Enquête sur le prix des logements
La flambée des loyers s'accélère partout selon le RCLALQ
Le Regroupement des comités logements et associations de locataires du Québec (RCLALQ) a dévoilé aujourd'hui les résultats de sa troisième enquête annuelle sur le prix des logements à louer intitulée « Sans loi ni toit : enquête sur le marché incontrôlé des loyers ».
L'enquête, qui est le fruit d'une récolte de plus de 51 000 annonces de logements à louer sur le site Kijiji entre les mois de février et mai, révèle que la flambée des loyers, loin de se résorber, s'accélère partout au Québec.
Le RCLALQ estime que ces augmentations démontrent clairement l'inefficacité du système de fixation des loyers en place au Québec.
En pleine crise du logement et à l'aube de la prochaine campagne électorale provinciale, l’organisme interpelle l'ensemble des partis politiques afin qu'ils s'engagent à mettre en place rapidement de véritables mesures pour freiner l'escalade et garantir l'accès à un logement accessible financièrement pour l'ensemble des ménages locataires.
Le RCLALQ demande au prochain gouvernement d'instaurer un registre des loyers public et obligatoire, et qu'il oblige les propriétaires à utiliser les taux moyens d'augmentation de loyer du Tribunal administratif du logement (TAL) comme mesure de contrôle des loyers.
Bond de 9 %
Entre 2021 et 2022, le prix des logements à louer a bondi de 9 % pour l'ensemble de la province, toute typologie de logement confondue.
Cependant, les augmentations sont encore plus importantes pour les régions métropolitaines de recensement, dont celle de Saguenay avec 18,7 %.
« Ce qui nous inquiète avec ces données, c'est que des régions où les loyers étaient demeurés relativement accessibles sont maintenant très fortement touchées par des hausses importantes », déplore Marjolaine Deneault, porte-parole du RCLALQ.
« Ce qui est d'autant plus inquiétant, c'est que les locataires de ces régions doivent en plus composer avec une forte pénurie de logements. S'ils se retrouvent sans toit pour une raison ou une autre, ils risquent de devoir se résigner à louer un logement insalubre ou trop petit », dénonce la porte-parole.
Outre les grands centres urbains, plusieurs villes du Québec sont durement affectées par l'explosion des loyers.
« Ces hausses de loyer vont bien au-delà de l'inflation et des taux d'ajustement suggérés par le TAL. Alors que la plupart de ces villes vivent actuellement une grave pénurie de logements, trouver un logement abordable lorsqu'on est un ménage locataire à revenu modeste devient mission impossible », souligne la porte-parole du RCLALQ.
Mesures de contrôle des loyers
Selon le RCLALQ, l'absence de mesures efficaces de contrôle des loyers est directement responsable de l'explosion des prix observée ces dernières années.
« Actuellement, le fardeau d'empêcher une hausse abusive repose sur le locataire. C'est donc dire que la limitation des augmentations des loyers et la protection du parc locatif abordable ne s'appuient pas sur un encadrement législatif, mais sur des démarches individuelles de locataires, dans un contexte qui les désavantage nettement. Aussi bien dire que le marché des loyers est complètement incontrôlé », selon Marjolaine Deneault.
Pour le RCLALQ, des solutions simples et éprouvées existent pour freiner l'explosion des loyers : un contrôle obligatoire et un registre public des loyers, pour permettre aux locataires de connaître avec exactitude l'ancien loyer payé.
« Puisque la majorité des hausses abusives de loyer surviennent lors de la signature de nouveaux baux, il est urgent d'instaurer un registre. Des registres des loyers, il y en a ailleurs dans le monde, c'est une mesure relativement simple et peu coûteuse pour protéger l'abordabilité d'un parc locatif. Suffit d'un peu de volonté politique », clame la porte-parole du RCLALQ.
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