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Canada

La pénurie de main-d'œuvre dans le secteur manufacturier a fait perdre 13 milliards $

durée 16h00
25 octobre 2022
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne

L'économie canadienne a perdu près de 13 milliards de $ au cours de la dernière année en raison d'une pénurie nationale de main-d'œuvre et de compétences dans le secteur manufacturier, selon un nouveau rapport.

L'enquête annuelle sur la main-d'œuvre menée par Manufacturiers et Exportateurs du Canada (MEC) auprès de 563 fabricants de 17 industries du pays a révélé que près des deux tiers d'entre eux ont perdu ou refusé des contrats et connu des retards de production en raison d'un manque de travailleurs.

Les pénalités et la perte de ventes résultant de ces problèmes ont totalisé 7,2 milliards de dollars, selon l'association.

De plus, 43% des entreprises ont reporté ou annulé des projets d'immobilisations en raison des pénuries, ce qui a entraîné une perte supplémentaire de 5,4 milliards de dollars en investissements, a déclaré le MEC.

La pandémie a eu des effets persistants sur le marché du travail dans le secteur industriel, selon le rapport – pendant deux années consécutives, plus de 80% des fabricants ont déclaré être confrontés à des pénuries de main-d'œuvre et de compétences, contre 60% en 2020 et 39 % en 2016.

Le secteur était aux prises avec des problèmes de main-d'œuvre avant la pandémie, a indiqué le président et chef de la direction de MEC, Dennis Darby, mais les difficultés se sont intensifiées pendant la crise sanitaire et n'ont pas cessé.

«Alors que la pandémie s'est atténuée d'un point de vue sociétal, les inquiétudes concernant les pénuries de main-d'œuvre étaient toujours aussi fortes», a-t-il déclaré.

L'économiste en chef de MEC, Alan Arcand, a indiqué dans le rapport que deux facteurs se combinent pour créer la pénurie: une cohorte vieillissante de baby-boomers qui prennent leur retraite par vagues et un manque d'intérêt pour les emplois manufacturiers chez les jeunes Canadiens.

Pendant la pandémie, plus de travailleurs ont pris leur retraite que d'habitude, a souligné Todd LeRoy, vice-président de l'entreprise de fenêtres Loewen, tandis que l'immigration a été freinée.

«De plus, ces derniers mois, le marché du travail a été très fort et il n'y a tout simplement pas assez de personnes pour occuper les postes ouverts», a déclaré M. LeRoy dans un communiqué envoyé par courriel.

«Le taux de natalité ne peut tout simplement pas suivre la demande que nous avons», poursuit-il.

L'un des plus grands obstacles signalés par les entreprises était la difficulté à trouver des travailleurs possédant les bonnes compétences techniques – les pénuries frappent le plus durement les emplois de production qualifiés, tels que les soudeurs, les machinistes et les mécaniciens industriels. Les entreprises ont également du mal à pourvoir des postes dans la main-d'œuvre générale ou la production, et des postes de supervision ou de gestion.

M. Darby craint que les pénuries, en particulier de travailleurs qualifiés, ne deviennent chroniques et que le problème ne puisse être résolu du jour au lendemain, car il faut du temps pour apprendre un métier.

Le flux de nouvelles personnes embauchées a été «très très lent» pendant la pandémie, a soulevé M. Darby.

Selon lui, le secteur devait embaucher davantage de groupes sous-représentés dans l'industrie, comme les femmes, les personnes de couleur, les Autochtones et les nouveaux arrivants.

Pour attirer et retenir les travailleurs, plus de 70 % des personnes interrogées ont déclaré qu'elles augmentaient les salaires et les avantages sociaux. Cependant, elles se tournent également vers le gouvernement pour qu'il les aide en soutenant l'automatisation, en faisant la promotion des métiers et en augmentant l'immigration.

MEC demande également au gouvernement d'augmenter la Subvention canadienne pour l'emploi et de la rendre permanente, d'offrir des crédits d'impôt pour compenser les coûts de formation des employés ainsi que les achats d'équipement, et d'accélérer le programme des travailleurs étrangers temporaires.

Les pénuries en cours ont mis en lumière la nécessité d'une plus grande automatisation, a mentionné M. Darby.

Cependant, il a souligné que si les travaux généraux et de production, en particulier les tâches répétitives, sont prêts à être davantage automatisés, ils sont beaucoup moins susceptibles de combler le manque de travailleurs qualifiés.

MEC représente plus de 2500 entreprises à travers le Canada, dont la plupart sont des petites et moyennes entreprises.

Rosa Saba, La Presse Canadienne

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