Mon enfant est-il hyperactif ?
Suite aux nombreuses questions générées par le texte publié il y a deux semaines sur l'enfant hyperactif à l'école, j'ai décidé de revenir sur le sujet de l'hyperactivité.
Cet enfant est-il hyperactif ? Cette question-là fait partie du quotidien de tous les intervenants-es qui travaillent en petite enfance, avec les préadolescents et les adolescents. En effet, nombreux sont les parents à se demander si leur enfant est « normal » ou a beaucoup trop d'énergie pour son âge. Les parents vivent ce dilemme de façon majoritaire avec leur garçon et parfois avec leur petite fille.
L'hyperactivité et surtout ceux et celles qui semblent en être atteints, n'a pas bonne presse. En fait, les enfants qui bougent trop, qui dérangent, qui sont plus impulsifs, réactionnels au niveau émotif et imprévisibles ne représentent pas un groupe populaire et dont la présence est souhaitée dans les rassemblements.
Que ce soit à l'école, avec les amis ou à la maison, les enfants qui ont un diagnostic de trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité(T.D.A. ou T.D.A.H.) ont un parcours beaucoup plus difficile car il est différent de la moyenne. Il exige de la compréhension et de la souplesse de la part de l'environnement. Le T.D.A. qui fait référence à l'enfant lunatique ou distrait soulève certaines réactions. Alors imaginez que si on essaie de faire fonctionner un enfant qui est atteint du T.D.A.H. de la même façon que les autres, on s'engage sur une voie remplie d'embûches!
RECONNAÎTRE LES SIGNES
C'est là, le défi de taille qui attend le parent. Outre le fait qu'il va se faire dire qu'il exagère par son entourage, la plupart du temps, il va devoir composer avec des intervenants-es de tous genres qui peuvent aussi vouloir minimiser ou dramatiser. Et malgré que ce n'est pas toujours le cas, il faut être solides comme parents pour suivre son instinct, son « gros bon sens », et se fier aux faits vécus quotidiennement.
Le mieux dans un premier temps est de faire les démarches pour vérifier les faits et voir si un diagnostic ou une hypothèse de diagnostic est possible auprès d'un pédiatre et/ou un-e psychologue (en privé lors des premières démarches). Les spécialistes ne se prononcent pas dans le cas d'un enfant de mois de 5 ans, mais ils peuvent aider le parent à cerner un peu plus la situation.
Comme préalable, il faut s'assurer que l'enfant a une routine de vie assez stable et équilibrée, que l'encadrement est cohérent et sécurisant pour celui-ci. Ensuite, il est bon de connaître le contexte de vie de l'enfant, les stress familiaux et personnels auxquels il doit faire face, les blessures de sa jeune vie qui ont pu le déstabiliser (abandon, décès, séparations précoces, violence, etc.), le facteur héréditaire et par la suite faire un assez bon éventail des symptômes ou manifestations observées chez l'enfant.
Le Dr Russell Barkley, psychologue américain et chercheur croit que le problème vient du système d'autocontrôle et serait d'origine neurochimique. Le cerveau des enfants atteints du T.D.A./T.D.A.H. serait incapable, lorsqu'il est stimulé, d'arrêter la réponse spontanée et de se donner un délai avant de répondre. Le Dr Barkley croit que l'usage de médicaments permet au cerveau d'arrêter la réponse immédiate, autant lors de l'exécution d'une tâche que dans les relations avec les autres.
Il y a des tests comme celui de Connors, version parents et version enseignants entre autres, qui permettent de voir les symptômes. Il faut qu'il y en ait plusieurs; ce n'est pas parce qu'un enfant bouge beaucoup ou n'écoute pas du premier coup qu'il souffre d'hyperactivité! Et ces mêmes indices qui éveillent les soupçons d'un T.D.A.H., doivent être fréquents, sur une base régulière en plus de ressortir à plusieurs endroits où l'enfant évolue(maison, garderie, école, en visite chez des personnes bien connues, etc.).
L'enfant peut essayer de mieux fonctionner quand il n'est pas à la maison dans un cadre rassurant, mais il finira par retrouver ses comportements habituels, dont il n'a pas le contrôle. Il est primordial que le parent ne reste pas seul face à sa situation, que des intervenants puissent aider l'enfant et ses parents à mieux vivre avec ce handicap.
Ne vous laissez pas impressionner par les « experts »; si vous êtes épuisés et que vous avez essayé de mettre en oeuvre différentes techniques éducatives habituellement efficaces et que la situation ne s'améliore pas, fiez-vous à ce que vous vivez et réclamez une reconnaissance de vos besoins et de ceux de l'enfant.
LES MÉDICAMENTS : POUR OU CONTRE ?
Posez-vous la question suivante; si votre enfant reçoit un diagnostic de diabète, allez-vous dire au médecin : « Je suis contre les médicaments! »? Si votre enfant est atteint d'un cancer, allez-vous dire que vous êtes contre la chimiothérapie et regarder votre enfant mourir ? Alors pourquoi quand il s'agit d'un problème neurologique qui atteint le cerveau, la réaction de plusieurs parents se transforme?
Est-ce plus difficile parce que l'enfant est atteint d'un problème qui semble mois concret, évident ou vrai? Pourtant, l'enfant aux prises avec un T.D.A/T.D.A.H. souffre de son manque d'autocontrôle et éprouve des difficultés de fonctionnement importantes. Il ne se fait pas des amis facilement, il a de la difficulté à l'école, il reçoit beaucoup de messages négatifs dans une seule journée et il finit par avoir une faible estime de lui.
Il est important de ne pas se positionner de façon rigide au départ, parents ou intervenants-es, face à la médication mais bien de chercher les meilleures solutions possibles et surtout réalistes. Restez ouverts et vigilants. Dans certaines situations, la médication permet une amélioration notable de la qualité de vie de l'enfant et de celle de la famille au complet! Les relations interpersonnelles en sont enrichies et l'enfant peut avancer et développer une fierté face à lui et à ses accomplissements.
Dans deux semaines; des conseils et attitudes à développer pour embellir le quotidien avec ces petits amours hyperactifs...
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