L’enfant face à la mort tragique
Depuis quelques semaines, nous entendons parler d'enfants qui perdent la vie en se noyant. C’est bouleversant de voir ce que certains parents ont à vivre comme épreuve ! Comment surmonter la culpabilité, l’état de choc qui doit être immense alors que ce sont là des accidents de parcours inévitables et surtout très humains ? Après tout, c’est le genre de chose qui peut arriver à tout parent.
Mes pensées ont été vers ces parents qui vont devoir se donner le droit de vivre toutes les émotions mélangées, confuses et intenses qui vont les assaillir. Il est important, dans ce genre de situation, de ne pas rester seuls, d’aller chercher de l’aide de personnes accueillantes et non jugeantes.
Ça peut être des gens qui font partie de notre réseau sinon, il faut aller vers des professionnels. Le plus dur va vraiment être de ne pas se laisser envahir par la culpabilité qui apparaît chaque fois que l’on vit un deuil, peu importe de qui et des circonstances entourant le décès.
Dans un autre temps, on peut se demander qu’est-ce qu'un enfant qui a été témoin de la noyade d'un ami, de sa soeur ou de son frère peut vivre. Les parents vont souvent avoir tendance à vouloir que leur enfant consulte et ce, même s’il est très jeune. Selon une psychologue spécialisée auprès des jeunes enfants, ce qui primordial est avant tout de voir comment le parent va pouvoir s’en sortir face à la situation.
À l’âge de trois ans, par exemple, un enfant ne comprend pas le concept de la mort et réalise l’ampleur d’une situation à travers les réactions des gens qui l’entourent et, bien sûr, de façon prioritaire, celles de ses parents. C’est pour cela qu’il est important que le parent puisse résorber son propre dilemme pour mieux accompagner son enfant.
En fait, ce qui peut être intéressant à clarifier auprès de l'enfant qui vivrait une situation semblable c’est d’aborder le fait qu’il ou elle ait pu souhaiter à quelques occasions, lors de chicanes ou autres moments, que son frère ou sa soeur plus jeune disparaisse ou meure.
Ce qui était alors tout à fait normal dans la relation fraternelle peut alors devenir un gros poids sur les épaules de l’enfant. Il se demandera : « Est-ce que c’est de ma faute ?». Et ça, c’est important de défaire rapidement cette possible culpabilité qui pourrait être très néfaste pour un enfant. Lui aussi, il a besoin d’être accueilli s’il a besoin de parler ou de questionner.
On peut alors faire du reflet de sentiments, ce qui aide l’enfant à nommer et comprendre un peu plus ce qu’il vit. Par contre, il faut éviter de relier tout ce que l’enfant vit à cet événement. Il est bon de retrouver la routine régulière et sécurisante, celle qui permettra de se sentir « normal » à nouveau.
En conclusion, le parent doit s’occuper de lui, de ses émotions, se donner le droit de se libérer de la culpabilité graduellement. Il a besoin de retrouver des moments qui peuvent être courts (15 minutes par jour) où il ne pense pas à ce qui est arrivé. Il peut alors faire quelque chose pour prendre soin de lui et se redonner accès au bien-être intérieur.
Quant à l’enfant, il a besoin que la situation soit normalisée, dédramatisée. Il a besoin d’être entouré et consolé au besoin. Le parent peut pleurer avec lui mais doit s’assurer de vider son trop-plein émotif avec un adulte. Il n’est pas recommandé de faire consulter l’enfant en bas âge auprès d’intervenants car celui-ci pourrait alors se demander ce qu’il a pu faire de grave et il a avant tout confiance en des gens qu’il connaît.
Suite à de tels événements, on peut croire que la capacité de chacun (enfants et adultes) à se remettre d’une dure épreuve (la résilience) va permettre de retrouver un équilibre graduellement.
Voici quelques références de livres et de ressources :
-« Guide Info-parents, L’enfant en difficulté », de l’hôpital Sainte-Justine, Collection Parents, section mort/deuil
-« Au revoir blaireau », conte pour enfants très jeunes, Susan Varley, Éditions Gallimard, 1984
-Groupe d’entraide « Le Sentier », pour adultes endeuillés, Marie Richard, 450 346-4242
-Accueil social CLSC, pour autres références de groupes ou interventions.
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