Sur deux ans
Ottawa débloque 5,4 G$ pour les services de garde
Le gouvernement fédéral accorde aux provinces et aux territoires une enveloppe supplémentaire de 5,4 milliards $ sur deux ans au titre du programme national de garde d’enfants à 10 $ par jour, une aide que le ministre présente comme visant à stabiliser le programme.
Ce programme, dont le déploiement a commencé à l’échelle nationale en 2021, s’était fixé des objectifs ambitieux visant à réduire les frais payés par les parents et à créer des centaines de milliers de nouvelles places d’ici cette année, mais ces objectifs n’ont pas encore été atteints dans de nombreuses juridictions.
La ministre de l'Emploi et de la Famille, Patty Hajdu, a assuré vendredi lors d'une entrevue qu'elle avait entendu les appels des provinces en faveur d'un financement fédéral accru, car beaucoup d'entre elles peinent à réduire les frais, à créer de nouvelles places et à recruter et fidéliser suffisamment d'éducateurs de la petite enfance face à la hausse des coûts et de la demande.
«Il est certain que le financement fait partie du défi, a dit Mme Hajdu avant une réunion avec les ministres provinciaux et territoriaux. Nous avons déjà investi 58 milliards $ pour rendre les services de garde abordables dans tout le pays.»
«Ces 5,4 milliards de dollars supplémentaires visent à répondre aux pressions financières supplémentaires signalées par les provinces, et ces fonds seront alloués de manière flexible, afin qu’elles puissent les utiliser de la manière la plus adaptée à leurs propres difficultés», a-t-elle ajouté.
Alors que plusieurs provinces et territoires ont ramené les frais de garde payés par les parents à une moyenne de 10 $ par jour, cinq d’entre eux ne l’ont pas fait, et l’Ontario à lui seul, où les frais s’élèvent en moyenne à 19 $ par jour, a indiqué qu’il aurait besoin de 2 milliards $ supplémentaires par an pour atteindre les 10 $ par jour.
Les défenseurs d’un système universel de garde d’enfants ont été déçus en début d’année lorsque la mise à jour économique de printemps du gouvernement n’a fait état d’aucun nouvel investissement, affirmant que sans financement supplémentaire, le programme serait menacé.
«Il est bien établi que lorsque les familles ne parviennent pas à trouver des services de garde abordables et fiables, les mères sont contraintes de quitter le marché du travail rémunéré ou de réduire considérablement leurs heures de travail, a dit à l’époque Morna Ballantyne, directrice générale de Child Care Now, dans un communiqué. Cela freine l’économie et sape la sécurité des revenus.»
Mme Hajdu a indiqué que le gouvernement reconnaissait que des services de garde abordables constituaient un moteur de l’économie, et que ces nouveaux fonds visaient à garantir que les progrès déjà réalisés, notamment en matière de baisse des tarifs et d’accès à de nouvelles places, ne soient pas perdus.
«Il s’agit clairement de préserver ce que nous avons acquis, et ce que nous avons acquis est très important, a-t-elle expliqué. En moyenne, les familles économisent environ 11 000 dollars par an et par enfant. Cela représente une économie colossale à l’échelle du pays.»
La baisse des tarifs a entraîné une hausse de la demande et, par conséquent, des listes d’attente dans de nombreuses régions. La première série d’accords visait à créer 250 000 nouvelles places d’ici mars dernier et le nombre actuel de nouvelles places s’élève à environ 173 500, a indiqué le gouvernement.
De nombreuses provinces ont signé des prolongations de cinq ans des accords sur les services de garde avant les élections fédérales de l’année dernière, mais certaines, dont l’Alberta et l’Ontario, ont accepté des prolongations d’un an, et ce nouveau financement pourrait contribuer à renforcer ces négociations.
Ces nouveaux fonds s’accompagneront de certaines conditions relatives au partage de données supplémentaires, a précisé Mme Hajdu, afin de mieux cerner les lacunes qui subsistent.
«Je pense que ces données sont essentielles pour comprendre quels sont ces obstacles spécifiques, à quoi ressemblent les barèmes tarifaires, quelles sont les conditions d’accès et quelles sont les réalités opérationnelles à travers tout le pays», a-t-elle dit.
Allison Jones et Sarah Ritchie, La Presse Canadienne
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