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La sécurité des forces de l'ordre s'est améliorée, selon un expert

durée 12h07
24 juin 2026
La Presse Canadienne, 2026
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3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

Malgré la mort de trois policiers au Canada au cours des deux dernières semaines, un expert en criminologie affirme que le nombre de décès de policiers en service cette année reste dans la moyenne historique. Les données montrent que le métier de policier est globalement plus sécuritaire aujourd’hui que durant les décennies précédentes.

Mohamed Lamine Benredouane, 34 ans, agent du Service de police de la Ville de Montréal, a été abattu lundi après avoir répondu à un appel au 911 signalant une fusillade dans un hôtel du quartier Côte-des-Neiges. Un civil a également été tué, tout comme le suspect, et une policière a été blessée.

Cet incident fait suite au décès de deux policiers en Ontario, survenu à deux jours d’intervalle plus tôt dans le mois.

L’agent Tarun Bali, 29 ans, de la Police provinciale de l’Ontario, a été tué à Hearst, le 9 juin, alors qu’il tentait d’intercepter un véhicule en fuite. Puis, le 11 juin, l’agent de la police de Toronto Marc Pinizzotto, 43 ans, a été abattu alors que des agents effectuaient une perquisition dans le cadre d’une opération liée à des enquêtes sur plusieurs fusillades, dont celle survenue au consulat américain en mars. Dans chaque affaire, un suspect a été accusé de meurtre au premier degré.

Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a écrit mardi à son homologue de l’Île-du-Prince-Édouard, Rob Lantz, pour demander une «discussion d’urgence» entre les premiers ministres canadiens lors de la réunion du Conseil de la fédération prévue le mois prochain, afin d’aborder ce qu’il a qualifié de «tendance alarmante».

«Ces tragédies soulignent la nécessité d’un débat national sérieux sur la sécurité publique, le soutien aux forces de l’ordre et les risques croissants auxquels sont confrontés ceux qui mettent quotidiennement leur vie en danger», a indiqué M. Ford à M. Lantz, qui préside actuellement le Conseil.

D'autres métiers plus risqués

Justin Piché, professeur de criminologie à l’Université d’Ottawa, affirme cependant que les décès de policiers survenus en peu de temps ne témoignent pas nécessairement d’une nouvelle tendance.

M. Piché, qui a recueilli et analysé des données sur les décès de policiers canadiens au cours des 64 dernières années, a déclaré que les chiffres actuels s’inscrivent dans la fourchette historique, compte tenu du fait que le nombre de policiers a considérablement augmenté depuis 1962.

«Le nombre de décès et le taux de mortalité des policiers en service étaient, d’une manière générale, bien plus élevés dans les années 1960, 1970 et au début des années 1980», a-t-il dit mardi lors d’un entretien téléphonique.

Selon un rapport récent de M. Piché, 416 policiers sont décédés dans l’exercice de leurs fonctions à travers le Canada au cours de la période étudiée, soit une moyenne d’environ 6,5 décès par an.

Les années les plus meurtrières pour les policiers ont été 1962 et 1968, où 16 décès de policiers en service ont été comptabilisés.

M. Piché souligne que les policiers sont plus susceptibles de mourir dans un accident que d’être tués intentionnellement, 58 % du total des décès en service étant dus à des accidents.

Le rapport montre également que, bien qu’il y ait eu un pic en 2023 après le décès de huit policiers en service — dont six à la suite d’actes de violence intentionnelle —, aucun décès de policier en service n’a été enregistré en 2024 et en 2025.

Les accidents de la route constituent la principale cause de décès des policiers en service au Canada, avec 160 décès sur un total de 416. Les coups de feu intentionnels viennent en deuxième position, avec 149 décès, selon le rapport.

«Même si le métier de policier revêt une forte valeur symbolique, il existe d’autres catégories de travailleurs au Canada qui meurent dans l’exercice de leur métier à un taux plus élevé que les policiers», a-t-il déclaré, ajoutant que des secteurs tels que la pêche, l’exploitation minière, la sylviculture et le bâtiment présentent généralement des taux de décès au travail plus élevés que ceux observés dans les forces de l’ordre.

«Je ne veux pas minimiser les décès de quiconque ni d’aucun groupe de travailleurs, mais le fait est que le métier de policier, en termes de risques de mourir dans l’exercice de ses fonctions, est plus sûr que de travailler dans un certain nombre d’autres secteurs.»

Rianna Lim, La Presse Canadienne