Fondation Jacques-de Champlain
Québec tarde à implanter plus de défibrillateurs dans des lieux publics
Bonifier l'accès aux défibrillateurs externes automatisés (DEA) permettrait d'augmenter de près de 50 % le nombre de survivants d'un arrêt cardiaque, selon la Fondation Jacques-de Champlain. Elle dénonce l'inaction du gouvernement Legault pour la mise en place de son propre plan visant à déployer plus de DEA sur le territoire.
En 2022, le gouvernement a déposé un Plan d'action qui incluait une proposition de loi encadrant l'accès aux défibrillateurs externes automatisés. La même année, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a présenté la Stratégie globale de déploiement de 1000 DEA sur le territoire québécois.
«Depuis, silence radio. Le projet de loi n'est toujours pas en voie d’être déposé», déplore dans un communiqué la Fondation Jacques-de Champlain. Il s'agit d'un organisme de bienfaisance dédié à augmenter le taux de survie des victimes d’un arrêt cardiaque en optimisant l’accès et l’utilisation des défibrillateurs externes automatisés.
La fondation a entre autres fait en sorte qu'un registre provincial sur l’emplacement des DEA voit le jour au Québec. Il est possible de localiser ces emplacements sur une application mobile gratuite appelée DEA - Québec.
La fondation réclame depuis 10 ans une loi pour améliorer l'accès aux DEA. Elle a affirmé jeudi que «rien n'avance» pour l'adoption d'une telle loi et elle estime que M. Dubé a plutôt choisi de se concentrer sur une réforme administrative du système de santé, arguant qu'une loi sur les défibrillateurs dans l'espace public pourrait sauver des vies.
«C’est un défibrillateur qui m’a sauvé la vie, témoigne Jean-Philippe LaRose, survivant d’un arrêt cardiaque et administrateur à la Fondation Jacques-de Champlain. C’est normal que mon souhait le plus cher soit que tout le monde ait la même chance que moi de survivre. Avec le projet de loi, nous sommes tout près du but. Je comprends mal pourquoi on n’a pas encore une loi qui améliore l'accès aux DEA au Québec.»
Au Québec, près de 10 000 personnes sont victimes annuellement d'un arrêt cardiaque et malheureusement, neuf personnes sur dix en décèdent.
Le Manitoba fait bonne figure en la matière. Cette province canadienne possède une loi sur l’accès aux DEA et bénéficie d’un des plus grands accès au pays, soit 324 DEA par 10 000 habitants en 2020. Le Québec est l'une des provinces avec le plus faible bilan, c'est-à-dire 27 DEA par 10 000 habitants en 2020.
Ce taux est encore plus faible dans certaines régions du Québec. Par exemple, on compte au Saguenay-Lac-Saint-Jean 324 défibrillateurs externes automatisés enregistrés sur l'application DEA-Québec pour 95 761 km2. En Mauricie, on en recense 251 pour 35 447 km2.
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Katrine Desautels, La Presse Canadienne
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