Survivre à ses enfants
Bonjour! Concernant le crime de l'ex-cardiologue Guy Turcotte qui a tué ses deux enfants en février 2009 : un tel drame aurait-il pu être évité ?
Simon B., Carignan
Comme chaque fois qu'un drame semblable arrive, on voudrait être sûr que de tels événements ne se reproduiront jamais. Bien entendu, il y a des signes avant-coureurs qui peuvent laisser croire qu'une personne vit une détresse importante. Que ce soit des mots ou des phrases, des gestes ou des menaces, l'homme ou la femme en difficulté va, consciemment ou non, envoyer des signaux. Cette personne ne veut pas nécessairement de l'aide, mais elle mène un tel combat intérieur que certains de ses comportements vont changer.
Par exemple, dans une famille au sein de laquelle j'ai dû intervenir il y a quelques années, le père qui agissait avec violence depuis quelques temps, s'était mis à menacer ouvertement qu'il allait mettre le feu à la maison. Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'il y a eu un élément déclencheur. La mère parlait de séparation. Il se sentait très menacé. Il perdait contrôle et la violence qu'il exerçait faisait de moins en moins peur. Il savait que sa femme mettait une importance sur leurs enfants avant tout.. Donc, il savait sur quoi il devait mettre l'emphase; il se mit à menacer de ses tuer et par la même occasion, de tuer les enfants.
Comme dans la situation de la famille Gaston-Turcotte, trois choses doivent être reconnues: le passé difficile du père, sa capacité à lâcher prise devant une situation dont il n'a pas le contrôle et un changement de comportement en parole ou en geste. Le problème le plus évident dans de telles situations, c'est que les personnes directement impliquées n'ont souvent pas le recul nécessaire pour prendre conscience du danger et passer à l'action pour se protéger. Tous autant que nous sommes, nous ne voulons pas penser ou croire qu'un parent, un conjoint dont nous sommes proches pourrait poser de tels actes.
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Mme David, est-ce possible de se remettre du meurtre de son enfant ? Comment peut-on passer par-dessus une pareille épreuve ?
Roxane F., Marieville
Si vous avez écouté l'entrevue avec Isabelle Gaston enregistrée il y a plus d'un ans pour l'émission On prend toujours un train, vous aurez remarqué que la mère des deux enfants assassinés par son ex-conjoint, Guy Turcotte, a su développer une vision très réaliste de ce qu'elle peut se demander. En effet, cette mère a décidé de retourner rapidement au travail, car cela l'aidait à se distancer de sa réalité, à prendre une pause. Par contre, on peut trouver un répit face à une grande douleur de différentes façons.
Oui, on peut se remettre du meurtre de son enfant mais au prix de nombreux efforts. Un parent aux prises avec un aussi grand défi, doit pouvoir compter sur une personne de son entourage ou un professionnel pour être accueillie sans jugement face au torrent émotif composé de chagrin, colère, rage, désespoir, incompréhension, etc. Il faut aussi pouvoir se créer une distance réparatrice face à l'événement.
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