Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

Une découverte montréalaise élucide l'épuisement des cellules immunitaires

Une découverte montréalaise élucide l'épuisement des cellules immunitaires
Photo: La Presse Canadienne, 2025
durée

Des chercheurs montréalais ont mis le doigt sur un facteur qui explique pourquoi les cellules immunitaires chargées de combattre les infections chroniques et même le cancer finissent par s'épuiser et perdre de leur efficacité.

Cet «épuisement» limite notamment l'impact que peut avoir l'immunothérapie, qui compte pourtant parmi les développements les plus prometteurs de la dernière décennie dans la lutte contre le cancer.

«(Les cellules T CD8+) sont des cellules tueuses qui sont assez importantes pendant des infections chroniques et qui jouent aussi un rôle important contre certains cancers, et on voulait savoir comment elles sont régulées», a expliqué l'auteure principale de l'étude, la professeure Simona Stäger, de l'Institut national de la recherche scientifique (INRS).

En présence d'une infection chronique, a-t-on expliqué par voie de communiqué, le métabolisme des lymphocytes T s'épuise; les cellules produisent moins de cytokines (des messagers chimiques essentiels à la réponse immunitaire); et leurs «centrales énergétiques» (les mitochondries) fonctionnent moins bien.

«Ces cellules sont constamment stimulées quand il y a une infection chronique, a dit la professeure Stäger. Il y a une sorte d'inflammation chronique qui se forme, (...) toutes les cellules sont au même endroit pour combattre le virus, et elles finissent par s'épuiser.»

La professeure Stäger et ses collègues du Centre Armand-Frappier Santé Biotechnologie de l’INRS et de l’Université McGill ont maintenant découvert que le facteur de transcription IRF-5 serait capable de préserver l’énergie et la vitalité des lymphocytes T en agissant directement sur leur métabolisme.

IRF-5, a précisé la professeure Stäger, aide les cellules T à garder leur énergie et leur capacité à combattre, même en situation de stress prolongé. En revanche, l'absence d'IRF-5 contribue à augmenter l'épuisement des cellules.

«Le processus d'épuisement est très complexe, a-t-elle expliqué. Les cellules finissent par mourir parce qu'elles doivent constamment combattre. Et tout ça est graduel.»

Les chercheurs espèrent que ces travaux contribueront à mieux comprendre comment moduler le métabolisme cellulaire afin de soutenir et renforcer la réponse immunitaire lors d’infections chroniques ou de cancers.

«Lors de travaux futurs, on aimerait voir si on peut moduler l'expression de IRF-5 pour empêcher la cellule de s'épuiser, a dit la professeure Stäger. Enlever complètement le processus d'épuisement pourrait être dangereux, mais on voudrait au moins le ralentir.»

Les conclusions de cette étude ont été publiées par la revue scientifique EMBO Journal.

Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne

RECOMMANDÉS POUR VOUS


Une analyse de la rétine pourrait permettre de dépister une centaine de maladies
Publié hier à 9h00

Une analyse de la rétine pourrait permettre de dépister une centaine de maladies

Une analyse par intelligence artificielle d'une simple photo de la rétine pourrait permettre de dépister une centaine de maladies, parfois même avant l'apparition des premiers symptômes, croient des chercheurs montréalais. Et on ne parle pas ici seulement de maladies oculaires, mais aussi, par exemple, de maladies cardiovasculaires, de maladies ...

Une entente de principe est conclue avec les pharmaciens propriétaires
Publié le 13 juin 2026

Une entente de principe est conclue avec les pharmaciens propriétaires

Une entente de principe a été conclue entre le gouvernement du Québec et l'association représentant les pharmaciens propriétaires. D'une durée de cinq ans jusqu'en 2030 – la précédente entente était venue à échéance le 31 mars 2025 – l'entente touche près de 2100 pharmaciens propriétaires, a indiqué vendredi le cabinet de la ...

Certains neurones ont aussi besoin de gras, pas seulement de sucre, pour fonctionner
Publié le 23 avril 2026

Certains neurones ont aussi besoin de gras, pas seulement de sucre, pour fonctionner

Certains neurones ont besoin non seulement de glucose, mais aussi de lipides, pour bien fonctionner, démontre une étude à laquelle a participé un chercheur montréalais. Cela pourrait un jour permettre de mieux comprendre des maladies comme l’obésité et le diabète de type 2, en explorant le rôle encore peu connu du métabolisme lipidique ...