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Agrandissement du Palais des congrès de Montréal: la mairesse est sceptique

durée 16h30
1 juin 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — La première ministre Christine Fréchette a été chaleureusement applaudie par quelque 1100 convives invités par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), lundi, lorsqu’elle a annoncé la réouverture du dossier d’opportunité pour l’agrandissement du Palais des congrès, où se tenait l’événement.

À l’issue de son discours, cependant, la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, n’affichait pas l’enthousiasme auquel on se serait attendu. «Je pense qu'il n'y a rien de nouveau dans le discours de la première ministre aujourd'hui. On s'attend quand même à quelque chose de plus concret. Donc, on va voir quels seront les engagements de la CAQ, d’elle comme cheffe de parti dans le cadre de la campagne qui s'en vient. Moi, ce que je comprends, c'est qu'il y a très peu de choses qu'elle peut faire concrètement, rapidement, mais c'est sûr que nous, on s'attend, comme Montréalais, à avoir des engagements beaucoup plus concrets dans le cas de la campagne qui s'en vient, notamment sur le transport, sur le logement, l'itinérance, etc.»

L’accueil plutôt froid de la mairesse peut s’expliquer par le fait que, d’une part, le dossier traîne dans le Plan québécois des infrastructures depuis 2015 et, d’autre part, par la manière dont la première ministre a présenté le projet. «Je veux être très claire, a-t-elle déclaré. On doit développer un partenariat innovant avec ce projet-là. Ce projet-là, le gouvernement du Québec ne pourra pas le porter seul sur ses épaules. Si on veut qu’il voie le jour, ça va prendre la participation du gouvernement fédéral, de la Ville de Montréal et du privé.»

«Ça ne va pas assez vite»

«On connaît l’état de nos finances publiques. Dans le même esprit d’innovation, j’ai des discussions avec la mairesse de Montréal concernant le Projet structurant de l’Est. L’Est de Montréal a besoin d’un mode de transport structurant intégré à la station Honoré-Beaugrand.

«Ça ne va pas assez vite à mon goût. On va explorer toutes les options sur la table pour avancer», a-t-elle affirmé, ajoutant là aussi qu’elle souhaitait «l’adhésion de la mairesse et de la Ville de Montréal».

En discussion avec Mme Fréchette, avant la mêlée de presse avec la mairesse Martinez Ferrada, la présidente et cheffe de la direction de la CCMM, Isabelle Dessureault, avait pourtant salué «l'engagement que vous venez d'annoncer concernant le Palais des congrès. C'est une modernisation qui s'inscrit dans un maintien d'actif. C'était un geste fort qui est la hauteur vraiment de l'institution».

Mme Dessureault a précisé que le Palais des congrès doit refuser une trentaine de congrès par année, faute de place, un manque à gagner annuel de centaines de millions. Et elle a assuré à Mme Fréchette que «le secteur privé sera au rendez-vous pour ce prochain chapitre».

Agrandir et ajouter un hôtel

Pour sa part, la présidente-directrice générale du Palais des congrès, Emmanuelle Legault, ne pouvait que se réjouir de l’intention annoncée par la première ministre, expliquant que la vision de son organisme est de «densifier les espaces du Palais des congrès, de le moderniser dans un contexte où les infrastructures sont vieillissantes et en effet, il y a un complexe hôtelier qu'on souhaite ajouter sur le Palais des congrès». En d’autres termes, l’intention est d’agrandir par l’intérieur en procédant à des rénovations majeures pour réaménager l’espace.

Selon elle, le privé va y trouver son compte en investissant dans un complexe hôtelier «qui va permettre aussi de générer des revenus pour le Palais. Ça, pour moi, c'est une super opportunité aussi de générer les revenus additionnels qui sont pérennes pour le Palais des congrès et qui nous permettent de réinvestir dans nos infrastructures».

Dans son allocution, Christine Fréchette a précisé qu’au-delà du Palais des congrès, son gouvernement entend présenter une nouvelle stratégie des marchés publics «pour maximiser l’achat québécois par le gouvernement. (…) Concrètement, on va augmenter la cible d’approvisionnement du gouvernement auprès des entreprises québécoises de 50 à 60 %. Ça veut dire qu’on va garnir vos carnets de commandes, et qu’on va vous donner plus de contrats. Dorénavant, l’État québécois va acheter davantage québécois!» a-t-elle lancé, encore une fois sous les applaudissements du parterre de gens d’affaires.

Elle a, là aussi, parlé d’innover pour aller chercher les fonds nécessaires. «On va devoir trouver de nouveaux modes de financement et travailler plus avec le privé. Afin de se donner une feuille de route claire, je vous annonce que le ministre des Finances et des Infrastructures (Eric Girard) va bientôt présenter une Politique d’entretien des infrastructures.»

Message à la communauté anglophone

Juste avant de terminer son discours, Christine Fréchette avait un message en anglais, pour signaler «l’importance de la communauté anglophone au Québec».

«Ma grande responsabilité de promouvoir et protéger le français ne changera pas. Mais le ton est important. En tant que première ministre de tous les Québécois, j’espère pouvoir apporter un ton différent à ces discussions» (NDLR: notre traduction).

Elle a fait valoir qu’en soutien de la candidature de Montréal pour l’obtention de la Banque de défense, de sécurité et de résilience de l’OTAN, son gouvernement avait non seulement mis en valeur la présence d’une grande communauté francophone, mais aussi d’une importante communauté anglophone à Montréal et de services de santé et d’éducation disponibles en anglais.

«Je crois fermement que la présence vibrante de notre communauté anglophone historiquement importante – pas seulement à Montréal, mais à travers le Québec – est une part intégrale de notre ‘vivre-ensemble’», a-t-elle affirmé.

Pierre Saint-Arnaud, La Presse Canadienne