L'humain avant tout !
Du 25 au 31 mars, ce sera la Semaine des travailleuses sociales et des travailleurs sociaux. C'est encore une majorité de femmes qui oeuvrent dans ce domaine. Comme bien des professions qui tournent autour de la santé mentale et des relations humaines, le travail social a mauvaise réputation, dans les familles et dans les médias.
Effectivement, ce sont des domaines où tout n'est pas concret, logique et prévisible. Il faut composer avec les effets de la vie passée des gens, de leur culture, de leurs valeurs, de leur éducation, de leur personnalité, de leur mode de survie et des facteurs environnementaux, tels le réseau social, le niveau de revenus, le milieu de vie, etc... Il faut se servir à la fois du rationnel mais aussi des émotions, de l'intuition, de la foi de chaque personne; des acquis et des compétences de celle-ci pour l'aider à avancer, à résoudre ses difficultés.
En 2012, respect, équité, justice social et dignité sont à l'honneur ! Pour les travailleuses sociales et les travailleurs sociaux, ces valeurs sont à la fois fondamentales et indissociables. Fondamentales, parce qu'elles orientent leurs interventions auprès des individus, des familles, des groupes et des collectivités. Indissociables, parce qu'ensemble elles représentent l'essence même de leur pratique, les distinguant ainsi de tous les autres professionnels.
La « méchante » travailleuse sociale !
Vous la connaissez tous celle-là : elle place des enfants, elle détruit des vies avec froideur et indifférence, elle sépare des familles, elle est tout sauf empathique, elle ne s'occupe pas de ses dossiers comme il le faudrait et.... elle place aussi les personnes âgées ! Les médias vous en ont parlé de long en large, surtout quand elle fait des erreurs.
Combien de films et d'émissions nous montrent des travailleurs sociaux intéressants, l'oeil vif et animés par la passion qu'ils ressentent face à leur travail ? Et pourtant, dans la vraie vie, j'en ai rencontré plusieurs qui sont stimulés et stimulants. Comme dans toutes les professions, il y a des intervenants-es qui ont perdu le feu sacré au cours des années.... ils-elles se sont peut-être laissés-es anéantir par la lourdeur des problématiques, par le manque de ressources ou encore par les capacités réduites de changement des êtres humains.
Rassurez-vous, la majorité des travailleuses sociales et des travailleurs sociaux aiment leur profession et sont « allumés-es » par les rencontres uniques qu'ils font chaque jour dans leur milieu de travail.... Celles-ci et ceux-ci ne vous ont pas été présentés-es par les médias? Qu'à cela ne tienne, je vais vous parler de femmes et d'hommes que j'ai connus....
Quand la tête rencontre le coeur
S. est travailleuse sociale depuis plusieurs années. Elle est d'un accueil inconditionnel et fait sentir à ses interlocuteurs qu'ils sont importants, crédibles et les aident à se voir comme « normaux » face à ce qu'ils vivent. Elle a déjà pratiqué auprès d'adolescents-es dans en milieux scolaires. Les parents et les enfants qu'elle rencontre maintenant, ont à faire des deuils relationnels, à accepter des diagnostics pas faciles à digérer !
Elle ne ménage pas les efforts pour les accompagner et les supporter autant qu'ils en ont besoin. Elle sert de lien entre eux et les institutions, les services spécialisés, les associations ou organismes concernés; elle s'assure d'apporter son aide aux membres du réseau familial qui pourraient en avoir besoin...
Elle est une intervenante mais telle une médiatrice, une avocate, une défenseure des droits de ses clients-es, à ses heures, elle joue des rôles différents pour aider ses clients. Et ce dans le respect de leur autonomie, de leurs capacités à s'en sortir par eux-mêmes.
Pour sa part, G. a été travailleuse sociale à la protection de la jeunesse pendant de longues années. Elle a connu des familles très démunies devant l'éducation des enfants. Elle les a aidés à petits pas à cheminer pour que leurs enfants ne souffrent plus ou moins de négligence, d'abus physiques ou de rejet.
Elle a dû passer de nombreuses heures devant les tribunaux à défendre les droits des enfants tout en favorisant une meilleure prise en charge parentale quand c'est possible. Imaginez un instant le contexte; entre l'enfant et les parents..... la réalité humaine et les attentes de la société....
Des familles qui ont des besoins grands comme la terre auxquels la société n'est pas prête à faire face, auxquels elle n'a pas les ressources nécessaires pour les combler.. G. a connu les nuits à ne pouvoir bien dormir, à se réveiller en sueurs en se demandant si elle avait pensé à tout dans tel ou tel dossier... Après tout, c'est la vie de jeunes enfants qui est en jeu !
Que dire de la charge de travail, de l'impossibilité de faire tout ce qu'elle voudrait ou devrait faire et ce sentiment d'impuissance qui devient de plus en plus pesant... Elle ne travaille plus à la protection de la jeunesse mais elle continue d'aider les parents qui veulent trouver des solutions pour vivre de meilleures relations avec leurs enfants. Cette femme-là est passionnée et attachée à ses clients-es...
Et que dire de T., qui porte un respect peu commun et inconditionnel à ses clients-es, peu importe qui ils sont et ce qu'ils vivent. Elle défend les droits des gens avec fougue et convictions et elle fait remporter des victoires aux gens qu'elle supporte, en leur remettant tout le crédit. C'est une perle, une personne dont on ne peut qu'être reconnaissant-e d'avoir connue.
Quant à M., il finit ses études en travail social et déjà il fait preuve d'une compétence, d'un discernement et d'une empathie exceptionnels. Les clients-es qu'il rencontre sont touchés profondément et définitivement par ce qui émane de lui. Il voit leurs capacités et avec enthousiasme et réalisme, les amène à aller vers leurs objectifs.
C'est un intervenant masculin, un modèle aimant et encadrant pour les parents et les enfants auprès de qui il intervient. Imaginez les bienfaits..... Comme vous voyez, les travailleuses et les travailleurs sociaux font du « --- » beau « travail » et leurs clients-es en valent la peine et méritent ce qu'il y a de mieux!! Après tout, notre devise, c'est « L'humain avant tout ! »
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