Après la pluie…
«On ne peut pas le cacher : ça a été une période aussi stressante qu’exigeante », lance d’emblée Marielle Farley du Potager Mont-Rouge (1314, La Grande Caroline, Rougemont). Ferme maraîchère familiale en affaires depuis 1988, l’entreprise exploite aussi quatre kiosques à Marieville, Saint-Césaire, Montréal (Marché Jean-Talon) et Drummondville.
« J’espère que les gens constatent toute l’énergie déployée derrière cette récolte », ajoute-t-elle en faisant notamment référence au rythme de travail difficile qui a été imposé par les caprices de dame Nature.
« Après une pluie de 30 mm, on doit laisser deux ou trois jours à la terre afin de bien absorber l’eau avant de planter des graines, mais lorsqu’est finalement venu le temps de planter, on annonçait 20 mm le lendemain! Ça nous est donc arrivé d’avoir plusieurs équipes qui se sont relayées pour planter pendant 24 heures d'affilée! Comme dans une usine! », ajoute-t-elle en rigolant.
Pire encore, cette météo excentrique a retardé la production et a même laissé sa trace dans les rangs des champs. « On y distingue des vagues. C’est très inégal. Ça se reflète dans le rendement d’ailleurs », ajoute-t-elle à propos du maïs, avant de préciser que la récolte de la semaine prochaine sera plus satisfaisante. «On peut finalement commencer à planifier des épluchettes! », lance-t-elle, rayonnante.
Une production locale, une clientèle sensibilisée
Bien que ses récoltes tardives font en sorte que les ventes de ses kiosques n’engrangent pas les profits estivaux moyens, Daniel Charbonneau ne désespère pas. « Ça m’est arrivé de fermer mes kiosques à quelques reprises cet été» confie le propriétaire des Légumes Charbonneau (133 chemin du Vide, Sainte-Angèle-de-Monnoir), une autre entreprise maraîchère, « mais la situation n’est pas si dramatique! »
En fait, les deux cultivateurs rencontrés se disent choyés par le support de leurs clients. « Les gens qui achètent ici savent exactement ce qu’ils achètent », soutient M. Charbonneau. Même son de cloche chez Mme Farley. « Les gens d’ici sont très sensibilisés. Les médias et le gouvernement parlent souvent de nous et soulignent notre importance. » Tout ce support n’enlève toutefois rien aux efforts que doivent déployer les producteurs québécois. « Si ce n’est pas nous qui produisons, c’est l’Ontario ou bien les États-Unis qui s’empareront du marché », conclut-elle.
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