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Mois de la reconnaissance en pharmacie

L'AQPP veut le retrait de règles administratives en pharmacie pour aider les patients

L'AQPP veut le retrait de règles administratives en pharmacie pour aider les patients
Photo: La Presse Canadienne, 2024
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L'Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP) souhaite la levée de certaines règles administratives entourant les activités cliniques en pharmacie afin de faciliter le parcours de soins du patient. 

À l'occasion du Mois de la reconnaissance en pharmacie, elle souligne que les règles présentement en place freinent souvent la capacité des pharmaciens à offrir des services à la population et elle propose au gouvernement de miser davantage sur le jugement professionnel des pharmaciens. 

Le nombre d'activités cliniques en pharmacie a augmenté de 16 % par rapport à 2022, dépassant les 7 millions d'actes dispensés par un pharmacien. 

«C’est une belle progression, estime le président de l'AQPP, Benoit Morin, mais on est souvent limité dans ces activités. Par exemple, on peut prolonger les ordonnances des médecins ou des infirmières praticiennes spécialisées pour un maximum de 12 mois, alors qu’il y a des patients qui auraient besoin d’une prolongation supplémentaire.» 

Il donne également l'exemple de l’infection urinaire. Les pharmaciens peuvent prescrire un antibiotique chez une femme qui a une infection urinaire non compliquée à condition qu'elle ait reçu une prescription d’un médecin au cours des cinq dernières années. M. Morin indique qu'en Ontario, même si la patiente n’a jamais reçu de prescription, si le pharmacien juge que c’est une infection non compliquée, il peut donner l’antibiotique. 

«Chez nous, il y a des limites comme celles-là qui font en sorte qu’une fois sur quatre, parfois une fois sur deux, je vais dire à la patiente: ‘’je ne peux pas vous servir parce qu’il y a une limite administrative et vous devez aller voir le médecin absolument’’», raconte le président de l'AQPP. 

Selon lui, les pharmaciens ont prouvé qu'ils prescrivaient dans les limites de leur jugement. Pour une infection urinaire chez un homme par exemple, qui est plus rare et plus complexe, le patient sera dirigé vers un médecin pour prendre en charge son cas. 

«Nous, ce qu’on dit, c’est qu’il faut créer plus d’occasions, toujours sécuritaires, mais lever des limites qui n’existent pas nécessairement ailleurs où le pharmacien pourrait exercer son jugement», défend M. Morin.  

L'AQPP propose également que les pharmaciens puissent faire le suivi après la prescription d'un antiviral en cas de zona. Actuellement, le pharmacien peut commencer un traitement de zona après avoir évalué un patient, mais ce dernier doit être vu par un médecin dans les 72 heures pour qu'il assure le suivi médical. 

M. Morin croit que les pharmaciens pourraient facilement s'occuper du suivi des patients pour les cas de zona. «Évidemment, s’il y avait des complications, ils pourraient les référer dans un corridor de soins, mais tout cela mettrait de l’huile dans l’engrenage pour que ça fonctionne mieux», dit-il. 

L'AQPP affirme par ailleurs qu'il existe des disparités régionales pour les patients qui souhaitent accéder à certains services, notamment le test de dépistage du streptocoque. Certaines régions ont des ordonnances collectives qui permettent aux pharmaciens de donner les antibiotiques en cas de tests positifs. «Ce n’est pas quelque chose qui est fait en autonomie par les pharmaciens, explique M. Morin. Ça prend une ordonnance collective, donc il faut qu’il y ait un médecin qui accepte de déléguer cela à un pharmacien dans un territoire donné.» 

De plus, le patient doit débourser un montant s'il veut faire le dépistage du streptocoque en pharmacie, alors que ce test est gratuit chez le médecin ou à l'urgence.

La rémunération des pharmaciens devrait être ajustée en fonction des modifications des activités cliniques que propose l'AQPP. Elle affirme que cette rémunération est moins élevée que celle consentie aux médecins de famille pour les mêmes actes cliniques, et que les coûts pour le système sont moindres que si les patients doivent se présenter aux urgences.

«En premier, c’est une économie d’efficacité, de temps, d’accessibilité, et fort probablement d’argent aussi parce qu’on ne fait pas deux fois les choses», soutient M. Morin. 

Dans le contexte de rareté de main-d'œuvre, l'AQPP demande aussi aux patients de planifier le plus possible la préparation de leur ordonnance en téléphonant ou en le faisant en ligne. Ces simples actions peuvent dégager du temps pour le pharmacien afin qu'il soit plus efficace et éviter que les gens attendent trop longtemps derrière le comptoir.  

Le contenu en santé de La Presse Canadienne obtient du financement grâce à un partenariat avec l’Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est l’unique responsable des choix éditoriaux.

Katrine Desautels, La Presse Canadienne

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