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Un désir ou un besoin ?

Au lendemain du temps des Fêtes, on se rend compte que la surconsommation est une vague qui nous touche tous de très près. Quelle est l'influence de ce phénomène social auquel les enfants sont confrontés en très bas âge et auquel les parents doivent faire face rapidement ?

VALEURS ET CONSOMMATION

Aujourd'hui, le monde de la publicité a réussi à nous faire croire qu'aimer son enfant, c'est lui acheter ce qu'il y a de mieux (traduction: ce qu'il y a de plus cher !) et ne pas lésiner sur la quantité (traduction: des tonnes de copies !) Pauvre enfant, il ne doit pas manquer de rien, ne vivre aucune frustration, ne pas attendre plus de deux heures pour avoir ce qu'il veut, etc. ! Ça vous fait penser à l'enfant-roi ? C'est le règne du dollar ! Dès son plus jeune âge, l'enfant est bombardé de publicités (d'images) à la télévision, à la radio et sur les panneaux publicitaires(qui sont de plus en plus gros et nombreux), dans les catalogues, les magazines, etc. Déjà, à la garderie, on repère des enfants qui ne parlent que des jouets qu'ils ont et, de ceux qu'ils auront et qui se comparent sans cesse aux autres. Les parents, remplis de bonnes intentions et comblant leurs propres manques ou rêves, partent à la recherche du plus beau et inondent l'enfant de choses, d'objets. Les parents compensent également pour le temps qu'ils ne passent pas avec leur enfant étant donné qu'ils travaillent où qu'ils sont séparés et qu'ils ne peuvent toujours être avec cet enfant. La tendance à acheter (restaurants, sorties, jouets, objets, etc.) devient une habitude qu'on risque de ne même plus remettre en question à la longue.

Avec le phénomène de la surconsommation, où tout est achetable et jetable, les objets, les relations, les biens (maison, autos, etc.), l'enfant détient là un pouvoir de négociation et de manipulation. Il n'apprend pas à faire la différence entre ses besoins (manger, se vêtir convenablement...) et ses désirs (même s'il s'en passe, il n'est pas en danger ou en manque de quoi que ce soit d'essentiel). Les besoins ne peuvent attendre ou le délai d'attente doit être assez court, par contre, les désirs peuvent attendre ou même se transformer. Ils peuvent faire partie d'un objectif à long terme qui permet à l'enfant d'apprendre à ramasser des sous, à vivre un délai entre le désir (impulsivité) et l'obtention de ce même désir (réflexion, priorisation, patience, sentiment d'avoir mérité l'objet de désir ou d'avoir fait quelque chose pour y arriver). Bref, il faut éviter d'encourager l'aspect « magique », tombé du ciel, instantané, de la quête de l'enfant face à ses désirs.

Quelles sont les valeurs que vous voulez transmettre à vos enfants ? Il est important de s'arrêter comme parent et réfléchir, remettre les pendules à l'heure. Je vous dirais qu'il faut le faire de façon régulière. Par exemple, si je veux que mon enfant apprenne avant tout que sa valeur est en lui ou dans ce qu'il est, ses actions, sa capacité d'entraide, de partage quand il vieillit et en devient capable, etc. Si je veux qu'il apprécie ce qu'il a, je dois, comme parent, servir d'exemple, donc éviter de mettre l'emphase sur le nombre de jouets, les vêtements griffés, de lui acheter quelque chose chaque fois que je sors avec et négocier chaque service qu'il rend avec de l'argent.

Vous remarquerez que si vous marchandez avec votre enfant, vous vous sentez souvent découragé, épuisé et aigri par cette dynamique. Imaginez avoir l'impression qu'il faut « acheter » la relation avec son enfant ! C'est incroyable ! La relation devient vite tendue et l'enfant n'apprend pas à donner, à vivre avec les autres.

QUE FAIRE POUR EN SORTIR?

-Éviter la publicité complètement, c'est impossible ! Mais on peut fermer le son lorsque c'est le temps des pauses publicitaires à la télévision. On peut éviter de mettre l'emphase sur toutes les « bébelles » qu'on voit !

-Varier les vêtements que l'on achète, donc éviter de n'acheter que ceux qui sont griffés.

-Apprendre à l'enfant, par l'exemple, la joie du partage; location ou échange de jouets, de vêtement, etc.

-Valoriser qui il est, ce qu'il fait et non ce qu'il a; on peut être content pour lui d'un jouet mais ne pas mettre l'emphase pour faire sentir à l'enfant que sans ce jouet, il serait moins chanceux ou heureux.

-Faire des demandes spéciales, par exemple, pour sa fête; les amis ou parents peuvent donner du temps de qualité(sorties, activité physique, etc.). Les amis plus jeunes peuvent faire un dessin, bricoler quelque chose ou apporter des biscuits qu'ils ont faits avec leurs parents.

-Passer du temps avec votre enfant loin de la surconsommation. Il a besoin de VOUS. En fait, les humains sont avides de relations mais quand ils sentent un vide, ils se tournent vers les objets.

-Soyez ouverts face au monde émotif de votre enfant. Tout ce qui n'est pas bien vécu se transforme souvent en désirs de consommation. Ah! La compensation...

-Posez-vous la question et demandez à votre enfant même s'il est très jeune; Est-ce un besoin ou un désir? Vous verrez vos habitudes de consommation se transformer avec le temps et celles de vos enfants en seront plus réfléchies...

Soyez vigilants !

Bon temps de qualité avec vos tout-petits !

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