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Le Collège des médecins veut que la pratique auprès des itinérants devienne une AMP

Le Collège des médecins veut que la pratique auprès des itinérants devienne une AMP
Photo: La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — Face à la montée du nombre de personnes sans abri, le Collège des médecins du Québec (CMQ) a mis sur pied un groupe de réflexion sur l'itinérance. Plusieurs pistes de solution ressortent de son rapport publié mercredi, entre autres de désigner la pratique auprès des personnes en situation d'itinérance comme une activité médicale particulière (AMP).

Au Québec, les médecins de famille sont tenus de consacrer une partie de leur pratique à des AMP, par exemple les soins en CHSLD, en obstétrique ou à l’urgence. Le Collège voudrait rajouter à la liste les soins auprès des populations itinérantes.

Le groupe de réflexion sur l'itinérance, qui a été créé en février, s'est réuni à six reprises. Le 8 juin dernier, il a tenu une journée de réflexion où une vingtaine d’intervenants qui œuvrent auprès de cette population ont été entendus, dont des personnes ayant vécu l'itinérance.

«Faites attention au paternalisme. Soyez conscients de vos propres biais et de vos préjugés», disait l'une d'elle, citée dans le rapport. Une autre citation mentionne: «Nous vivons au présent; demain n’existe pas, nous n’avons pas d’avenir».

Le nombre de personnes itinérantes a augmenté de 20 % depuis 2022, selon le plus récent dénombrement, qui date de 2025. On recensait alors 12 077 personnes en situation d’itinérance visible dans la province, dont 40 % se trouvent à Montréal.

Vivre dans la rue a de lourdes conséquences sur la santé. D'abord, plusieurs problèmes de santé sont susceptibles de ne pas être détectés. Les personnes sans abri ont aussi un vieillissement prématuré et une espérance de vie significativement réduite — elle se situe entre 40 et 50 ans, alors qu'elle dépasse les 80 ans pour le reste de la population.

Le Collège des médecins est d'avis que la communauté médicale peut agir de façon proactive en repérant mieux les personnes à risque de vivre un épisode d'itinérance. Le CMQ recommande que les médecins intègrent des questions sur le logement dans leur questionnaire d'évaluation de base (anamnèse). «Par exemple: la personne devant moi dispose-t-elle d’un logement sécuritaire? Craint-elle de le perdre?», indique le rapport.

On suggère aussi de revoir le protocole de triage à l’urgence afin qu'il soit mieux adapté aux réalités des personnes sans abri. «Considérant la prévalence élevée d’enjeux de santé mentale et de dépendance chez les [personnes en situation d'itinérance], la mise en place de corridors prioritaires pour l’obtention de soins en santé mentale est à envisager pour mieux répondre aux besoins», peut-on lire dans le rapport.

Des recommandations sont également adressées à Santé Québec et au gouvernement, notamment de reconnaître le logement comme un déterminant social de la santé.

On réclame également des formations spécifiques et des stages en milieu communautaire à travers les cursus médicaux afin de renforcer les connaissances et les compétences des médecins en matière d'itinérance.

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La couverture en santé de La Presse Canadienne est soutenue par un partenariat avec l’Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est seule responsable de ce contenu journalistique.

Katrine Desautels, La Presse Canadienne