Les autorités ont déporté 111 personnes pour des violences liées à l'extorsion
OTTAWA — Les autorités frontalières canadiennes affirment avoir expulsé 111 personnes depuis août de l'année dernière dans le cadre de la lutte contre la violence liée à l'extorsion au sein des communautés sud-asiatiques.
L'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) précise que 58 déportations se sont passées dans la région du Pacifique, 30 dans les Prairies et 23 dans la région du Grand Toronto.
L’agence a commencé à consacrer des ressources à l’identification des dossiers d’immigration et de réfugiés liés à l’extorsion dans l’Ouest canadien en août 2025, puis a étendu ses opérations à l’Ontario en novembre dernier.
L'opération de l'AFSC enquête sur l'implication de ressortissants étrangers dans la violence liée à l'extorsion, ainsi que leurs rapports au crime organisé ou toute autre activité criminelle. Si les dossiers de ceux-ci ne sont pas conformes à la Loi canadienne sur l'immigration et la protection des réfugiés (LIPR), l'agence les renvoie dans leur pays d'origine.
Elle fait la promotion de cette opération en présentant les cas récents de quatre hommes déportés pour leurs liens avec le crime organisé. Les hommes démontrent respectivement une «appartenance à une organisation criminelle», «une criminalité grave en vertu de la LIPR», un lien «à des activités impliquant des armes à feu» ou «à une organisation se livrant à des activités criminelles systématiques».
Au total, 188 mesures de renvoi ont été prononcées par l’ASFC à l’encontre de ressortissants étrangers en lien à des actes de violence liés à l’extorsion, dont 91 en Colombie-Britannique, 47 dans les Prairies et 50 dans la région du Grand Toronto.
«Ces enquêtes s’appuient sur des renseignements fournis par les partenaires de l'application de la loi, d’autres organismes gouvernementaux, des enquêtes menées par l’ASFC et des signalements du public», indique le communiqué de l’agence.
«L’ASFC accorde la plus haute priorité à l’application de la loi et au renvoi des personnes impliquées dans des activités criminelles, liées au crime organisé ou représentant un risque pour la santé publique.»
Une ligne téléphonique dédiée a été mise en place pour permettre au public de communiquer des informations sur de tels cas aux agents des frontières.
Surrey, en Colombie-Britannique, figure parmi les villes les plus durement touchées par la violence liée à l’extorsion au Canada.
La police locale indique que 139 cas d’extorsion ont été signalés depuis le début de l’année, dont 21 avec des coups de feu, 2 incendies criminels et 74 victimes.
L’ASFC n’a pas précisé les pays d’origine des personnes expulsées, mais les autorités de tout le Canada ont mis en avant le rôle du gang de Lawrence Bishnoi, basé en Inde, dans les crimes d’extorsion; le gouvernement fédéral l’a d’ailleurs désigné comme groupe terroriste en septembre dernier.
«Le gang Bishnoi sème la terreur dans les communautés où il opère en perpétrant des activités d’extorsion et d’intimidation», indique Sécurité publique Canada dans sa liste des groupes désignés, précisant que ce gang «est également impliqué dans des meurtres, des fusillades et des incendies criminels» en prenant pour cible les communautés de la diaspora.
La Presse Canadienne

