L'attachement : la base de la relation parent-enfant
Plusieurs pensent encore que l'attachement, c'est magique, que ça se fait tout seul! Et pourtant, rien n'est plus loin de la réalité. En fait, ce qui permet à l'attachement de se créer, c'est le sentiment profond de sécurité plutôt que l'unique sentiment d'être aimé. Autrement dit, un parent peut dire à son enfant qu'il l'aime et ceci est bien réel, mais s'il lui fait vivre une insécurité constante (émotive, affective, instabilité, irrégularité ou absence de routine, changements fréquents de conjoint ou autres personnes de l'entourage, etc.), le lien d'attachement peut être très difficile à bâtir, voire impossible.
La période de 0-9 mois où l'enfant développe sa capacité de faire confiance. Si on répond adéquatement, dans un délai raisonnable, à ses besoins, il va comprendre qu'il peut faire confiance à son entourage et développer une confiance en la vie en général. Un enfant ddont on abuserait ou qui serait négligé va devenir méfiant et avoir une attitude pessimiste face à la vie.
À travers les années, j'ai rencontré des enfants qui, au sein de leur famille, avaient développé des symptômes de problèmes d'attachement à différents degrés. Ces problèmes atteignent l'enfant sur quatre points, soit émotionnel, comportemental, social et cognitif. Celui qui me frappe le plus souvent, au point de vue émotif, c'est celui de l'enfant qui est chaleureux avec tous les adultes sans distinction.
Il faut bien sûr comprendre qu'il ne faut pas sauter aux conclusions d'un problème d'attachement dès que l'enfant a un de ses symptômes. Il faut souvent en compter plusieurs. Il est toutefois surprenant de voir que les enfants reçoivent rapidement des diagnostics de troubles de comportement ou autres alors qu'il y a en fait un problème d'attachement à la base, ce qui favorise le développement de différentes difficultés connexes.
Pour vous faire un portrait simplifié, on peut résumer les différentes sortes d'attachements comme suit : l'attachement "sécure", celui qu'on souhaite à tous les enfants, car ils sont alors enthousiastes, joyeux, coopératifs, persévérants et remplis de confiance; l'attachement "insécure", s'il est de tendance "évitant", on remarquera un enfant plutôt hostile, renfermé, antisocial, qui recherche l'attention de façon négative. S'il est de tendance "résistant", on observera alors un enfant plutôt tendu, impulsif et passif; l'attachement désorganisé fera en sorte que l'enfant sera à la fois "velcro et teflon", donc ces attitudes seront contradictoires et déroutantes. C'est un enfant qui est dans un monde carrément imprévisible. Il a donc besoin de l'adulte sans pouvoir lui faire confiance. Il se réfugie dans des relations utilitaires, car l'avenir est incertain; quant aux troubles graves de l'attachement, ils font en sorte que la capacité de l'enfant à s'attacher est grandement fragilisée.
En conclusion, il est bon de souligner que ce qui est important pour développer un attachement le plus "sécure" possible avec notre enfant, c'est de mettre des conditions qui le favorisent en place.
Si vous pouvez maximiser les bons moments passés ensemble où vous riez, vous jouez et que votre enfant sent qu'il peut découvrir, explorer, et ce, en toute sécurité (physique et émotive), que ses besoins essentiels et affectifs sont pris au sérieux, c'est tout à l'avantage de votre relation.
Bien entendu, rien n'est parfait dans ce processus et il y a toujours des moments où on ne peut éviter certaines situations stressantes et déstabilisantes. Cependant, il s'agit d'en minimiser l'ampleur et la durée. Un parent qui se sent entouré, qui a une bonne estime de lui et de bonnes conditions de vie sera en mesure de développer un meilleur attachement avec son enfant.
Un parent qui aurait été lui-même négligé et/ou abusé de façon importante devra cheminer pour développer autre chose avec son enfant. Je pense qu'il est possible de trouver un équilibre entre faire confiance au naturel de l'attachement parent-enfant et être conscient de la façon dont nous bâtissons ce lien.
Bonne réflexion!
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