Un rapport de l’ONÉ entache Montréal Pipe-Lines
Invitée à réagir à la publication d’un rapport de l'Office national de l'énergie (ONÉ) dévoilé en mai, Marie Bouillé, la députée péquiste d’Iberville, ne mâche pas ses mots. « On pourrait en parler pendant des heures! », lance-t-elle à l’autre bout de fil. Bien que la politicienne n’a toujours pas eu la chance de consulter le fameux rapport dans son entièreté, celle-ci travaille sur ce « dossier » depuis son entrée en fonction. « La question du tracé du pipeline Montréal-Portland nous inquiète beaucoup ».
La porte-parole de l’opposition officielle en matière d’agriculture et d’alimentation fait ici référence au projet d’inversion du pipeline Portland-Montréal qui se trame depuis des mois déjà. Ce projet ferait en sorte que du pétrole brut, en provenance de l’Alberta, passerait notamment par Saint-Césaire avant d’être acheminé à Highwater. « On se demande si les joints, voire les conduites elles-mêmes, qui sont vieilles de plus de 50 ans, tiendraient le coup », explique-t-elle. « Une fois le flux inversé, c’est un pétrole plus dense, tiré de sable bitumineux, qui sera propulsé… sans oublier le fait que la station de Saint-Césaire est située tout près de deux puits d’eau potable! », indique-t-elle avant d’ajouter que des accidents ont déjà eu lieu à Saint-Césaire par le passé.
En plus des 125 gallons de pétrole qui auraient été déversés en octobre 1950 lors de l’installation d’un tuyau, un autre incident du genre, plus connu, est survenu par la suite en 1999, toujours à la station de Saint-Césaire. « À ce jour, on retrouve toujours des traces d’hydrocarbures dans le sol et dans la rivière », note Mme Bouillé. Bien qu’en février 2010, le directeur des opérations de Montréal Pipe-Lines, Guy Robitaille, assurait la population que son entreprise agissait en bon citoyen corporatif et responsable lors d’une soirée d'information publique tenue à la salle du conseil municipal de Saint-Césaire, le rapport de l’ONÉ démontre que la bonne foi de la compagnie n'est pas suffisante.
Tel que rapporté par La Voix de L’Est en juin, l’étude de L’Office national de l'énergie démontre que Montréal Pipe-Lines n’a pas de stratégie mise en place en cas de déversement à l’extérieur de ses sites. Ainsi, lors d’un accident du genre, il n’y aurait aucun moyen physique pour empêcher un déversement de pétrole dans un cours d’eau ou encore la contamination de terrains à proximité. « Le rapport révèle des lacunes que la compagnie, à ce jour, disait ne pas avoir », ajoute la députée. « On constate qu’ils ne sont pas si en contrôle finalement. »
Pour Marie Bouillé, Montréal Pipe-Lines doit passer à l’action, revoir ses opérations et développer un plan d’urgence. « La balle est donc dans leur camp », tranche-t-elle. « Ils doivent maintenant démontrer que tout est vraiment sous contrôle », conclut la députée.
Au moment de mettre sous presse, il n’avait toujours pas été possible d’obtenir des commentaires de Montréal Pipe-Lines.
À propos de l’Office national de l’énergie
L'Office national de l'énergie (l'ONÉ ou l'Office) est un organisme fédéral indépendant créé en 1959 par une loi du Parlement du Canada pour réglementer les aspects internationaux et interprovinciaux des secteurs du pétrole, du gaz et de l'électricité. La raison d'être de l'ONÉ est de réglementer, dans l'intérêt public canadien, les pipelines, la mise en valeur des ressources énergétiques et le commerce de l'énergie. Ces principes aident le personnel de l'ONÉ à interpréter et à assumer les responsabilités en matière de réglementation de l'organisation. L'ONÉ rend compte au Parlement par l'entremise du ministre fédéral des Ressources naturelles. (Source : www.neb-one.gc.ca)
RECOMMANDÉS POUR VOUS

Le stress pourrait causer l'apnée du sommeil, et pas seulement l'inverse
S'il est bien documenté que l'apnée du sommeil puisse être une source de stress, une nouvelle étude québécoise décrit possiblement pour la première fois une association inverse entre les deux problèmes. Les chercheurs ont notamment constaté, lors d'expériences en laboratoire, qu'un isolement social chronique provoque des modifications ...
LIRE LA SUITE
Un faible patrimoine pèse sur la santé des aînés à la retraite
Les gens à la retraite qui ont accumulé peu de patrimoines ont un risque accru d’être en mauvaise santé, conclut une étude de l’Observatoire québécois des inégalités (OQI) publiée mardi. L'étude, qui a été réalisée en 2025 et 2026, s'est basée sur l'analyse de données de Statistique Canada ainsi que des données qualitatives ...
LIRE LA SUITE
La lecture a de multiples bienfaits pour la santé
Lire pour le plaisir est associé à une réduction du stress, à une plus grande empathie, à un meilleur bien-être et à un sentiment de solitude moins lourd, montre une nouvelle étude britannique. À l'enfance, plus particulièrement, la lecture était associée à une meilleure capacité d'attention, à une meilleure mémoire, à de meilleures ...
LIRE LA SUITE