S'il prend le pouvoir le 5 octobre
Le PQ veut abolir Santé Québec: ce n'est «pas réaliste», selon Sonia Bélanger
L'idée évoquée par le Parti québécois (PQ) d'abolir Santé Québec pour réduire la taille de l'État n'est «pas réaliste», selon la ministre caquiste de la Santé, Sonia Bélanger.
Elle était appelée à réagir, mercredi, à un article du Journal de Québec, dans lequel le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon s'engage à abolir l'agence s'il prend le pouvoir le 5 octobre.
Santé Québec a été créée en 2024 dans l'objectif de séparer les grandes orientations ministérielles des opérations dans le réseau.
Le Québec a donc aujourd'hui un ministère de la Santé et des Services sociaux, qui donne les orientations, et une agence, qui les met en œuvre.
Or, en moins de deux ans, Santé Québec a augmenté de 70 % son nombre de fonctionnaires et coûte aux contribuables 40 millions $ de plus par année, déplore M. St-Pierre Plamondon.
En juin dernier, il avait laissé entrevoir devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain qu'un gouvernement péquiste démantèlerait Santé Québec.
Le chef du PQ disait alors vouloir se concentrer sur «l'essentiel» en santé. Il devrait dévoiler les détails de sa proposition plus tard cette semaine, a indiqué le parti, mercredi.
Déjà, la ministre Bélanger s'insurge contre cette idée. «Ce n'est pas réaliste du tout», a-t-elle déclaré en mêlée de presse à l'Assemblée nationale.
«Il y a eu un transfert d'employés du ministère vers Santé Québec. Tout ça, c'est fait. Ça a été des négociations importantes. On ne retournera pas là-dedans.
«On a eu beaucoup de courage, on a travaillé fort. Santé Québec est en train de prendre son envol, alors il n'est pas question qu'on rejoue dans les structures», a-t-elle ajouté.
Selon Sonia Bélanger, qui sera à nouveau candidate pour la Coalition avenir Québec dans Prévost, Santé Québec a surtout donné des résultats pour la population.
«Il y a des gains. Regardez les listes d'attente en chirurgie, ça a diminué. On donne plus de services en soutien à domicile et on a plus d'accès aux médecins de famille.
«Ce n'est pas encore parfait, mais ça s'en vient», a-t-elle plaidé.
Santé Québec parle aussi de «gains visibles sur l'accès, (...) notamment sur les temps d'attente en chirurgie».
«Une telle abolition viendrait bousculer une fois de plus les opérations du réseau et la transformation en cours», prévient son porte-parole Yann Langlais Plante.
Le chef libéral Charles Milliard — un pharmacien de formation — accuse M. St-Pierre Plamondon de vouloir entraîner les Québécois dans un autre «psychodrame de structurite».
Il dit avoir une pensée toute particulière pour les centaines de milliers de personnes qui travaillent actuellement dans le réseau de la santé.
«Je ne pense pas qu'ils ont envie de revivre un autre mauvais chapitre de revue des organigrammes», a-t-il soutenu en mêlée de presse à Montréal.
«Moi, ce que je propose, (...) c'est de m'asseoir avec Santé Québec, de leur donner mes directives sur comment on doit mieux décentraliser les décisions dans le secteur de la santé», a-t-il ajouté.
Caroline Plante, La Presse Canadienne
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