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L’intimidation à l’école : briser le silence

Quand on aborde le sujet de l’intimidation à l’école, au primaire ou au secondaire, il faut parler du réseau de support du jeune qui en subit. Un ado qui a une assez bonne estime de soi car il est bien entouré et encouragé depuis l’enfance, réagira sans doute plus vite et restera moins longtemps seul face à la pression qu’il vit.

Si le lien de confiance est solide avec ses parents et qu’il est pris au sérieux, le jeune se sortira mieux de la situation difficile qu’il vit à l’école. La direction d’école et les intervenants scolaires doivent aussi prendre le jeune au sérieux. Encore aujourd’hui en 2012, plusieurs adultes ridiculisent, minimisent ou ignorent les gestes de désespoir ou de détresse des enfants et des adolescents.

« Ce ne sont que des chicanes d’enfants sans importance! » entend-t-on dans les bureaux de directeurs de certaines écoles ou à table, le soir dans des maisons où des parents remplis de bonnes intentions, ne veulent pas dramatiser ou sont trop fatigués pour donner suite à la situation.

Que nous crie l’adolescent qui tente de se suicider ou qui y arrive? Qu’il ne se sentait pas entendu, pris au sérieux, important, crédible aux yeux de son entourage ?… Sans se culpabiliser, les adultes doivent toutefois se responsabiliser et pratiquer l’écoute active auprès des enfants et des adolescents qu’ils côtoient.

Et poser des gestes concrets; lettres, rencontres avec les parties concernées, aide psychologique pour l’enfant et/ou les parents si nécessaire bref, il faut passer à l’action et entamer une démarche de résolution du problème.

Imaginons un adolescent qui a appris à se faire confiance au sein de sa famille puis dans le milieu scolaire. Il a intégré le fait qu’il a une valeur et donc qu’il mérite le respect, d’être en sécurité, d’avoir le droit de s’épanouir et d’apprendre dans une atmosphère propice à cela. Il sera déstabilisé par l’intimidation qu’il subit soudainement.

Il ressentira de la peur, de la colère, de la peine ou d’autres sentiments, comme tout autre élève de son école, mais il risque de se positionner plus rapidement face à la situation et d’aller se chercher de l’aide. Le jeune qui a une faible estime de lui, va se demander si c’est sa faute ce qui lui arrive. Il se dit qu’en se faisant tout petit, il va passer inaperçu et plus personne ne va l’écœurer.

Il a peur d’aller parler à un adulte car il se croit stupide et pas assez fort, il a honte et ne veut pas se faire humilier une deuxième fois. Chaque fois qu’un enfant ou adolescent n’est pas accueilli et aidé face à une situation d’intimidation, il revit la situation une deuxième fois. Alors il faut que son estime de lui ait été nourrit dans son passé récent et lointain. Sinon, c’est l’angoisse et l’école devient vite un endroit infernal. Et cet enfer revient tous les jours!

Le jeune qui a une pauvre estime de lui deviendra victime ou agresseur et parfois un mélange des deux. Tout dépendant son caractère, il se sécurisera en devenant celui qui intimide les autres afin de ne pas l’être lui-même ou en restant dans la position de la victime où il remet le pouvoir entre les mains de ceux qui lui font du mal et il y perdra son équilibre personnel.

Dans l’extrême, il voudra en finir car aucune perche ne lui est tendue où il ne sait plus les reconnaître. Briser l’isolement et le silence qui entourent le jeune est important. L’adolescent qui a tant besoin de ses pairs et de vivre avec un sentiment d’appartenance à un groupe d’amis ne peut s’épanouir dans l’exclusion et le rejet. On peut penser qu’il aura le goût de décrocher de l’école si la situation ne s’améliore pas.

Une forme d’humiliation qui existe aussi à l’école et dont on fait peu d’état, celle que les adultes font vivre aux élèves. Pour avoir travaillé dans une grande polyvalente, il est apparu clairement que certains adultes (enseignants, directeurs adjoints et autre intervenants) se mettent à exercer une forme de harcèlement sur un étudiant parfois dans un but de le « fouetter », de le faire bouger et parfois dans le but (non avoué) de le contrôler ou de le faire sentir mal.

Ainsi, un jeune qui s’isole et se marginalise avec son habillement, ne changera pas son comportement ou ne retrouvera pas une motivation parce que son directeur de niveau lui dit à toutes les fois qu’il le voit « Fait quelque chose, tu fais vraiment dur ! » avec un air de désapprobation. S’étonnera-t-on que le jeune soit convaincu qu’il n’a pas sa place à l’école et qu’il soit en processus de décrochage. Il faut comprendre qu’il se fait dire la même chose à la maison chaque jour.

Il y a des attitudes aidantes pour le jeune qui apporteraient également une énergie constructive aux adultes qui les mettent en application : accueillir sans-jugement ce que les jeunes ont besoin de dire, s’intéresser à eux sincèrement, prendre du temps avec eux, observer et nommer leurs forces, qualités, le potentiel qu’on peut remarquer, souligner le fait qu’ils veulent s’en sortir, qu’ils cherchent des nouvelles avenues, et les impliquer dans la démarche de résolution de problèmes.

Les adolescents font partie des solutions et non juste des problèmes. C’est une façon différente de les percevoir qui permet de les intégrer dans les actions constructives. Plusieurs adultes le font déjà et permettent aux jeunes de retrouver espoir lorsqu’ils vivent des difficultés comme de l’intimidation dans le milieu scolaire. 

 

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