Estime de soi et adolescence
L’adolescent a besoin de se forger une image positive de lui. S’il a eu un bon départ dès le début de sa vie et que sa famille a su l’encourager et le valoriser, lui faire sentir qu’il est aimable, l’enfant qu’il était a pu comprendre qu’il avait une valeur. L’estime de soi est tout simplement la conviction de sa propre valeur comme être humain. Avant même d’avoir accompli quoi que ce soit, l’enfant apprend à s’aimer lui-même s’il sent qu’on répond à ses besoins lorsqu’il est bébé.
L’adulte sécurisant et fiable va le rassurer sur sa valeur. Le contact chaleureux, le temps passé ensemble à stimuler le jeune enfant ou à lui parler va également faire sentir à ce dernier qu’il est attirant et intéressant par sa seule existence. Avoir de l’estime pour soi et pour les autres se résume à penser et à ressentir que l’humain a une valeur intrinsèque, automatique et sans avoir fait preuve d’autre chose que d’exister.
L’adolescent qui a pu sentir cela dans son enfance aura moins de difficulté à poursuivre dans le même sens pour se renforcer, alors que celui qui a connu des séparations, des deuils, des traumatismes de tous genres peut être plus « insécure ». Par contre, s’il a été bien accompagné à travers les épreuves, il peut avoir développé une assez bonne estime de soi. Rien n’est parfait et c’est normal!
L’enfant qui grandit développe ses habiletés et acquiert une confiance en soi. C’est dans ses accomplissements qu’il va renforcer cette confiance en lui. Elle ne sera pas égale dans toutes les sphères, par exemple, il peut se sentir habile dans les activités physiques (motricité globale) et se sentir moins bon en dessin (motricité fine).
Ce qu’il faut comprendre est que l’estime de soi et la confiance en soi se complètent mais sont deux réalités différentes. On le constate souvent chez les adultes qui se retrouvent sans travail et qui sentent qu’ils n’ont plus de valeur à cause de cela. Ils avaient confiance en leurs compétences mais avaient-ils une bonne estime de soi? En tout cas, c’est l’occasion de la renforcer.
À l’adolescence, le jeune fait face à plusieurs changements. Son apparence physique peut se transformer et pas nécessairement comme il le voudrait. Étant donné que les yeux des gens qui l’entourent lui reflètent une image de lui, il est influencé positivement ou négativement. Le regard de ses parents devient moins important mais celui de son groupe d’amis devient plus crédible.
Il veut ressembler à ses amis; vêtements, coiffure, musique et activités doivent être pareils pour tous. Il doit explorer la vie en se séparant graduellement de ses parents. Il fait face à des nouveaux rôles sociaux; celui de travailleur, d’amoureux et d’apprenti. C’est ainsi qu’il va acquérir son autonomie.
Dans une première étape, il est important de développer ou de renforcer la relation de confiance avec l’adolescent. Il faut donc prendre le temps de vérifier si comme parent, la confiance en soi est bonne. Face à l’enfant, la confiance se situait comment et face à l’adolescent, a-t-elle changé? Il est aidant de regarder nos propres craintes face à l’adolescence et aux changements qui s’opèrent chez le jeune. Il faut éviter de trop protéger l’adolescent ou de le contrôler de façon abusive. Certains parents veulent resserrer le contrôle qu’ils ont sur leur ado en pensant qu’il va accepter cela. Au contraire, il va se rebeller ou agir de façon sournoise pour déjouer ses parents.
S’il se soumet, il faut s’inquiéter car cela veut dire qu’il ne développe pas son affirmation, sa pensée autonome, ses convictions, ses objectifs, etc. L’adolescent qui s’écrase, va s’isoler et se refermer sur soi. Il risque de rester très longtemps chez ses parents! Ce n’est pas un signe rassurant quant à son avenir.
Il est primordial d’aider l’adolescent à vivre des expériences variées, pas toujours avec ses parents. Il peut être encouragé à être moins dépendant de ceux-ci au quotidien dans les tâches, l’organisation des devoirs, dans ses choix, etc.
Faire des choix sécuritaires en considérant les conséquences positives et négatives qui en découlent est un processus important qui amène le jeune à se responsabiliser. Voir les erreurs comme des opportunités pour apprendre et non comme des drames aide l’adolescent à désirer l’autonomie.
L’adolescent à l’inverse de l’enfant a besoin de participer à l’élaboration des règles qu’il doit observer dans sa famille et dans les autres sphères de sa vie. Il est intéressant et stimulant de s’assoir avec l’ado pour écrire des règles claires, réalistes et concrètes qui le motiveront à bien fonctionner. Il sera fier de lui de les respecter et le parent pourra ajuster ses attentes de façon réaliste. C’est un équilibre qui est recherché et il faut accepter de se sentir balloté parfois entre les tendances personnelles de chacun et ce que l’on veut atteindre.
Cet exercice va favoriser le développement de l’autodiscipline chez le jeune. C’est un grand pas vers son autonomie. Dans la prochaine chronique, il sera question de gestes concrets que l’adolescent peut poser pour être en accord avec les valeurs familiales et les conséquences logiques et naturelles au respect ou non des règles choisies.
En guide de références : L'estime de soi de nos adolescents, guide pratique à l'intention des parents, Germain Duclos, Danielle Laporte, Jacques Ross, aux éditions de l'hôpital Ste-Justine, 1995.
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