L’espoir, un levier vers l'autonomie
Comme il en était question la semaine dernière, nous allons aborder d’autres attitudes parentales qui favorisent le développement de l’autonomie chez l’enfant.
Éviter l'envahissement
Pour bien faire, les parents ont tendance à accueillir leur enfant au retour d’une fête, d’une sortie quelconque ou d’une journée d’école avec une multitude de questions pour lui démontrer leur intérêt. Certains diront qu’ils doivent s’assurer d’établir un contact avec l’enfant et s’enquérir rapidement des détails qui reconstituent l’activité de l’enfant. Je crois qu’il est important de respecter les frontières des jeunes et d’éviter de leur « sauter dessus » lorsqu’ils arrivent de l’extérieur. Un enfant qui se sent envahi et qui doit tout dire à son parent pour avoir la paix, est un enfant qui manque d’espace pour savourer le début de son autonomie. Pour démontrer de l’intérêt à son enfant, le parent doit s’assurer de l’accueillir le plus simplement possible. « Salut Philippe, tu es de retour. J’espère que tu t’es bien amusé. Tu me conteras ça quand tu en auras le goût. » Si on s’aperçoit que l’enfant à l’air déçu, on peut lui refléter et l’inviter à nous en parler tout en respectant son besoin d’espace. En fait, l’enfant a besoin de savoir que vous êtes content de le voir et que vous êtes là pour lui en cas de besoin. Depuis les premières semaines du nourrisson, le parent prend beaucoup de place dans la vie de l’enfant parce qu’il doit tout faire pour lui, afin d’assurer sa survie. Cela demande un effort de diminuer cette invasion constante à tous les niveaux de la vie de l’enfant dans le but de l’encourager à voler de ses propres ailes.
Une autre façon de laisser l’enfant réfléchir par lui-même est de ne pas s’empresser de répondre à toutes les questions qu’il pose comme si le parent se devait d’être un dictionnaire ambulant! Un enfant peut nous reposer les mêmes questions souvent et il est très intéressant de lui retourner sa propre question pour voir ce qu’il en pense. Plus il vieillit, plus on peut l’encourager à chercher les réponses en lui démontrant comme le faire. Certains parents vont tout simplement reformuler la question de leur enfant comme pour donner le temps à ce dernier et à eux-mêmes de réfléchir à une réponse pertinente.
Une façon de favoriser que notre enfant aille chercher ses réponses à différents endroits et apprenne ainsi à se faire sa propre opinion est de l’encourager à utiliser des ressources à l’extérieur de la maison. Par exemple, un enfant qui se pose des questions sur la santé de son animal peut se rendre avec vous à l’animalerie ou chez le vétérinaire et trouver des réponses qui l’aideront. Autrement dit, le parent ne doit pas se demander d’être l‘unique source d’information pour sa progéniture. Une diversité de personnes ressources est une richesse pour l’enfant qui développe sa pensée et qui s’ouvre au monde qui l’entoure.
L’espoir, un levier vers l'autonomie
Voici une conversation entre un papa et son fils qui illustre bien l’importance de l’espoir pour développer l’autonomie de son enfant : Alexis, 4 ans, dit à son papa d‘un air enjoué; « Papa, j’aime tellement mon chien que je crois que je vais être docteur pour les animaux quand je serai grand. » Son papa s’esclaffe et dit : « Toi, vétérinaire ! Tu n’es même pas capable de donner à manger à ton chien tous les jours sans qu’on t’y fasse penser. Et puis, tu pleures chaque fois que tu vois un peu de sang. Alors, comment vas-tu faire pour soigner des animaux ? » Alexis, tout penaud, devient triste et se dit qu’il ne sera jamais capable de faire ce métier. Les jours suivants, sa mère observe qu’il est plus irritable et qu’il repousse son chien à plusieurs reprises.
Peut-on imaginer que d’éteindre les petites flammes qui s’allument l’une après l’autre chez nos enfants qui se développent constamment, peut avoir un effet aussi grand sur eux? Et pourtant, si un enfant se fait répéter régulièrement qu’il est ridicule de rêver, qu’il n’est pas à la hauteur de ses aspirations, s’il n’entend que rires et dénigrement chaque fois qu’il ose se projeter dans l’avenir, il ne faut pas s’étonner qu’il ait de moins en moins d’initiatives et qu’il prenne de moins en moins de risques. Quand Maude, 10 ans, a dit à sa mère d’un ton décidé qu’elle voulait garder des enfants et qu’elle allait appeler les parents de ses amis, sa mère a commencé par s’intéresser au fait qu’elle avait ce goût et l’a questionné sur ce qui la motivait. Par la suite, elle lui a indiqué un endroit où se renseigner pour savoir à quel âge il était légal de garder des jeunes enfants. Maude a appris qu’elle était trop jeune pour garder mais elle a aussi su les démarches à faire pour s’assurer de devenir une bonne gardienne. Elle va donc pouvoir se préparer graduellement à réaliser son objectif. La mère de Maude lui a ouvert les portes tout en sachant que sa fille est capable de s’ajuster à ce qui est réalisable pour l’instant.
Pour avoir d’autres exemples, je vous invite à consulter le livre « Parler pour que les enfants écoutent, Écoutez pour que les enfants parlent, », d’Adèle Faber et Élaine Mazlish, aux Éditions Relations Plus inc.
Nourrir l’espoir, c’est permettre à l’enfant de donner un sens à sa vie.
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