Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

Santé

Aspirine et prééclampsie: pas avant la 11e semaine de grossesse

Aspirine et prééclampsie: pas avant la 11e semaine de grossesse
Photo: La Presse Canadienne, 2023
durée

Rien ne permet pour le moment de conclure qu'il serait avantageux pour les femmes à risque de prééclampsie d'entamer la prise d'aspirine avant la onzième semaine de grossesse, conclut une étude franco-québécoise pilotée à partir de l'Université Laval.

Bien au contraire, ajoutent les chercheurs, en tentant de trop bien faire, on pourrait s'exposer à des problèmes qui seraient autrement évités.

La prise d'aspirine à compter de la onzième semaine de grossesse est pratique courante depuis 2009, quand une vaste méta-analyse réalisée par certains des mêmes chercheurs avait démontré qu'elle pouvait réduire de manière importante le risque d'hypertension pendant la grossesse.

«Chacun essaie de deviner qui devrait prendre l'aspirine, puis dans le doute, comme il y a peu d'effets secondaires, on en prescrit de plus en plus», a résumé le responsable de la nouvelle étude, le docteur Emmanuel Bujold de la Faculté de médecine et du Centre de recherche du CHU de Québec – Université Laval.

Environ 11 % des femmes enceintes prendraient de l'aspirine, a-t-il ajouté, mais les meilleures études montrent que seulement 2 % d'entre elles en auraient réellement besoin.

Ça voudrait donc dire que quatre femmes sur cinq prennent probablement de l'aspirine inutilement pour tenter de prévenir la prééclampsie, un problème qui augmente le risque d'accouchement prématuré et cause chaque année la mort d'environ 60 000 femmes et 500 000 enfants dans le monde, principalement dans les pays en voie de développement.

L'étude de 2009, poursuit le docteur Bujold, avait démontré que la prise d'aspirine doit débuter avant la seizième semaine, puisque c'est à ce moment que le placenta ― l'organe en cause dans la prééclampsie ― se forme.

«Il y a plusieurs personnes qui ont pensé, si on commence plus tôt, ça va être encore meilleur, a dit le docteur Bujold. Or nos recherches ont suggéré que finalement, plus tôt n'est pas bénéfique et il y aura peut-être même des risques (...) sur le fait que l'aspirine pourrait moins bien fonctionner, sur le fait qu'on manque de données sur l'innocuité... Est-ce que est-ce que ça pourrait nuire au fœtus?»

Les données dont on dispose actuellement, conclut-il, montrent donc qu'il faudrait probablement éviter de débuter l'aspirine avant onze semaines de grossesse.

Les conclusions de cette étude ont été publiées dans le numéro de décembre de la revue Pregnancy Hypertension.

Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne

RECOMMANDÉS POUR VOUS


Québec revoit à la baisse sa cible de ventes de véhicules électriques pour 2035
Publié à 15h00

Québec revoit à la baisse sa cible de ventes de véhicules électriques pour 2035

Le gouvernement du Québec assouplit ses objectifs concernant les ventes de véhicules électriques: il souhaite désormais atteindre une cible de 80 % en 2035, plutôt que 100 % tel que prévu. L'automne dernier, le gouvernement caquiste avait déjà reculé sur sa volonté d'interdire la vente de véhicules à essence à partir de 2035. Bernard ...

Les DPJ estiment qu'il faut renforcer le filet social pour mieux soutenir les jeunes
Publié hier à 18h00

Les DPJ estiment qu'il faut renforcer le filet social pour mieux soutenir les jeunes

Les services de protection de la jeunesse peinent à subvenir aux besoins des enfants en difficulté et lancent un cri pressant au renforcement du filet social. Le bilan annuel des directions de protection de la jeunesse à travers le Québec, présenté jeudi matin à Québec, montre que les pressions sociales créent depuis quelques années une ...

La contraception gratuite coûterait 22 millions $ à l'État québécois
Publié hier à 12h00

La contraception gratuite coûterait 22 millions $ à l'État québécois

Rendre la contraception gratuite à travers la province coûterait environ 22 millions $ à l'État québécois, calcule l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) dans un rapport publié jeudi, qui s'intéresse aux répercussions de la gratuité des contraceptifs sur l’économie et la population du Québec. Cela prend ...