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Trop de vendeurs de sapins

Même si jusqu'à maintenant, les marchands de sapins de Noël ont, à pareille date,  écoulé autant d'arbres qu'en 2010, ceux-ci reconnaissent que depuis quelques années, leurs chiffres d'affaires ont baissés. En plus de la popularité du sapin artificiel, ils doivent composer avec la multiplication des endroits où les rois des forêts sont disponibles au grand public.

Quand il a commencé à vendre des sapins dans son centre du jardin L'orchidée, à Chambly, Robert Perron écoulait 650 arbres avant le temps des Fêtes. Sept ans plus tard, le chiffre est descendu à 500.

« C'est sûr qu'il y a beaucoup de vendeurs. Il y a quelques années, la Ville avait même accepté qu'un vendeur itinérant se promène en camion pour offrir directement ses sapins. Ça a fait mal. Il a même voulu m'en vendre ! », se rappelle celui qui se distingue des autres grâce à son service de livraison à domicile ainsi qu'avec sa proximité avec sa clientèle. Il vante aussi la qualité de ses produits à épines.

Même son de cloche chez Les sapins de feu du Marché « Au bout » à Richelieu.

« Des sapins, il y en a partout, même dans les grandes surfaces. Là-bas, ils sont moins frais puisqu'ils sont coupés en octobre. Je n'en offrirais jamais des comme ça », confie le propriétaire Sylvain Boudreau, qui fait ce métier depuis 35 ans.

Celui-ci estime qu'il vendait environ 25 % plus d'arbres il y a sept ou huit ans.

« Je ne vous conseille pas de partir en affaires ces temps-ci ! Le marché est saturé. Nous avons un gros problème, il y a trop de vendeurs », ajoute-t-il.

Production américaine

D'après les deux spécialistes, une autre ombre plane au-dessus de leur gagne-pain. Nos voisins américains produiraient maintenant leurs propres sapins, ce qui ferait en sorte que les producteurs canadiens auraient du mal à écouler leur stock.

« Avant, ils vendaient aux États-Unis, là, ils ne peuvent plus ! », indique M. Boudreau.

« Pour la première fois depuis que je suis en affaires, trois producteurs sont venus me voir pour que j'achète leurs sapins. Ils sont pris avec », continue M. Perron.

Artificiel ou naturel ?

Pour les deux passionnés, choisir un sapin naturel comporte plusieurs points positifs.

« Il n'y a rien que ça de vrai dans Noël, le sapin ! », confie M. Boudreau, qui utilise encore la même chain-saw qu'à l'époque où il était encore adolescent !

« C'est naturel et frais ! L'arbre dégage aussi une bonne odeur. En plus, on encourage les gens d'ici et non de la Chine et il n'y a pas de pollution reliée à leur importation », raconte M. Perron.

M. Boudreau tient à rassurer les gens qui croiraient qu'une fois coupés, les arbres ne sont pas remplacés. « Quand l'un de ceux-ci est enlevé, le producteur en replante trois. »

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