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26 août 2020 - 16:00 | Mis à jour : 16:09

Élus et organisations s'unissent contre le dézonage

L'UPA Montérégie demande un engagement ferme pour protéger le garde-manger du Québec

Par Salle des nouvelles

La Fédération de l’UPA de la Montérégie, des élus locaux et des groupes environnementaux s’unissent pour saluer la position du ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, de ne pas autoriser la demande de dézonage par décret des élus du Haut-Richelieu.

Toutefois, des terres parmi les plus fertiles de la province demeurent menacées par la pression liée à l’étalement urbain, principalement en Montérégie. Ces organisations demandent donc au premier ministre François Legault un engagement de son gouvernement afin de mieux protéger le garde-manger du Québec, notamment dans le
Plan d’agriculture durable qui sera présenté en octobre.

En juin dernier, la MRC du Haut-Richelieu a interpellé le gouvernement dans le but d’obtenir un décret ministériel pour faire dézoner pas moins de 187 hectares de terres agricoles dans la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu, soit l'équivalent d’environ 260 terrains de soccer pour aménager un parc industriel.

Malgré des refus clairs de la Commission de la protection du territoire agricole (CPTAQ) et du Tribunal administratif du Québec (TAQ), les protestations de la population locale et l’absence de besoin de nouvelles surfaces industrielles dans cette MRC, certains élus de la région semblent interpréter la volonté du gouvernement de relancer l’économie comme une opportunité pour l’approbation de projets tous azimuts.
  

« Optimiser l'utilisation de nos parcs industriels existants »

   
« Les parcs industriels de Saint-Jean-sur-Richelieu ont encore amplement d’espace. Le travail à faire, c’est d’optimiser l’utilisation de nos parcs industriels existants. En fermant la porte à cette demande, le gouvernement a lancé un message sans précédent aux autres municipalités du Québec en matière de protection de nos terres agricoles, affirme Maryline Charbonneau, conseillère municipale pour la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu. Les terres cultivables sont essentielles à notre vitalité économique.»

« Nourrir les Québécois.e.s par une agriculture locale, autonome et durable: n’était-ce pas là un des objectifs avoués de M. Legault afin d’améliorer la résilience du Québec face aux crises présentes et futures? Son gouvernement se doit d’être pragmatique sur cette question. La situation à Saint-Jean-sur-Richelieu illustre un enjeu plus large, qui s’étend partout dans la province, déclare Colleen Thorpe, directrice générale d’Équiterre. Nos agriculteur.trice.s demandent de la prévisibilité et souhaitent avoir la conscience tranquille alors qu’ils travaillent excessivement fort pour nourrir leurs concitoyen.ne.s. »

« Nos fermes familiales assurent le développement et l’occupation du territoire partout au Québec. Pourtant, les municipalités continuent de vouloir dilapider notre garde-manger collectif pour soi-disant assurer leur rentabilité, cette situation est inacceptable et doit cesser », indique pour sa part Christian St-Jacques, président de la Fédération de l’UPA de la Montérégie.

« Asseoir l’avenir d’une collectivité sur la destruction des terres agricoles et naturelles est une vision d'un autre siècle. Le développement peut se faire de façon durable et intelligente, en privilégiant la requalification de bâtiments et la réhabilitation de terrains contaminés. Conjuguer la protection et la mise en valeur du territoire en stimulant l’autonomie alimentaire, voilà une vision du 21e siècle », déclare Christian Savard, directeur général de Vivre en Ville.

En Montérégie, l’agriculture génère un PIB régional de 1,12 milliard $. 15 300 emplois sont directement liés à ce secteur d’activité économique. Les 6 880 fermes de la région produisent à elles seules 30 % du produit intérieur brut agricole québécois et génèrent 25 % des emplois agricoles au Québec.
   

Une prise de position du gouvernement

   
La pression opérée depuis trop d’années sur les sols fertiles de la Montérégie doit donc cesser, selon les opposants au dézonage. Selon ces derniers, les administrations municipales doivent revoir leurs façons de faire afin de planifier leur développement de façon plus durable. Pour y arriver, un signal clair du gouvernement et un soutien approprié seront nécessaires.

La demande de décret des élus du Haut-Richelieu visant le dézonage de 187 hectares de terres agricoles est inadmissible pour diverses organisations, qui souhaitent que ce ne soit plus une option. Les agriculteurs demandent de la prévisibilité et souhaitent avoir la conscience tranquille alors qu’ils travaillent d’arrache-pied pour nourrir leurs concitoyens.

Ces divers acteurs du secteurs agricoles et élus demandent que le premier ministre prennent position publiquement sur la question. Nourrir les Québécoises et Québécois par une agriculture locale, autonome et durable: voilà une des priorités nationales rassembleuses que le gouvernement s’est donnée afin d’améliorer la résilience du Québec face aux crises présentes et futures.

Voici la liste des organisations impliquées dans cette demande:

Christian St-Jacques, président, Fédération de l’UPA de la Montérégie, Christian Kaiser, président, Syndicat de l’UPA du Haut-Richelieu, Colleen Thorpe, directrice générale, Équiterre, Diego Creimer, co-directeur général par intérim, Fondation David Suzuki, Marcel Comiré, directeur général, COVABAR (OBV Richelieu / zone Saint-Laurent), Marie Tremblay, présidente, Mouvement écologique du Haut-Richelieu, Christian Savard, directeur général, Vivre en Ville, Alain Laplante, maire, Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu, Martin Thibert, maire, municipalité de Saint-Sébastien, Justin Bessette, conseiller municipal, Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu, Maryline Charbonneau, conseillère municipale, Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu, Ian Langlois, conseiller municipal, Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu, Anaïs Buro, Regroupement citoyen pour la protection des terres agricoles secteur Saint-Luc

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