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Une nouvelle technologie augmente le nombre de cœurs pouvant être greffés à l'ICM

durée 10h25
30 avril 2026
La Presse Canadienne, 2026
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2 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — L'Institut de cardiologie de Montréal dispose maintenant d'une technologie qui permet d'allonger considérablement la période pendant laquelle un cœur peut se trouver à l'extérieur du corps avant une greffe.

Cela devrait augmenter le nombre de greffons disponibles, et du fait même réduire la longueur des listes d'attente, a expliqué le directeur médical du programme de transplantation et insuffisance cardiaque avancée de l'ICM, le docteur Maxime Tremblay-Gravel.

«C'est vraiment une excellente nouvelle pour les patients qui sont sur la liste d'attente pour pouvoir avoir accès à des organes qui, parfois, pourraient tout simplement être rejetés parce qu'il n'y a pas de receveurs compatibles localement», a dit le docteur Tremblay-Gravel.

La technologie Organ Care System (OCS) Heart est une plateforme de perfusion cardiaque ex vivo qui permet de maintenir «le cœur dans des conditions physiologiques plus optimales et pendant une période prolongée», a-t-on expliqué par voie de communiqué.

Avec la méthode traditionnelle bien connue (l'organe placé dans une glacière), un cœur prélevé ne peut généralement être conservé que pendant quatre à six heures. Cette limite réduit fortement le territoire de prélèvement et restreint l’accès à certains greffons pourtant potentiellement compatibles.

L'OCS Heart maintient plutôt l'organe vivant en le perfusant, en l’oxygénant et en le conservant à une température proche de celle du corps humain. Le cœur continue à battre «et à vivre» pendant son transport, a dit le docteur Tremblay-Gravel, jusqu'au moment où il est placé dans le receveur.

«Avec ce système-là, on peut aller jusqu'à huit ou dix heures, il n'y a pas de limites dans notre pays ou même à plusieurs endroits en Amérique du Nord», a-t-il indiqué.

Actuellement, a ajouté le docteur Tremblay-Gravel, la distance empêche le Québec d'accepter un organe disponible à l'ouest du Manitoba. Mais concrètement, avec le nouveau système, un cœur prélevé à Vancouver pourrait être greffé à Saint-Jean, Terre-Neuve, après plusieurs heures de vol.

Cela ne veut pas dire que l'organe arrive intact, a-t-il précisé, mais le nouveau système «limite beaucoup les dommages (...) entre le prélèvement et la transplantation».

À l’Institut de cardiologie de Montréal, le délai moyen d’attente pour une transplantation cardiaque est d’environ 320 jours, et le volume annuel de patients en attente se situe autour de 25 à 30 personnes. Au Québec, 898 personnes étaient en attente d’une transplantation en 2025, dont 67 pour un cœur.

«Le principe premier en transplantation, c'est de ne pas perdre de donneurs potentiels. Si on a un organe qui peut être donné, il faut s'assurer que cet organe-là soit utilisé pour pouvoir redonner la santé à quelqu'un, a rappelé le docteur Tremblay-Gravel. Donc, le fait d'enlever presque toutes les limites de distance, ça augmente beaucoup les chances d'avoir des compatibilités, puis d'utiliser tous les organes.»

Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne