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Carney se rendra en Turquie pour négocier, malgré une répression des personnes LGBTQ+

Carney se rendra en Turquie pour négocier, malgré une répression des personnes LGBTQ+
Photo: La Presse Canadienne, 2026

OTTAWA — Le premier ministre Mark Carney se rendra à nouveau en Turquie à la fin du mois, dans le but de renforcer les liens commerciaux et de défense avec ce pays dont l'importance ne cesse de croître.

M. Carney s'était rendu en Turquie en juillet à l'occasion du sommet de l'OTAN, et son cabinet indique qu'il ira de nouveau dans ce pays du 21 au 23 octobre. Selon son cabinet, il s'agira de la première visite bilatérale d'un premier ministre canadien en Turquie.

Un communiqué de presse du cabinet du premier ministre indique que M. Carney commencera par se rendre à Ankara pour rencontrer le président Recep Tayyip Erdogan, où les discussions porteront sur l’énergie et l’exploitation minière, le climat, la défense et la sécurité, ainsi que sur les liens entre les peuples.

M. Carney se rendra ensuite à Istanbul pour rencontrer des chefs d’entreprise et des investisseurs turcs, notamment dans les secteurs de l’énergie, de l’aérospatiale, des technologies de pointe, ainsi que de l’exploitation minière et des minéraux critiques.

Le communiqué précise que la Turquie est «un partenaire important» en matière de diversification, étant donné qu’elle est membre du G20 et alliée de l’OTAN.

Cette visite intervient alors que les critiques s’intensifient de la part des groupes LGBTQ+ concernant la décision du Canada de ne pas se joindre à ses homologues européens pour dénoncer les descentes menées contre des organisations turques défendant les minorités.

Le Canada négocie actuellement un accord commercial avec la Turquie, alors que les échanges bilatéraux ont augmenté de 50 % au cours des cinq dernières années et que la Turquie envisage d’acquérir de la technologie canadienne dans le domaine de l’énergie nucléaire.

Ottawa a achevé ses consultations sur l’accord de libre-échange, mais n’a pas encore publié de synthèse des commentaires recueillis.

Un partenaire envisagé par Ottawa

En mars, le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a indiqué que les relations avec le Canada devaient être renforcées afin de servir les intérêts mutuels et la paix mondiale.

Le même mois, la ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, a indiqué que les deux pays étaient en train de régler des questions de «terminologie», mais qu’ils «partageaient une vision commune pour des relations bilatérales renforcées».

M. Fidan a repris l’argument du gouvernement canadien selon lequel l’Europe devrait compléter l’alliance militaire sans faire double emploi avec l’OTAN.

Dans sa fiche d’information en ligne sur la Turquie, Affaires mondiales Canada la qualifie de «marché émergent qui présente un grand intérêt pour le Canada», offrant des opportunités aux entreprises canadiennes dans des secteurs tels que l’agriculture, les sciences de la vie, l’exploitation minière et les infrastructures.

La Turquie a aidé des Canadiens à être évacués lors de diverses crises au Moyen-Orient. Le pays a également acquis un poids stratégique accru ces dernières années, notamment lors de l’effondrement du régime d’Assad en Syrie.

Les relations bilatérales ont connu des tensions, notamment en raison de l’importante diaspora arménienne au Canada. Le Canada a parfois interdit les exportations d’équipements militaires vers la Turquie, affirmant qu’ils avaient été utilisés par l’Azerbaïdjan dans le conflit ethnique du Haut-Karabakh.

Dylan Robertson, La Presse Canadienne