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« L’esprit de famille » à l'arrivée de 2013…

Les réflexions que je partage avec vous dans cette chronique ne sont pas scientifiques. Elles font suite aux expériences de vie de mes clients-es et des miennes ainsi que de celles vécues par ma famille et belle-famille.

Mais de nos jours, comment reconnaît-on que quelqu’un a l’esprit de famille ?

Le temps des fêtes est l’occasion de se réunir en famille. Cependant, plusieurs le font par obligation, de reculons, une lourdeur sur les épaules, une culpabilité au coeur, etc. Bref, ils aimeraient mieux être ailleurs! Ils ont leurs raisons et peuvent avoir de bonnes blessures qui sont réveillées chaque fois qu’ils ont des contacts avec leur famille.

Le défi, avec les membres du clan familial, c’est d’aller au-delà des blessures, des mésententes, des incompatibilités, des différences d’opinions et de choix de vie pour tenter de ressentir à la base la simple joie de faire partie de quelque chose. Pour cela, il se peut qu’un éloignement soit nécessaire pour guérir et retrouver ses forces. Il faut être capable de respecter ses limites saines face à un milieu qui demeure dysfonctionnel et/ou destructeur. On ne peut démolir des gens au nom de la famille.

Pour moi, l’esprit de famille c’est la capacité de vivre avec enthousiasme le sentiment d’appartenance à une famille, un groupe, un clan,... Peut importe que ce soit des amis, de la famille, au travail ou ailleurs, une personne qui a un esprit de famille va démontrer un intérêt et une motivation pour les rencontres de gens qui ont une même origine ou une histoire commune ou encore un objectif commun. Cette même personne va participer et même initier les rencontres, elle les vivra tout simplement sans nourrir de grandes attentes et va apprécier ces moments précieux passés avec les autres.

Il y a une personne dans mon entourage qui fait preuve de ce genre d’ouverture et j’ai nommé; ma belle-maman! Eh oui, elle aime les rencontres familiales ou d’amies, elle trouve la force d’y aller même quand elle souffre physiquement, elle est souriante, pleine d’humour et de bons mots pour les autres. Dans sa propre famille et celle des autres, elle évite d’aviver les conflits, les rancoeurs, et se fixe sur son objectif. Elle va de l’avant et préfère profiter des gens pendant qu’ils sont là, vivants! Elle est l’exemple même de l’esprit de famille dans toute sa simplicité. En fait, elle maintient les liens à travers les tempêtes, les éloignements, les crises.....et elle est encore là, généreuse et contente de voir ceux qu’elle connaît et aime. On peut compter sur elle. Si elle a été invitée, elle sera là, elle ne se défile pas!

La toute première fois que je l’ai rencontré, c’est ce qui m’a frappé chez elle, cet accueil tout simple et chaleureux, sans attente. Je crois qu’on a besoin d’exemples dans notre entourage comme celui-là, de rochers solides et bien ancrés pour s’accrocher à eux et devenir à son tour, pour ses adolescents, ce lien d’appartenance si important! L’esprit de famille n’est pas réservé à la famille d’origine, mais à la grande famille que nous sommes, les humains. Se préoccuper des autres, qu’ils soient sur un autre continent ou dans notre rue, fait partie de cette énergie, de cet engagement.

C’est un cadeau à faire aux adolescents; leur faire vivre ce sentiment de faire partie de quelque chose. Dans un monde où on a développé une très grande tendance à vouloir se passer soi avant tout le monde, c’est comme si penser aux autres et être là pour eux devenaient suspect! Il va faire du bien à tous de rééquilibrer le pendule et de faire sentir aux autres que nous serons là pour eux, même si on a d’autres engagements. C’est à soi en premier que l’on fait du bien en donnant aux autres.

C’est la grâce que je nous souhaite tous pour la période des fêtes et le début de cette nouvelle année; donner au suivant!! Être là pour les autres sans se vider mais bien au contraire se nourrir du lien, de la relation privilégiée que nous vivons avec l’autre. Pour cela il faut savoir choisir où mettre nos efforts plutôt que de les mettre partout et de risquer l’épuisement. Donner un peu, à différentes personnes permet de répandre cette joie, cette énergie, de créer cette chaîne d’entraide et de solidarité, pas au nom d’une cause mais au nom des gens... simplement. Aidez vos adolescents à nommer et à reconnaître ce que les autres leur apportent, leurs forces, leurs qualités et à voir ce qu’eux-mêmes peuvent apporter en retour...

Les fêtes, c’est une belle période pour pardonner avant tout à soi-même; nos imperfections, nos limites, nos carences, nos manques... Après tout, pour pardonner aux autres, ne faut-il pas commencer par soi-même? Je vous suggère une lecture, celle de Jean Monbourquette, « Comment pardonner ? », aux éditions Novalis. Avec des exercices concrets, il nous aide à cheminer vers le pardon libérateur. C’est un processus qui s’échelonne sur une période de temps différente pour chacun-e. N’est-ce pas un cadeau à se faire et qui en plus, rejaillira positivement sur les autres à l’aube d’une nouvelle année qui débute très bientôt ? ! !

Que la période des fêtes soit libératrice pour vous et profitez-en pour passer de bons moments avec vos adolescents !

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