Motiver mon ado au secondaire
L’adolescent est en pleine effervescence, branché sur le changement, ouvert aux apprentissages et intrigué/e par l’avenir. Le jeune doit se faire une place dans un monde où l’opinion de l’autre le touche. Il se pose bien des questions. Sera-t-il à la hauteur au niveau des notes, de sa capacité à s’intégrer dans ses cours? Aura-t-il toujours ses amis-es? Est-ce qu’on se moquera de son apparence (car son corps change)?
Face aux nouvelles réalités du secondaire soit les gangs, la drogue, les manifestations de la sexualité, l’intimidation et le taxage, va-t-il s’en tirer sans problèmes? C’est une transition importante, excitante et parfois stressante auquel le jeune doit faire face. De plus, les changements qu’il vit face à la relation qu’il entretient avec ses parents lui demandent aussi une capacité d’adaptation. L’adolescent se retrouve entre ce qu’il était enfant et ce qu’il devient en tant que futur adulte! Et on se demande pourquoi ils ont des sautes d’humeur?!
Les parents ont un rôle très important à jouer auprès de leur ado. Ils sont là pour le motiver, le supporter et l’accompagner dans cette aventure qu’est l’adolescence. Pas facile pour le parent non plus car il doit apprendre à laisser de l’espace à son jeune, à ne pas vouloir contrôler chaque partie de sa vie.
Par contre, sa présence accueillante, son intérêt pour le cheminement de son enfant et les moments agréables qu’il passera avec lui feront toute la différence. En effet, il est tout à fait faux de penser que l’ado rejette littéralement ses parents. Il faut surtout réaliser qu’il a besoin de forger ses idées à lui et de vivre certaines expériences sans ses parents à ses côtés. Il ne sera plus d’accord avec tout ce que son parent pense, dit ou fait. Et c’est bon signe!
Le monde scolaire va prendre beaucoup de place car il peut s’impliquer dans des activités spéciales ou faire du sport. Certains jeunes vont s’intégrer au sein des options sportives ou artistiques et cela les motivera à étudier pour maintenir de bonnes notes. Ils doivent bien réussir s’ils veulent rester dans leur option.
L’adolescent qui rentre à la maison après avoir passé sa journée à l’école, ne racontera pas tout à son parent en arrivant. Il est bon que le parent soit accueillant et ce, qu’il soit déjà à la maison ou qu’il arrive après son jeune. Prendre le temps de se saluer, de se témoigner de l’affection, et donner de l’attention au jeune tout en respectant ses limites permet au parent de rétablir la connexion entre eux.
Bien sûr, les parents qui ont plus d’un enfant, qui travaillent toute la journée et qui doivent préparer les repas en arrivant à la maison doivent se donner un cadre et limiter les échanges à des moments où ils sont disposés à les vivre.
La clé d’un bon rapport avec un ado, c’est de s’intéresser sans jugements à son cheminement scolaire et personnel. S’il veut raconter des évènements de la journée ou se confier avant de se coucher, le parent doit profiter de ces moments pour l’écouter attentivement. Il s’avère très stimulant de laisser le jeune se raconter à ses parents. Ce sont ces derniers qui écoutent maintenant des « histoires » avant de souhaiter une bonne nuit à leur progéniture.
Écouter sans interrompre, sans juger rapidement le contenu, sans minimiser, dramatiser, blâmer ou humilier l’ado quand il s’ouvre à son parent est primordial pour établir et/ou poursuivre un lien de confiance, de respect. Sinon, le jeune arrêtera de se confier ou dira seulement ce que le parent veut entendre. Ce n’est pas une voie intéressante à emprunter.
Participer à certaines rencontres pour les parents, s’intégrer sur un comité, rencontrer les professeurs de ses ados, leur démontre concrètement que leurs parents sont intéressés par ce qu’ils vivent à l’école. Cela peut avoir une influence positive sur la motivation du jeune. Pour un parent qui n’a pas eu une belle expérience dans le milieu scolaire étant jeune, il faut qu’il puisse se donner de la place pour en parler avec des gens qui l’aideront à se réconcilier avec ce passé.
Il faut surtout que le parent réalise que son jeune n’a aucune raison de vivre la même chose, puisqu’il est une autre personne. Le parent qui a vécu du rejet, des difficultés d’apprentissage ou des relations difficiles avec un professeur par exemple, peut justement se servir de son expérience et cheminement pour aider son adolescent à connaître certaines réalités et à aller chercher de l’aide en cas de besoin. Prendre le temps de faire la différence entre les faits et les émotions ressenties peut faciliter la compréhension des évènements récents et passés.
Au secondaire, le jeune ado doit consacrer du temps à ses devoirs. Il n’a pas besoin qu’on l’accompagne du début à la fin. Il faut toutefois mettre un cadre tel que de déterminer avec lui à quel moment de la soirée il les fera. Il aura besoin de 60 à 90 minutes en moyenne pour en venir à bout. Il est stratégique de l’aider lorsqu’il en éprouve le besoin et pour reviser avec lui à la fin d’une période d’étude par exemple.
Et surtout, il est toujours aidant de souligner les forces du jeune quant à ses capacités d’organisation et d’accomplissement face à ses nouveaux défis. Il est souhaitable que les parents puissent favoriser l’amour de l’école et de la réussite à travers la persévérance et la connaissance de soi..
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