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Le manque de travailleurs étrangers temporaires pourrait compromettre les activités des agriculteurs

La fermeture des frontières inquiète l’UPA

Les restrictions aux frontières pourraient empêcher 16 000 travailleurs étrangers temporaires de venir assister les producteurs canadiens dans leurs opérations.
Photo: Archives Les restrictions aux frontières pourraient empêcher 16 000 travailleurs étrangers temporaires de venir assister les producteurs canadiens dans leurs opérations.
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La fermeture des frontières annoncées par le gouvernement canadien inquiète grandement l’Union des producteurs agricoles (UPA). Lors d’un point de presse tenu à Longueuil mercredi matin, les acteurs du milieu agricoles ont fait part de leurs craintes. 

Les restrictions aux frontières pourraient empêcher 16 000 travailleurs étrangers temporaires de venir assister les producteurs canadiens dans leurs opérations. Dans le contexte de pénurie de main-d’oeuvre actuelle, les agriculteurs comptent grandement sur ces ouvriers provenant principalement du Mexique, du Guatemala et d’autres pays d’Amérique latine. Ils viennent chaque année offrir leurs services à plus de 1300 fermes. 

« L’annonce de limiter l’entrée au Canada faite lundi par le premier ministre Trudeau a pour conséquence de fermer la porte à ces travailleurs essentiels. Cela aura un effet catastrophique sur la disponibilité de nos produits d’ici », explique Sylvain Terrault, président de l’Association des producteurs maraîchers du Québec. 

En ce sens, M. Terrault et les acteurs du milieu de l’agriculture demandent aux gouvernements « d’amender son interdiction d’accès aux étrangers et de permettre l’entrée au pays de nos travailleurs agricoles qui se qualifient aux règles du programme des travailleurs étrangers temporaires (TET) ».

Pénurie et flambée des prix 

L’UPA craint que l’absence de travailleurs étrangers ne compromette l’approvisionnement de plusieurs produits québécois, ce qui générerait une flambée des prix. Les prix des différents fruits et légumes comme les fraises, la laitue et les poivrons sont fixés par l’offre et la demande. Sans cet approvisionnement, il faudrait trouver d’autres solutions pour nourrir la population. 

« Cela risque de nous faire dépendre davantage de l’importation à un moment où chaque pays sera dans une situation critique pour assurer lui-même sa production alimentaire », croit Marcel Groleau, président général de l’UPA. 

Risque de propagation 

L’UPA est bien consciente du risque que poserait l’arrivée de travailleurs étrangers. 

« Nous sommes prêts à mettre de l’avant toutes les mesures possibles pour être capables d'accueillir nos gens ici en toute sécurité et santé, tant pour les Québécois que nos travailleurs étrangers temporaires », dit Sylvie Cloutier, présidente directrice générale du Conseil de la transformation alimentaire du Québec. 

Rejoint par téléphone, James Allen, président de l’UPA Chaudière-Appalaches, se veut plus précis.

« Il faudrait connaître l’état de santé des travailleurs avant qu’ils partent de leur pays. Ensuite, avoir des avions nolisés pour ne pas qu’ils contaminent d’autres voyageurs. Troisièmement, il faudrait les mettre en quarantaine à leur arrivée. »

M. Allen n’était pas en mesure de dire qui paierait la facture pour instaurer ces dispositions supplémentaires. « Nous ne sommes pas encore rendus là. »

Le gouvernement canadien a confirmé que les travailleurs étrangers temporaires pourront toujours venir au pays s'ils se placent en quarantaine à leur arrivée. Cependant, Ottawa n'a pas parlé de la possibilité d'avoir recours à des avions nolisés. 

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