«Certains principes perdurent même et surtout en périodes de turbulences», dit Wagner
OTTAWA — «La primauté du droit nous permet de naviguer avec confiance à travers le changement», a déclaré lundi le président de la Cour suprême du Canada, Richard Wagner, à l’occasion de l’ouverture de la nouvelle année judiciaire de la plus haute instance judiciaire du pays.
M. Wagner a indiqué que le monde semblait de plus en plus incertain en raison de la polarisation croissante, du rythme effréné des événements et de l'émergence rapide de l'intelligence artificielle.
La primauté du droit «nous rappelle que certains principes perdurent même et surtout en périodes de turbulences», a souligné M. Wagner.
«Dans un monde de plus en plus complexe, nous ne devons jamais perdre de vue les principes fondamentaux de notre système de justice. Ce sont eux que nous devons préserver, a-t-il ajouté. Cette responsabilité n'incombe pas uniquement aux tribunaux. Elle nous appartient à toutes et à tous.»
Le juge Wagner, entouré des autres membres de la Cour suprême, s’est exprimé lors d’une cérémonie organisée dans le nouveau bâtiment provisoire de la Cour.
La plus haute juridiction du Canada s’installe dans l'Édifice commémoratif de l'Ouest, non loin de la Colline du Parlement, tandis que son siège permanent, situé de l’autre côté de la rue, fait l’objet d’importants travaux de rénovation.
La rénovation du majestueux bâtiment de la Cour suprême devrait durer au moins dix ans.
Une cérémonie officielle d’accueil du nouveau membre de la Cour, Glenn Joyal, est prévue le mois prochain.
Le ministre de la Justice, Sean Fraser, a déclaré lundi devant une salle d’audience remplie de dignitaires que les provinces, les collectivités et divers groupes de citoyens s’interrogent sur leur rôle au sein de la fédération canadienne.
«Si nous voulons préserver l’unité nationale, nous devons sans cesse renforcer la conviction du public que les systèmes dont nous bénéficions servent ses intérêts à long terme, a soutenu le ministre. Le droit a un rôle important à jouer à cet égard.»
M. Fraser a ajouté qu’à une époque «où il est difficile de faire la part des choses entre la vérité et la fiction, en particulier avec l’essor et le déploiement de l’intelligence artificielle, la fonction de recherche de la vérité de cette cour et des tribunaux à travers le Canada n’a jamais été aussi importante».
Jim Bronskill, La Presse Canadienne

