Être parent en 2012
Déjà une nouvelle année qui commence et, sans vouloir parler de «résolutions», (car trop souvent elles tombent à l'eau autour du 10 janvier !) j'aimerais vous livrer quelques réflexions sur ce qu'on pourrait appeler la «trousse de secours» du parent qui recherche l'équilibre. Être parent, ce n'est pas de la tarte à tous les jours ! C'est pourquoi, il faut s'équiper d'une conscience bien éveillée et d'un «coffre à outils» bien rempli.
En partant, il faut être réaliste et ne jamais se demander la perfection comme parent. Par exemple, un parent qui s'attend à toujours bien réagir dans toutes circonstances et ce, en gardant le contrôle sur les émotions et bien sûr avec le sourire, se prépare à vivre de grandes désillusions et il aura tendance à se «taper sur la tête». J'entend souvent des parents qui se disent qu'ils ne veulent absolument pas faire les mêmes erreurs que leurs parents ont fait avec eux. Je vous dirait qu'il est préférable de partir en se disant que l'on ne fera pas nécessairement bien mieux que nos parents ou que les gens qui nous entourent mais que l'on va plutôt faire l'effort de développer une conscience accrue de nos paroles et de nos gestes afin de faire des choix et de réajuster certaines de nos façons de faire. Une capacité de remise en question est un atout majeur pour un parent tant qu'il s'en sert pour aller de l'avant et non pour se rabaisser. De plus, les parents ont, de nos jours, l'avantage de pouvoir consulter, selon le besoin, une pléiade d'intervenants de tous genres tels travailleurs sociaux, psychoéducateurs, psychologues, pédopsychiatres en plus des différents intervenants que l'on retrouve dans les écoles. Bien sûr, ces genres de consultations peuvent entraîner des coûts ou des attentes plus ou moins longues lorsque ces services sont sans frais. Mais ce sont tout de même des services possibles.
Ce qui peut être intéressant pour un parent, c'est d'avoir un genre de routine pour lui-même qui peut consister entres autres à tenir un petit journal de bord dans lequel il note ses bons coups, c'est-à-dire, toutes les paroles et gestes qu'il a dit ou fait à l'endroit de ses enfants et pour lesquels il est particulièrement fier. Donc, il sait que ces interventions sont des leviers qui alimentent l'estime de soi et l'autonomie de ses enfants. Que vous le croyez ou non, vous faites au moins 1 à 2 bons coups minimum par jour en agissant auprès de vos enfants et c'est une saine habitude à prendre que de les voir, de les souligner et de comprendre comment vous avez fait pour y arriver. De cette façon, vous pourrez répéter ces mêmes bons coups.
Il est également intéressant de noter les interventions qui ont moins de succès. Par exemple, si un parent réalise, en faisant le bilan de la journée ou de la semaine, que lorsqu'il répète souvent, ça ne donne pas de bons résultats, il pourra décider d'une autre stratégie pour se faire écouter davantage. Chose certaine, quand vous sentez que quelque chose ne va pas dans les interactions avec vos enfants, prenez un temps d'arrêt au plus vite pour regarder ce qui se passe dans cette situation pour mieux en comprendre le contexte et trouver des pistes de solutions. Il n'y a rien comme un bon échange entre parents, que ce soit en groupe (avec une animation) ou de façon tout à fait informelle, pour se resituer, prendre du recul et voir plus clair pour trouver de nouvelles avenues. Il est intéressant de chercher les exceptions face à une situation qui nous dérange. Par exemple, si mes enfants se chicanent beaucoup et que cela me dérange, je vais noter toutes les fois où il ne se chicanent pas (même si c'est pendant 5 minutes par jour) pour observer ce qui se passe de différent dans ces moments-là et je vais pouvoir recréer les moments où ça marche bien entre les deux. Vous pouvez même vous servir des échelles (de 1 à 10 ) pour mesurer l'évolution et vous situer par rapport à votre satisfaction face à celle-ci.
Quand vous vivez un moment de découragement plus intense face à un problème qui revient constamment, vous pouvez prendre le temps d'imaginer ce qui serait vraiment soulageant face à celui-ci. Vous connaissez peut-être le terme de «question miracle» qui permet en fait d'explorer tout genre de solutions même fantaisistes ou irréalistes sur le coup mais qui donne l'opportunité de trouver une ou des pistes de solutions. Vous pouvez vous poser la question à vous-même «Si je m'endormais ce soir et que je dormais profondément tout en relaxant complètement et que je me réveillais demain matin très détendu et bien, qu'est-ce que j'observerais comme changements autour de moi ? Qu'est-ce que les autres observeraient comme changements dans mes comportements, humeurs, etc ?» Bien sûr, en vous posant cette question, il peut être profitable de bien se détendre et de prendre le temps qu'il faut pour sentir que le calme revient à l'intérieur de vous et ainsi ouvrir la porte de votre imaginaire. Vous pouvez aussi vous demander ou vous faire demander par votre conjoint(e) ou ami(e) «Si j'avais une baguette magique et que je pouvais changer quoi que ce soit face à cette situation, ce serait quoi ?»
Je vous apporte là quelques éléments qui peuvent vous permettre de vous sentir mieux comme parent, de reconnaître vos compétences, de nourrir votre estime de vous-même et de devenir plus conscient et plus actif dans votre relation. Prendre soin de vous en premier lieu, de diverses façons (vous savez ce qui vous fait du bien !), est une base essentielle pour sentir une disponibilité intéressante envers vos enfants. En 2012, je vous souhaite d'être un parent «imparfait», mais ouvert aux changements et attentif à ce qu'il vit. Ne restez pas seul face aux petits et grands défis que représente la maternité et la paternité et, surtout, reconnaissez vos forces !
Bonne année !
En guise de référence: Comment ne pas être un e mère parfaite» et «Comment ne pas élever des enfants parfaits», de Libby Purves, Paris, Odile Jacob, 1994 et 1995.
RECOMMANDÉS POUR VOUS

Le stress pourrait causer l'apnée du sommeil, et pas seulement l'inverse
S'il est bien documenté que l'apnée du sommeil puisse être une source de stress, une nouvelle étude québécoise décrit possiblement pour la première fois une association inverse entre les deux problèmes. Les chercheurs ont notamment constaté, lors d'expériences en laboratoire, qu'un isolement social chronique provoque des modifications ...
LIRE LA SUITE
Un faible patrimoine pèse sur la santé des aînés à la retraite
Les gens à la retraite qui ont accumulé peu de patrimoines ont un risque accru d’être en mauvaise santé, conclut une étude de l’Observatoire québécois des inégalités (OQI) publiée mardi. L'étude, qui a été réalisée en 2025 et 2026, s'est basée sur l'analyse de données de Statistique Canada ainsi que des données qualitatives ...
LIRE LA SUITE
La lecture a de multiples bienfaits pour la santé
Lire pour le plaisir est associé à une réduction du stress, à une plus grande empathie, à un meilleur bien-être et à un sentiment de solitude moins lourd, montre une nouvelle étude britannique. À l'enfance, plus particulièrement, la lecture était associée à une meilleure capacité d'attention, à une meilleure mémoire, à de meilleures ...
LIRE LA SUITE