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Jour 35: la monarchie et les enjeux autochtones s'invitent dans la campagne

Jour 35: la monarchie et les enjeux autochtones s'invitent dans la campagne
Photo: La Presse Canadienne, 2026

L'abolition du poste de lieutenant-gouverneur et les relations avec les nations autochtones ont occupé l'avant-scène de la 35e journée de la campagne électorale québécoise.

À l’occasion de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, différents partis ont pris mercredi des engagements en faveur des relations avec les Premières Nations et Inuit.

Le Parti québécois (PQ) a notamment promis de mettre en place des cours de langue et de culture autochtones dans les écoles primaires et secondaires.

Le parti veut ainsi offrir aux Québécois et aux Autochtones des cours complémentaires à l'école qui leur permettraient d'en apprendre davantage sur les langues et coutumes des différentes communautés.

Il précise qu'il consultera les Premières Nations et Inuit en amont pour «élaborer un plan visant à renforcer la vitalité des langues autochtones partout sur le territoire québécois».

Le parti mettrait aussi en place une «Maison des savoirs», qui serait «le premier établissement d’enseignement universitaire par et pour les peuples autochtones».

Le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, s’est engagé pour sa part à accorder plus d’autonomie aux nations autochtones, notamment en matière de protection de la jeunesse.

Le parti intégrerait «les nations autochtones dans les décisions, en prévoyant, dans la loi, des sièges avec droit de vote pour elles aux tables régionales décisionnelles».

Rappelons que le PCQ a promis de créer 17 tables régionales décisionnelles afin de redonner plus de pouvoirs aux régions.

La formation propose également de jouer un rôle de facilitateur dans la préservation des cultures autochtones, consulter les nations autochtones pour tout projet ayant des répercussions sur les territoires ancestraux et collaborer à la création d’aires protégées d’initiative autochtone.

La porte-parole de Québec solidaire (QS), Ruba Ghazal, a, quant à elle, remis à l'avant-plan l'idée de faire du 30 septembre un jour férié comme pour les entreprises sous juridiction fédérale.

«L'objectif est d'établir un dialogue entre les allochtones et les autochtones pour se remémorer, pour se rappeler, puis pour aussi agir ensemble pour les peuples autochtones», a expliqué Mme Ghazal, ajoutant que ceux-ci sont «victimes du racisme systémique depuis de très nombreuses années».

La Journée nationale de la vérité et de la réconciliation vise à honorer la mémoire des survivants des pensionnats pour enfants autochtones et ceux qui ne sont jamais rentrés chez eux

Dans un communiqué, QS a également réitéré sa volonté de «collaborer de Nation à Nations avec les peuples autochtones et d'être à l’écoute de leurs revendications» et de s’engager à «favoriser la pleine implication des Premières Nations et des Inuit dans sa grande consultation sur son projet d’indépendance».

Abolir la monarchie

Après avoir indiqué mardi vouloir mettre fin à la monarchie et abolir le poste de lieutenant-gouverneur, le chef du PQ a précisé qu'un gouvernement péquiste échangerait avec le fédéral pour y parvenir.

La fonction de lieutenant-gouverneur, le représentant du roi au Québec, est inscrite dans la Constitution. Elle ne peut être modifiée ou abolie unilatéralement. Elle est aussi essentielle au fonctionnement des institutions au Québec.

Paul St-Pierre Plamondon a plaidé que la Constitution, qui est de tradition de Common Law, peut être changée par les pratiques et qu’il allait en discuter avec le gouvernement fédéral. Le leader péquiste avait indiqué que s’il forme le prochain gouvernement, il allait déposer un projet de loi pour abolir le poste.

Ses rivaux de la Coalition avenir Québec (CAQ) et de QS ont montré de l'ouverture à la proposition du PQ.

Mme Ghazal s'est dite d'accord à l'idée de «couper les vivres» de la fonction au Québec. Tandis que la cheffe caquiste, Christine Fréchette, s'est dite en accord en principe, mais elle a souligné l'approche «frontale» de son homologue péquiste.

Bien que ce ne soit pas un enjeu prioritaire de la campagne, M. St-Pierre Plamondon «n'a pas nécessairement tort sur le fond», a dit le chef conservateur, Éric Duhaime, soutenant qu'«il y a moyen effectivement de dégager des économies».

Attaques de Milliard

Le chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard, s'est fait plus grinçant à l'endroit de son rival péquiste.

M. Milliard a qualifié M. St-Pierre Plamondon de «belliqueux» et «chicanier», non seulement en raison de sa proposition sur la monarchie, mais aussi pour s'être insurgé contre le premier ministre canadien Mark Carney. Ce dernier a déclaré au «New York Times» envisager une augmentation «contrôlée» de l'immigration dans les prochaines années.

Contrairement à ce que laisse entendre le chef du PQ, M. Carney «n'a pas dit» qu'il voulait rouvrir les vannes de l'immigration, a tempéré Charles Milliard.

«On a eu le retour du bon vieux Paul St-Pierre Plamondon qu'on avait peut-être oublié dans les 30-35 premiers jours de la campagne», a-t-il déclaré.

Ce Paul St-Pierre Plamondon «belliqueux» veut «toujours être en opposition, entre autres, évidemment, avec le gouvernement fédéral», a-t-il ajouté.

Dans le dossier de la monarchie, M. St-Pierre Plamondon s’est défendu de vouloir provoquer des conflits avec Ottawa dans le but de mousser son option.
«Ce n’est pas tant une logique de confrontation qu'une logique qui laisse la démocratie et les gens, leur intérêt, parler», a-t-il soutenu.

Des «U-Turn» dénoncés

De son côté, la cheffe caquiste s’est dite préoccupée par la volonté de M. Carney d'augmenter l’immigration au Canada. Elle demande que les seuils du Québec soient respectés.

Mme Fréchette s'en est aussi prise à M. St-Pierre Plamondon, l’accusant d’avoir fait des «U-Turn» sur le troisième lien et Santé Québec.

Le PQ avait promis au début de la campagne électorale un troisième lien entièrement consacré au transport en commun. Il y a quelques jours, M. St-Pierre Plamondon a finalement dit que le projet ne serait pas dans les cartons dans un premier mandat péquiste.

Également, alors que le PQ s’était initialement engagé à abolir Santé Québec, il propose désormais la création d’une agence pour remplacer la société d’État.

«Pour quelqu'un qui a acheté de la publicité le long de l'autoroute en disant: “Un gouvernement qui dit ce qu'il fait et qui fait ce qu'il dit”, on n'est même pas arrivé à l'élection que déjà il a fait deux U-Turn», a lancé Mme Fréchette.

Par ailleurs, M. Milliard a présenté un nouvel engagement en santé: fixer des ratios sécuritaires soignant-patients dans les établissements.

L'idée est de mieux soutenir les soignantes en adaptant leur charge de travail au nombre de patients et à la complexité des soins, a expliqué la candidate libérale dans Sainte-Rose, la Dre Cécile Tremblay, médecin microbiologiste-infectiologue et clinicienne-chercheuse au CHUM.

Le scrutin aura lieu dans quelques jours, le 5 octobre.

— Avec des informations de Patrice Bergeron, Stéphane Blais, Thomas Laberge et Caroline Plante de La Presse Canadienne

Frédéric Lacroix-Couture, La Presse Canadienne