L'entraînement à la propreté
Il fut une époque où l'entraînement à la propreté était un acte de volonté de la part des parents ! Les enfants étaient propres vers l'âge d'un an ! Et c'était une fierté entre les mères de se dire qu'elles avaient réussi cet exploit !
Si on se remet dans le contexte, on peut comprendre que les familles se composaient de plusieurs enfants, que les couches en coton demandaient un entretien pour le moins éreintant et que les mères étaient seules à s'occuper de leur marmaille. Elles devaient avoir vraiment hâte que cette étape soit passée ! Et qui pourrait les en blâmer...
Avec le temps, les spécialistes sur le développement de l'enfant ont réalisé que la capacité naturelle de l'enfant à contrôler ses sphincters arrivait plus tard qu'à l'âge d'un an. Et que de forcer les enfants à un entraînement à la propreté précoce pouvait avoir des impacts négatifs.
En effet, obliger un enfant à devancer une étape telle que l'acquisition du contrôle sur son propre corps, revient à lui enlever une partie de sa capacité à reconnaître et à utiliser son « pouvoir » dans d'autres sphères de sa vie. Il est brimé d'une partie de son autonomie. En tant que parents d'une autre époque, préparez-vous plutôt à suivre l'évolution des capacités de votre enfant en mettant les efforts sur le processus et non sur les résultats! C'est l'enfant qui décide d'être propre quand il est prêt.
Respecter le corps de l'enfant
En fait, l'entraînement à la propreté ne devrait pas se faire avant l'âge de 2 ans. Chaque enfant ayant son propre rythme, la conscience du contrôle qu'il peut exercer sur son corps (ses sphincters) peut se développer à 2,3 ou 4 ans. Il est bon de consulter un pédiatre après 4 ans si le processus semble bloqué. Il est reconnu que les garçons prennent plus de temps que les filles à aller aux toilettes mais il y a des exceptions, bien sûr.
L'enfant doit être solide sur ses jambes pour commencer un entraînement à la propreté. Certains parents continuent à vouloir précipiter les choses et j'ai vu beaucoup d'enfants régresser et retourner aux couches après une certaine période de temps. D'autres ont démontré de l'agressivité envers leurs parents ou un stress de vouloir être à la hauteur des attentes parentales.
L'apprentissage de la propreté ne doit pas se faire dans un rapport de force empreint de cris, d'insultes ou d'humiliation. Les premiers signes que l'on reconnaît chez l'enfant qui se prépare à l'étape de laisser peu à peu les couches sont les suivantes : l'enfant réalise et nomme le fait qu'il vient de faire quelque chose dans sa couche et il ressent la plupart du temps qu'il a envie.
Mais là débute une plus ou moins longue période de temps où il devra faire la différence entre uriner ou faire une selle, se rendre compte qu'il a envie et évaluer s'il a le temps de se rendre aux toilettes. L'enfant doit pouvoir rester au sec pendant une heure ou deux et se réveiller d'une sieste la couche encore sèche, ce qui démontre une capacité plus grande de la vessie pour retenir les urines.
Lorsque l'enfant peut comprendre et suivre des directives simples et qu'il démontre un intérêt pour utiliser les toilettes, ce sont des indices qui permettent de commencer l'apprentissage de la propreté. La période des essais et erreurs s'enclenche et le rôle d'accompagnement des parents est déterminant.
Valoriser les efforts de l'enfant
Bien entendu, il est bon de se munir d'un bon pot ou siège de toilette pour débuter le processus. Il y a de bons petits livres sur le sujet que vous pouvez lire avec l'enfant, qui pique sa curiosité et le motive à vouloir faire comme le personnage de l'histoire. Il est bon de faciliter la vie de votre enfant en lui mettant des vêtements qu'il peut manipuler aisément.
Une routine où vous l'encouragez à s'asseoir sur le pot à certains moments de la journée peut s'avérer aidante car l'enfant peut alors développer une régularité. Au début, il fera quelque chose « par accident » et par la suite, il pourra prendre contrôle sur ses besoins et décider d'uriner ou de faire une selle, s'il est conscient d'avoir une envie plus ou moins pressante. L'enfant doit apprendre à identifier les signes qu'il a une envie, par exemple, des gargouillements, une sensibilité au ventre, etc. Sinon, il aura tendance à attendre à la dernière minute ou au contraire à aller s'asseoir prématurément sur les toilettes.
Vous savez sans doute déjà que l'enfant acquiert le contrôle de sa vessie et de ses sphincters le jour avant tout et que ce sera plus long la nuit. Il est aidant de ne pas lui donner de grosses quantités de liquide à boire à partir d'une heure avant qu'il se couche.
Attendez-vous à vous lever la nuit car il se rend compte qu'il a envie ou qu'il vient de mouiller son pyjama! Bien sûr, les accidents sont à prévoir. Le renforcement positif des efforts que fait votre enfant est important. Il est bon d'éviter d'associer ses excréments à de la saleté répugnante puisqu'il doit développer une fierté de faire de si beaux cadeaux à ses parents !
Amusez-vous ! Par exemple, pour stimuler un enfant qui tarde à commencer son entraînement, une minuterie qui sonne aux heures peut devenir son signal; c'est l'heure du pipi! Et s'il ne fait rien, c'est « ok »! S'il fait un besoin, alors là c'est la fête et il peut avoir un beau collant par exemple. Les enfants en sont fous !
Voici quelques références : un livre avec des petites languettes à tirer, Sur le pot de Marianne Borgardt et Maxie Chambliss aux éditions Albin Michel Jeunesse, 1995. et L'heure du pipi de Mo Williams aux éditions Kaléidoscope avec un tableau et des collants de renforcement. Cet apprentissage à la propreté peut devenir une période de la vie de votre enfant qui laissera des souvenirs agréables et positifs tout en augmentant son estime de soi. « Je suis capable ! »
Bravo aux parents qui font l'effort de s'adapter car c'est un défi !
RECOMMANDÉS POUR VOUS

Le stress pourrait causer l'apnée du sommeil, et pas seulement l'inverse
S'il est bien documenté que l'apnée du sommeil puisse être une source de stress, une nouvelle étude québécoise décrit possiblement pour la première fois une association inverse entre les deux problèmes. Les chercheurs ont notamment constaté, lors d'expériences en laboratoire, qu'un isolement social chronique provoque des modifications ...
LIRE LA SUITE
Un faible patrimoine pèse sur la santé des aînés à la retraite
Les gens à la retraite qui ont accumulé peu de patrimoines ont un risque accru d’être en mauvaise santé, conclut une étude de l’Observatoire québécois des inégalités (OQI) publiée mardi. L'étude, qui a été réalisée en 2025 et 2026, s'est basée sur l'analyse de données de Statistique Canada ainsi que des données qualitatives ...
LIRE LA SUITE
La lecture a de multiples bienfaits pour la santé
Lire pour le plaisir est associé à une réduction du stress, à une plus grande empathie, à un meilleur bien-être et à un sentiment de solitude moins lourd, montre une nouvelle étude britannique. À l'enfance, plus particulièrement, la lecture était associée à une meilleure capacité d'attention, à une meilleure mémoire, à de meilleures ...
LIRE LA SUITE