L'entraînement isométrique pourrait contrôler la tension artérielle
MONTRÉAL — Une ou deux séances d’entraînement isométrique par semaine pourraient assurer le maintien à court terme de baisses de la tension artérielle, selon les conclusions d’une étude publiée en ligne dans la revue BMJ Open Sport & Exercise Medicine.
Une seule séance par semaine peut contribuer à préserver des bienfaits significatifs pour la santé, affirment les chercheurs.
Les résultats suggèrent toutefois que pratiquer ce type d’exercice trois fois par semaine, précise-t-on par voie de communiqué, permettrait de préserver les bienfaits en termes de réduction de la tension artérielle sur une période plus longue.
«L’étude apporte la preuve qu’un entraînement isométrique à faible fréquence peut aider à maintenir les baisses de tension artérielle à court terme, offrant ainsi une option pragmatique aux personnes disposant de peu de temps ou rencontrant des difficultés d’observance», écrivent les chercheurs britanniques.
L'entraînement isométrique consiste à maintenir une posture pendant quelques minutes à la fois. Il s'agit par exemple de rester en position accroupie, de tenir une planche ou d'effectuer des exercices de préhension.
Des études publiées précédemment avaient montré que l’entraînement isométrique réduit davantage la tension artérielle que d’autres formes d’exercice et peut produire un effet similaire, voire supérieur, à celui de certains traitements médicamenteux.
Cependant, la fréquence à laquelle l’entraînement isométrique doit être pratiqué pour conserver ces bienfaits n’a pas encore été établie.
Pour le déterminer, les chercheurs ont recruté cent adultes d’un âge moyen de 37,4 ans, présentant une tension artérielle systolique normale à normale-élevée (120-140 mmHg) et ne pratiquant pas régulièrement d’activité physique structurée.
Selon les recommandations des experts, une tension artérielle comprise entre 130 et 139 mmHg est classée comme «normale-élevée» et devrait donner lieu à des conseils médicaux spécifiques en matière de mode de vie; toutefois, les participants à l’étude ne souffraient pas d’hypertension.
Les participants n’étaient inclus dans l’étude que s’ils ne présentaient ni blessure ni maladie, s’ils ne prenaient pas et n’avaient jamais pris de médicaments contre l’hypertension, s’ils n’étaient pas fumeurs et s’ils ne consommaient pas plus de 14 unités d’alcool par semaine, indique le communiqué.
Les participants ont été répartis au hasard en cinq groupes : un groupe témoin et quatre groupes qui ont tous suivi le même programme initial de quatre semaines d’entraînement isométrique à domicile ciblant le bas du corps.
Ce programme comprenait quatre séries d’exercices isométriques de squats contre un mur, séparées par deux minutes de repos en position assise, à raison de trois fois par semaine.
Au cours des quatre semaines suivantes, les participants ont été répartis selon quatre programmes d’entraînement : un groupe a continué à s’entraîner trois fois par semaine, un deuxième groupe deux fois par semaine et un troisième groupe une fois par semaine. Le groupe restant a complètement arrêté les exercices.
La tension artérielle, la fréquence cardiaque et d’autres paramètres cardiaques ont été mesurés au début de l’étude, puis après quatre et huit semaines.
Conformément aux recherches antérieures, tous les groupes ayant suivi le programme d’exercices initial de quatre semaines ont présenté, après quatre semaines, des baisses significatives de la tension artérielle systolique, de la tension artérielle diastolique et de la pression artérielle moyenne par rapport au groupe témoin.
Au bout de huit semaines, les groupes ayant pratiqué les exercices une ou deux fois par semaine ont pu maintenir des baisses significatives de la pression artérielle systolique et de la pression artérielle moyenne, mais pas de la pression diastolique, par rapport au groupe témoin.
Cependant, les participants ayant poursuivi leur entraînement isométrique trois fois par semaine ont conservé leurs baisses de tension artérielle et ont obtenu la plus forte réduction (-13,73 mmHg) de la tension artérielle systolique par rapport au début de l’étude. À titre de comparaison, la réduction était de 6,95 mmHg pour le groupe s’entraînant deux fois par semaine et de 6,56 mmHg pour celui s’entraînant une fois par semaine.
Ils ont également conservé des améliorations au niveau d’autres paramètres cardiaques, notamment la résistance périphérique totale (un indicateur du rétrécissement des vaisseaux sanguins) et la variabilité de la fréquence cardiaque.
Le groupe ayant cessé de pratiquer les exercices isométriques après la période initiale de quatre semaines a vu sa tension artérielle revenir à des niveaux ne différant pas de manière significative de ceux du groupe témoin, conclut le communiqué.
La Presse Canadienne

