Pas besoin de tapes
Je suis sûre que la plupart d’entre vous serez d’accord pour dire avec moi qu’il est important de ne pas exercer un rapport de force sur nos enfants mais plutôt de développer des moyens de faire qui soient respectueux de l’intégrité physique ainsi que de l’intelligence de chacun.
La tape comme moyen éducatif me paraît impossible à appliquer car pour faire vraiment de l’effet, elle doit être donnée par un adulte en colère ou à tout le moins vivant une quelconque émotion ! Imaginez-vous en train de donner une tape avec un recul émotif et vous comprendrez que votre enfant ne vous prendra pas au sérieux.
Quand (jadis !) les parents tapaient régulièrement les enfants en se disant que c’était une façon efficace de les élever, ces derniers ressentaient la peur, la crainte et parfois même, une terreur face aux réactions de leurs parents. Aujourd’hui, on mise beaucoup sur la relation de confiance que l’on veut établir avec l’enfant et on veut éviter d’être dans un rapport de force malsain. Toutefois, il est important que l’enfant comprenne clairement qui est le « leader » dans la maison et qui trace le chemin à suivre.
Il est souhaitable d’aborder les situations où une certaine force s’impose et où comme parent on doit se donner le droit d’intervenir physiquement auprès de nos enfants. Par exemple, un parent est aux prises avec un enfant qui fait des crises régulièrement. Lors de ces crises, l’enfant se désorganise, se fait mal, peut faire mal à quelqu’un d’autre, hurle à pleins poumons, crache, il peut même aller jusqu’à se faire vomir.
Bref, cet enfant signifie à ses parents, par toutes ses attitudes verbales et non verbales, qu’il est en perte de contrôle au niveau de ses émotions et de ses impulsions. Cet enfant a besoin d’être calmé et, dans ce cas-ci, cela peut nécessiter une intervention physique.
Le parent devra immobiliser son enfant en le tenant par les épaules ou en faisant un retrait sur une chaise. Si l’enfant veut se lever, il pourra alors s’asseoir sur lui, face à face, de façon à ne pas lui faire mal mais tout en lui indiquant qu’il doit se calmer. On peut préciser à l’enfant ce qu’on entend par « se calmer »; arrêter de crier, ne plus se débattre, ralentir sa respiration, ne pas donner de coups, etc.
Donc, l’enfant aura une idée plus claire de ce que vous attendez de lui avant que vous cessiez de le retenir physiquement. Je connais des parents qui ont essayé ces interventions avec succès (méthode du Dr Barkley). Les crises débordantes de leurs enfants ont diminué et disparu après des interventions continues.
Saviez-vous qu’entre 0 et 6 ans, l’enfant qui se développe ne sait pas comment gérer tout ce qui l’habite intérieurement, soit ses émotions, ses pulsions, ses réactions. Il peut lui-même être dépassé et même avoir peur de ses emportements. Les parents ont vraiment un rôle à jouer pour aider l’enfant à prendre conscience de ce qui se passe en lui et à trouver des moyens pour retrouver son équilibre intérieur.
Intervenir physiquement dans ces cas-là devient une nécessité, voire un bienfait pour l’enfant. Vous pouvez également avoir à intervenir auprès d’enfants qui vont se faire mal entre eux pour les séparer. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il ne faut pas partir avec l’idée qu’on ne touchera jamais plus à nos enfants et ce, en aucune circonstance.
On doit être conscient comme parent qu’on va avoir à le faire mais d’une façon équilibrée, respectueuse et qui a pour effet de tracer des limites claires à l’enfant face aux comportements acceptables. On est en train de lui apprendre à se contrôler, à développer une autonomie affective.
Intervenir adéquatement
Avant d’intervenir, il y a des conditions de base à mettre en place;
-En premier lieu, assurez-vous de ne pas être emporté par des émotions trop fortes (colère, rage, etc,) au moment d’agir. Évitez le rapport de force !
-Dans un deuxième temps, sentez-vous libéré de toute culpabilité face à l’intervention que vous vous apprêtez à faire si elle est réfléchie, éducative et non abusive.
-Assurez-vous d’avoir un objectif clair face à ce que vous voulez améliorer dans le comportement de votre enfant (par exemple, diminuer les crises).
-Profitez-en pour nommer à l’enfant ce qui se passe, ce qu’il vit pendant que vous agissez. C’est en mettant des mots sur ce qui se vit à ce moment-là que l’enfant va mieux se comprendre (ex : « Je vois que tu es très en colère mais je vais te demander de te calmer », « Ça doit être très apeurant de sentir tout ce flot d’émotions, c’est pourquoi je vais te maintenir de la sorte jusqu’à ce que je sente ta respiration plus lente », etc).
-Assurez-vous d’être constant et persévérant. Il faudra sans doute répéter l’action plus d’une fois.
-Par la suite, prenez le temps d’évaluer si vos interventions physiques portent fruit car sinon, il faudra trouver d’autres moyens ou réajuster ces mêmes interventions.
Peut-être, n’aurez-vous jamais besoin de mettre en pratique ce type d‘intervention ! Qui sait ? Toutefois, si vous n’êtes pas à l’aise avec ces interventions, ne le faites pas car si cela débordait en rapport de force, vous pourriez atteindre l’effet contraire, soit une plus grande colère chez l’enfant, une plus grande désorganisation, etc. Votre plus grande force, c’est de vous connaître vous-même, entre autres de savoir où sont vos limites.
RECOMMANDÉS POUR VOUS

Le stress pourrait causer l'apnée du sommeil, et pas seulement l'inverse
S'il est bien documenté que l'apnée du sommeil puisse être une source de stress, une nouvelle étude québécoise décrit possiblement pour la première fois une association inverse entre les deux problèmes. Les chercheurs ont notamment constaté, lors d'expériences en laboratoire, qu'un isolement social chronique provoque des modifications ...
LIRE LA SUITE
Un faible patrimoine pèse sur la santé des aînés à la retraite
Les gens à la retraite qui ont accumulé peu de patrimoines ont un risque accru d’être en mauvaise santé, conclut une étude de l’Observatoire québécois des inégalités (OQI) publiée mardi. L'étude, qui a été réalisée en 2025 et 2026, s'est basée sur l'analyse de données de Statistique Canada ainsi que des données qualitatives ...
LIRE LA SUITE
La lecture a de multiples bienfaits pour la santé
Lire pour le plaisir est associé à une réduction du stress, à une plus grande empathie, à un meilleur bien-être et à un sentiment de solitude moins lourd, montre une nouvelle étude britannique. À l'enfance, plus particulièrement, la lecture était associée à une meilleure capacité d'attention, à une meilleure mémoire, à de meilleures ...
LIRE LA SUITE