle vient», et que «mettre en scène le guillotinage d'un ministre est d'une violence inacceptable».

De leur côté, la CSD, la CSN, la CSQ et la FTQ ont publié une déclaration commune, dans laquelle elles ont affirmé qu'elles se «dissocient entièrement de cette action isolée».

Selon la première ministre Fréchette, les syndicats «avaient la responsabilité de dénoncer les actes survenus lors d’une manifestation, ce qu’ils ont fait rapidement».

Elle a écrit sur X qu'elle privilégie la voie de la collaboration, et s'est dite «convaincue que nous ferons la démonstration qu’il est possible d’avancer de façon constructive sans violence ou menaces».

La Presse Canadienne