Une bonne estime de soi rend responsable
Pour que l’adolescent puisse développer le sens des responsabilités, il doit posséder et/ou renforcer son estime de lui de façon continue. S’il se sent « bon à rien », il ne peut assumer de responsabilités car il doit aller en accord avec ce qu’il pense de lui-même et se montrer non fiable. Et plus les adultes autour de lui se montrent déçus ou en colère, moins il se sentira capable de répondre aux attentes. Il ne saura même pas par où commencer. C’est quoi être responsable?
Lorsqu’il a été question d’établir des règles de vie dans la maison en collaboration avec l’adolescent, il semblait clair que de le faire participer au processus lui ferait sentir la pertinence de ce qu’il apporte, de ses compétences à élaborer ces mêmes règles puis de les appliquer, de les respecter.
Il est important que celles-ci soient constantes. Le parent ne doit pas les appliquer selon ses humeurs ou ses caprices du moment, l’ado non plus d’ailleurs. Le parent doit surveiller ses réactions face à certains comportements de son jeune. Les débordements émotifs ne sont pas à conseiller. Il est préférable de souligner au jeune le pourquoi de la réaction.
Par exemple, si le parent se met à crier ou à pleurer parce que l’ado ne veut pas rentrer le soir à des heures fixées d’avance, il est bon que le parent se connecte à lui-même pour expliquer à son jeune que cela le rend inquiet, qu’il a peur pour sa sécurité, qu’il trouve cela difficile qu’il remette en question son autorité (le parent ne se sent pas respecté), etc.
Autrement dit, il est préférable et constructif de faire la différence entre les émotions vécues comme parent ou comme ado (« Tu veux me contrôler! J’étouffe! Je veux me sentir libre!) face à certaines règles et ensuite les appliquer dans la bonne entente. Toutes les émotions sont correctes et peuvent être reçues mais pas tous les comportements, d’où les règles élaborées ensemble. Apprendre à s’accueillir avec une écoute sans jugement entre parents et adolescents apporte de grandes satisfactions et un rapprochement.
Donc, les règles en respect avec les valeurs familiales, sont claires, concrètes, constantes, cohérentes et conséquentes. Mais comment arrive-t-on à les rendre conséquentes? Il faut faire le lien avec le jeune entre le fait qu’il suive les règles et ce que cela apporte de bon pour lui; bonne entente familiale, plus de complicité, de plaisir, de bons moments passés ensemble, un sentiment de fierté, de compétence, de reconnaissance, plus de permissions spéciales et de récompenses matérielles.
Par contre, s’il ne respecte pas certaines règles, on peut voir si il faut les ajuster, les modifier pour qu’elles soient plus réalistes dans un premier temps. Puis, s’il est clair que la règle ne doit pas être modifiée, il faut que l’adolescent vive les conséquences logiques et naturelles de ses actes. Elles peuvent être élaborées ensemble aussi. Par exemple, le jeune qui ne respecte pas les heures de rentrée d’une sortie, pourrait avoir comme conséquence de devoir rentrer plus tôt la prochaine fois ou d’avoir son parent qui va le chercher ou de se voir refuser la prochaine sortie,…
Les conséquences qui s’avèrent inefficaces sont trop lourdes ou sévères, trop longues pour ce que le jeune a fait. Par exemple, un parent qui confisque la bicyclette de son jeune pour l’été au complet risque de provoquer l’indifférence et/ou le sentiment d’injustice. Des conséquences démesurées apportent la révolte ou le détachement car le jeune ne comprend pas pourquoi on lui fait subir cela. Si en plus, le parent retire une trop grande satisfaction de le voir puni, comme une vengeance, le jeune le sentira et sera déstabilisé.
D’autres genres de conséquences qui n’apprennent rien de constructif à l’adolescent sont celles qui sont trop légères, qui se résument à un parent qui sermonne son ado et/ou qui menace de mettre des conséquences sans jamais le faire. En fait le jeune apprend qu’il peut contourner les règles et que ça ne change rien. Il devient arrogant et sait qu’il peut tester jusqu’au bout. Il est primordial que le parent saisisse bien l’importance des conséquences logiques.
C’est le seul moyen pour que l’enfant et l’adolescent fassent les liens entre les paroles et les gestes qu’il pose et les résultats. Par exemple : « Lorsque je fais les tâches demandées dans la semaine, mon parent me donne une allocation raisonnable ou me paye une sortie cinéma avec mes amis. Lorsque je ne les fais pas, je n’ai pas de sortie ou pas d’allocation. Je manque une réunion d’amis. C’est plate, dérangeant et frustrant. La semaine prochaine, je vais faire ce que j’ai à faire. En plus, j’étais d’accord pour faire ces tâches-là, on en a parlé ensemble. » C’est pourquoi il est important de se mettre d’accord sur les conséquences, le jeune ne peut pas se sentir injustement « puni » par la suite. Il est d’autant plus collaborateur puisqu’il fait partie du processus de mise en place des règles.
Faire vivre les conséquences de ses actes à l’adolescent est absolument nécessaire et l’amène à saisir que dans la vie, tout ce que l’on fait ou que l’on ne fait pas à une conséquence. C’est incontournable! Devenir responsable de ses actes, c’est avoir assez d’estime pour soi pour reconnaître ce qu’on a fait ou dit et les impacts que cela a eu sur les autres, sans pour cela s’effondrer, se penser mauvais, ou se décourager complètement.
Cela veut dire faire face aux conséquences, réparer, s’excuser, accepter ce qui nous arrive car on sait pourquoi. C’est grandir de nos bons coups et de nos erreurs pour aller plus loin. C’est pouvoir vivre en société et respecter les autres.
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