Comprendre la rivalité entre frères et soeurs
Aborder le sujet de la rivalité entre frères et soeurs, c'est avant tout s'attaquer aux mythes entourant cette réalité. Autrement dit, avant d'arriver à privilégier des attitudes auprès de leurs enfants pour diminuer les chicanes par exemple, les parents doivent accepter de revoir leurs concepts de base. Sinon ils essaient des techniques et peu à peu se découragent quand la situation se dégrade à nouveau.
Rivalité : mythes et réalité
Voici quelques énoncés qu'on entend concernant les relations entre frères et soeurs : « Des frères et soeurs, c'est fait pour s'entendre », « Quand il y a de l'amour, il n'y a pas de problème », « Un frère (ou une soeur), c'est un ami pour la vie », « Des enfants rapprochés en âge vivent moins de rivalité », « Un enfant unique est moins chanceux, il est privé d'une fratrie », « C'est un échec de ne pas être proche de sa fratrie », « Il ou elle va avoir une petite soeur bientôt ! Je voulais lui faire ce cadeau ! », « Mon fils a hâte d'avoir son petit frère pour jouer avec et s'en occuper ! », et combien d'autres pourraient être ajoutés !
Ce qui est sous-entendu dans ces affirmations, c'est que la bonne entente devrait régner d'emblée et pour toujours. La réalité, c'est que les enfants d'une même famille ne se choisissent pas. Ils sont « étrangers » et doivent s'apprivoiser, se connaître. Ça ne veut pas dire que leurs caractères et personnalités sont compatibles.
De plus, ils sont en quête de l'amour parental. S'ils sont plusieurs à se partager les mêmes parents, la compétition va être plus intense. Ils veulent être uniques et reconnus quant à leur potentiel. Bref, ce n'est pas nécessairement facile !
Les avantages d'une fratrie
Avoir des frères et soeurs, c'est une opportunité de vivre des expériences très variées ! Les enfants apprennent à travers les bons moments comme à travers les conflits à régler des situations de tous genres. Ils peuvent se développer et prendre leur place tout en acceptant que l'autre ait la sienne. Ils apprennent à partager, à être uniques même s'ils ne sont pas seuls dans la famille. Ils peuvent bâtir un ou des liens spéciaux et nourrissants avec certains membres de leur fratrie. Plusieurs frères et soeurs se sont aidés dans des moments difficiles même en bas âge(séparation des parents, décès, etc.). @R:Avant tout, la fratrie, c'est un endroit pour apprendre à vivre et à gérer des relations interpersonnelles. Une certaine rivalité est inévitable mais si elle tend vers l'équilibre, les enfants en ressortiront grandis, renforcés et plus équipés.
Les facteurs à considérer
Les parents ont un rôle déterminant à jouer dans cet apprentissage. Vont-ils faciliter l'évolution de la relation ou ils vont plutôt interférer constamment et empêcher les enfants de vraiment bâtir un lien ? Les parents ont leur bagage face à leur propre fratrie et veulent parfois régler de vieilles situations à travers leurs enfants. Leurs attentes sont-elles réalistes ?
Il faut aussi considérer le rang des enfants. Être l'aîné(e) dans une famille versus être le ou la cadette peut influencer la façon de vivre les relations fraternelles. Les évènements stressants ou situations éprouvantes que la famille aura à traverser ou à endurer ainsi que la capacité de se remettre sur pied de celle-ci jouera dans la balance.
L'arrivée d'un nouveau bébé dans la famille est un évènement très stressant pour les autres enfants et plus ils sont jeunes moins ils ont de mots pour exprimer ce qu'ils vivent. Comment aider les enfants d'une même famille à sentir qu'ils ont chacun(e) leur place et qu'ils apportent tous une contribution ?
Favoriser une meilleure entente
Dans un premier temps, les parents doivent s'arrêter et se conscientiser face à ce qu'ils transportent comme bagage face à ce qu'ils ont eux-mêmes vécu dans leur fratrie. Le danger avec ses enfants est de vouloir réparer ce qui s'est mal vécu dans l'enfance. Par exemple, un parent qui n'est pas proche de son frère ou de sa soeur suite à de mauvaises expériences ou à une incompatibilité de caractère va peut-être vouloir que ses enfants deviennent des grands amis.
En fait, il faut éviter d'imposer sa vision, ses besoins ou désirs face à la relation que les enfants développent entre eux et qui est unique. Les parents désirent trop souvent que leurs enfants aient une relation des plus harmonieuses. En connaissez-vous des relations toujours positives ?
Pour le parent, faire le deuil de ce qui n'a pas fonctionné avec ses frères et soeurs, leur exprimer certains sentiments retenus depuis trop longtemps(quand c'est possible) ou encore diminuer la fréquence des contacts avec eux peut amener une paix intérieure plus grande. Éviter de se blâmer, se ramener à la réalité et resituer les contextes qui ont pu amener des difficultés relationnelles aide à prendre un recul nécessaire pour intervenir différemment auprès des enfants.
Dans deux semaines, je vous proposerai des moyens concrets pour diminuer la rivalité entre les frères et soeurs inspirés de l'approche Entraînement aux habiletés parentales(EHP) qui mise essentiellement sur la reconnaissance des sentiments de chacun et qui favorise l'autonomie dans les relations.
En référence, il y a le livre « Jalousies et rivalités entre frères et soeurs, comment venir à bout des conflits entre vos enfants », de Adele Faber et Elaine Mazlish, aux éditions Stock. Des groupes pour parents sont aussi souvent offerts dans les maisons de la famille et organismes oeuvrant auprès des familles.
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