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Santé

L'activité physique et la stimulation intellectuelle ralentissent le déclin cognitif

Une publication Néomédia
L'activité physique et la stimulation intellectuelle ralentissent le déclin cognitif
Photo: La Presse Canadienne, 2023

Un programme d'entraînement développé par une équipe montréalaise a réussi à freiner le déclin cognitif de certains aînés, révèle une nouvelle étude.

La prise de suppléments de vitamine D n'a toutefois eu aucun impact positif.

«Les gens qui ont un trouble cognitif ont 60 % de chances de développer une démence, et la démence, ce n'est pas une maladie facile, a rappelé le co-leader de l'étude, le professeur Louis Bherer du département de médecine de l'Université de Montréal. C'est très envahissant et c'est un raz-de-marée présentement.»

Les chercheurs ont recruté d'un bout à l'autre du pays 175 aînés âgés de 65 à 84 ans qui présentaient un léger déclin cognitif. Les sujets ont été répartis entre cinq groupes, mais seuls les membres du premier groupe ont profité de l'intervention composée d'exercices physiques, d'un entraînement cognitif et de suppléments de vitamine D. Au moins une composante avait été remplacée par un placebo dans tous les autres groupes.

Après six mois, les membres des quatre groupes qui avaient suivi le programme pour améliorer leur capacité respiratoire et leur force musculaire avaient amélioré leur score à un test mesurant leur déclin cognitif.

Les groupes qui avaient profité des exercices physiques et de l'entraînement cognitif ont montré une plus grande amélioration de leur score. C'est toutefois le premier groupe, celui qui avait profité de l'intervention complète, qui a le plus amélioré sa performance.

Ce dernier groupe a fait une trentaine de minutes d'activités sur une tablette électronique avant de se rendre au gymnase pendant une heure, et ce, trois fois par semaine pendant vingt semaines.

«On a vraiment voulu mesurer la plus-value de ces différents programmes-là, versus un groupe contrôle vraiment actif», a résumé M. Bherer, qui est aussi le directeur du Centre ÉPIC de l'Institut de cardiologie de Montréal.

Il semblerait donc qu'il existe une «synergie» entre l'entraînement physique et la stimulation du cerveau, a-t-il ajouté.

Le cerveau, a rappelé M. Bherer, est un grand consommateur d'oxygène et de glucose, et on peut supposer qu'il est mieux alimenté chez un individu qui est en forme que chez un individu qui ne l'est pas. Il est aussi possible que l'intervention ait amélioré la capacité des régions du cerveau à communiquer entre elles et à se synchroniser; des analyses pour essayer de voir si c'est le cas se poursuivent.

Ces résultats, écrivent les auteurs dans le journal médical JAMA Network Open, montrent que leur intervention multi-facettaire pourrait améliorer la cognition ― et même potentiellement retarder l'apparition de la démence ― chez les aînés qui présentent un léger déclin cognitif.

«Il faut viser une progression et une amélioration, a dit M. Bherer quand on lui a demandé si les mêmes bienfaits pourraient être obtenus avec des exercices faits à la maison. Avec nos participants, on visait une amélioration de la santé cardiorespiratoire et de la force musculaire. C'est très important.»

Des connaissances relativement récentes démontrent d'ailleurs que l'entraînement en force musculaire chez l'adulte âgé joue un rôle important dans la neuroplasticité, complète-t-il.

Il faut aussi sortir de sa zone de confort en ce qui concerne l'entraînement cognitif, a rappelé M. Bherer, en recherchant des activités de vitesse et de prise de décision, comme ce que proposent certains jeux de société. Les activités sociales sont aussi cruciales.

Et tout ça, trois fois par semaine. L'aîné qui est à la recherche de bénéfices doit donc être prêt à s'investir, dit-il.

«Après quinze ans de travaux dans ce domaine, je réalise qu'il faut y aller de façon massive pour voir des changements. Et même si on était très contents de voir des résultats après six mois, il faudrait que ce soit fait sur un an ou deux ans ou trois ans», a souligné M. Bherer.

Une autre étude a d'ailleurs montré que quatre patients qui avaient un trouble cognitif léger ont été «maintenus» pendant dix ans, notamment grâce à un programme d'activités physiques, a-t-il rappelé.

Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne

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